Criant haut et fort sa foi chrétienne…

Lundi 13 mars 2017 : Saints Rodrigue et Salomon de Cordoue (Fr. Jean-Régis)

            Dans l’évangile de ce jour, Jésus nous donne quatre moyens très pratiques d’exercer la miséricorde : « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et l’on vous donnera. » La miséricorde ne peut s’appliquer que dans la mesure de notre conversion. Pour recevoir la miséricorde, nous devons être dans la vérité. Or la vérité c’est de reconnaître notre péché, de reconnaître que nous sommes pécheurs, comme le fait le prophète Daniel dans la première lecture : « nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons fait le mal, nous avons été rebelles, nous nous sommes détournés de tes commandements et de tes ordonnances. » Et l’indicateur suprême pour savoir si nous sommes dans cette vérité, si nous reconnaissons que nous sommes pécheurs, c’est notre miséricorde envers les autres. Quand nous n’exerçons pas la miséricorde, c’est une manière de ne pas reconnaître que nous sommes pécheurs. C’est une manière de dire que nous n’avons pas besoin de la miséricorde de Dieu, et de la refuser. Voilà pourquoi Jésus nous avertit que nous serons pardonnés dans la mesure où nous pardonnons.

En ce 13 mars, nous faisons la commémoraison des saints Rodrigue et Salomon de Cordoue. Pour planter le décor et mieux comprendre le contexte, l’Espagne a été envahie en 771 par les sarrasins mahométans. Au début les sarrasins, après une conquête fulgurante, laissèrent les populations relativement tranquilles se contentant de les taxer d’un impôt de dhimitude, mais petit à petit des privilèges furent accordés à ceux qui devenaient musulmans et la fonction publique fut réservée de plus en plus aux Arabes musulmans ou aux nouveaux musulmans d’origine espagnole. Nous sommes en 857, Rodrigue est d’une famille catholique, lui-même est prêtre. Il a deux frères, mais l’un de ses frères a apostasié sa foi pour passer à l’Islam. Ce dernier faisait pression sur son autre frère pour qu’il abjure la foi chrétienne et se fasse adepte de Mahomet. Ils se disputaient souvent. Lors d’une rixe, Rodrigue fut appelé et tenta de les séparer, mais c’est lui qui fut mortellement blessé. Son frère catholique s’enfuyant par crainte du calife d’Espagne, son autre frère musulman emmena le corps de Rodrigue en ville et accusa le catholique d’avoir tué un musulman, prétendant que Rodrigue s’était converti. Rodrigue revint alors à lui et nia son attachement à l’islam, criant haut et fort sa foi chrétienne. Le Cadi le mit alors en prison pour « apostasie ». Le tribunal lui demanda pour avoir la vie sauve d’apostasier la foi de Jésus-Christ et de proclamer la soumission à la loi de Mahomet, ce que bien sûr il refusa. En prison, Rodrigue fait connaissance d’un autre chrétien, Salomon, qui avait adhéré un moment à l’islam. Lui aussi était condamné à mort, l’islam punissant de mort le mahométan qui revient à la Foi chrétienne. Ils furent décapités ensemble le 13 mars 857 à Cordoue. Que saint Rodrigue nous communique sa persévérance et sa constance dans la foi en Jésus et prions spécialement saint Salomon pour tous ceux qui ont, par commodité ou par peur, abandonné leur appartenance à Jésus pour devenir musulman.

En ce jour, nous n’oublions pas de prier particulièrement pour notre Pape François, en ce quatrième anniversaire de son élection au siège de Pierre. Comme il le demande lui-même après chaque Angélus et audience, prions beaucoup pour lui. Que le saint-Esprit l’éclaire et le guide en ce temps de confusion pour qu’il puisse confirmer ses frères dans la foi, dans la continuité de ceux qui l’ont précédé.

 

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