D’abord, faire AIMER Jésus !

Samedi 18 mars 2017 : saint Cyrille de Jérusalem (Fr. Jean-Régis)

Saint Cyrille est encore enfant lorsqu’il assiste au relèvement de Jérusalem par Constantin en 326. La Terre sainte fut sa patrie durant toute sa vie. Nous savons que pendant sa jeunesse il acquit une vaste culture littéraire et étudia les saintes Écritures. Initié de bonne heure à la vie ascétique en lien avec le monachisme palestinien, il fut ordonné prêtre vers 350 par l’évêque de Jérusalem, Maxime. Les évêques orientaux, dans une lettre au Pape Damase, attestent au milieu des polémiques avec les ariens, que Cyrille, vaillant défenseur de la doctrine apostolique, mérita d’être élevé à la dignité épiscopale et fut consacré par les évêques de sa province. C’est l’époque où Jérusalem, restaurée, brille par la ferveur populaire et l’édification de nombreuses basiliques. Tout au long de l’année, des processions s’y déroulent du mont Sion jusqu’au Calvaire, du mont des Oliviers à la basilique de la Résurrection.

Mais il rencontre rapidement des difficultés avec Acacius de Césarée, aux tendances ariennes, qui répudiait les décisions du concile de Nicée. Par trois fois, Cyrille est contraint de prendre le chemin de l’exil. D’abord déposé par le métropolite de Césarée, il le sera encore par les Empereurs Constance et Valère. C’est après onze années que prendra fin son troisième exil et que Cyrille pourra retourner enfin à Jérusalem honteusement abandonnée aux mains des hérétiques.

Au milieu des combats pour la vraie foi en la divinité de Jésus Christ, il a d’abord le souci de faire aimer Jésus. Les « catéchèses » du début de son épiscopat sont admirables. Il a aussi la joie au terme de sa vie de ramener la secte des macédoniens et des centaines de moines à l’Eglise.

« Deux choses, dit-il, sont indispensables au service de Dieu : la saine doctrine et les bonnes œuvres. » Le bréviaire disait de lui : « Il défend tous les dogmes de la religion contre les ennemis de la foi. Il en parle en termes si nets et si précis qu’il réfute non seulement les hérésies existantes de son temps, mais celles des siècles futurs, notamment ce qui a trait à la présence réelle du corps et du sang du Christ dans le sacrement de l’Eucharistie. »

Benoit XVI, lors d’une catéchèse qu’il consacra à ce grand docteur de l’Eglise, donna un long commentaire aux catéchèses de St Cyrille. « Nous conservons de lui vingt-quatre catéchèses célèbres, qu’il présenta en tant qu’Évêque vers 350. Introduites par une Procatéchèse d’accueil, les dix-huit premières sont adressées aux catéchumènes ou illuminands et les cinq dernières, appelées « mystagogiques », développent un commentaire aux rites du Baptême, et portent sur le chrême, sur le Corps et le Sang du Christ et sur la liturgie eucharistique. On y trouve aussi une explication du Notre Père : celle-ci établit un chemin d’initiation à la prière, qui se développe parallèlement à l’initiation aux trois sacrements du Baptême, de la Confirmation et de l’Eucharistie.

La catéchèse était un moment important, insérée dans le vaste contexte de toute la vie, en particulier liturgique, de la communauté chrétienne, dans le sein maternel de laquelle avait lieu la gestation du futur fidèle, accompagnée par la prière et le témoignage des frères. Dans leur ensemble, les homélies de Cyrille constituent une catéchèse systématique sur la renaissance du chrétien à travers le Baptême. La base de l’instruction sur la foi chrétienne se déroulait également dans un but polémique contre les païens, les judéo-chrétiens et les manichéens. L’argumentation était fondée sur la réalisation des promesses de l’Ancien Testament, dans un langage riche d’images. Du point de vue doctrinal, Cyrille commente le Symbole de Jérusalem en ayant recours à la typologie des Écritures, dans un rapport « symphonique » entre les deux « Testaments », pour arriver au Christ, centre de l’univers. Quant à la catéchèse morale, elle est ancrée de manière profondément unie à la catéchèse doctrinale : l’on fait progressivement descendre le dogme dans les âmes, qui sont ainsi sollicitées à transformer les comportements païens sur la base de la nouvelle vie en Jésus, don du Baptême. Enfin, la catéchèse « mystagogique » marquait le sommet de l’instruction que Cyrille dispensait non plus aux catéchumènes, mais aux nouveaux baptisés ou néophytes au cours de la semaine pascale. Ainsi, la catéchèse de Cyrille, sur la base des trois composantes décrites – doctrinale, morale et, enfin mystagogique -, apparaît comme une catéchèse globale dans l’Esprit. La dimension mystagogique réalise la synthèse des deux premières, en les orientant vers la célébration sacramentelle, dans laquelle se réalise le salut de tout l’homme. Il s’agit, en définitive, d’une catéchèse intégrale, qui – concernant le corps, l’âme et l’esprit – reste emblématique également pour la formation catéchétique des chrétiens d’aujourd’hui. »[1]

Avec Saint Cyrille, confions l’Eglise et tous ses pasteurs, nos évêques qui ont la lourde charge de transmettre la saine doctrine. Demandons-lui aussi de nous donner assez de force pour savoir défendre la foi et en vivre malgré les attaques multiples de notre temps, nous souvenant toujours que c’est par l’amour pour Jésus, par une adoration en esprit et en vérité que nous pouvons en saisir toute la richesse et la profondeur.

[1] Audience du pape Benoit XVI du mercredi le 27 juin 2007

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