Frères, faites-vous du bien à vous-mêmes en donnant aux pauvres !

8 mars 2017 : Saint Jean de Dieu[1] (Fr. Jean)

Les habitants de Ninive décrits dans la première lecture de ce jour, nous ont montrés la force de la grâce. Jonas répugnait à accomplir la volonté de Dieu. Après s’y être soumis, son zèle reste limité : il ne parcourt la ville qu’en un seul jour, alors qu’il en faudrait trois pour en faire le tour ! Cependant cela suffit pour toucher les Ninivites : du Roi au plus humble de la ville. Ils ont fait le choix, avec énergie, de se détourner de leurs conduites mauvaises et de faire pénitence. Bien que leur motivation soit davantage animée par la crainte que par l’amour, il faut constater que l’avertissement divin est pris au sérieux. Cela nous engage nous aussi à vivre notre carême avec sérieux, dans le dynamisme de l’amour, c’est-à-dire changer sa propre conduite en aimant et en faisant aimer. Nos petites mortifications de carême sont là pour nous aider à vivre l’esprit nouveau que nous demandions dans la prière d’ouverture : « permets qu’en agissant selon le bien, nous obtenions un esprit nouveau. »

 Aujourd’hui, Saint Jean de Dieu que nous fêtons est un exemple dans ce choix déterminé pour Dieu. Il vécut une véritable conversion après avoir compris la grandeur de la miséricorde divine.

Juan Ciudad, est né en 1495 au Portugal. A l’âge de huit ans, il quitte brusquement sa famille pour suivre un mystérieux gyrovague et commence une vie errante qui le conduira à Tolède où il est accueilli dans une famille. Il se consacrera au métier de berger jusqu’à l’âge de 20 ans. A la recherche d’aventures, il décide ensuite de s’enrôler dans les troupes que lève Charles Quint pour combattre François 1er. Après cette expérience militaire, il redevient berger mais très vite, il se réengage au sein de l’armée impériale en Autriche pour stopper l’invasion des turcs de Soliman le Magnifique. Quittant définitivement l’armée, il se met au service d’une noble famille espagnole condamnée à l’exil sur la côte marocaine. De retour en Espagne après un passage sur sa terre natale, il erre sur les routes d’Andalousie, s’installe à Grenade et se fait marchand ambulant de livres de piété et de chevalerie.

Un jour de 1539, lors une prédication de St Jean d’Avila, c’est l’heure de la grâce. Bouleversé par ce qu’il vient d’entendre, il parcourt les rues de la ville en criant « Miséricorde ! Miséricorde ! ». Il arrache ses vêtements, se roule dans la boue. Les enfants le poursuivent en criant « le fou ! Le fou ! ». Il est alors enfermé à l’hôpital Royal de Grenade. Il connaît le sort des malades mentaux de l’époque : jeûne, coups fouets, jets d’eau glacée… thérapie de l’époque pour chasser le mal. C’est à ce moment que naît sa vocation. Il décide de passer le reste de sa vie à secourir ceux qu’il a côtoyés à l’hôpital Royal.

Il fonde une première « maison de Dieu » qui s’avère très vite trop petite, il en fonde donc une deuxième, plus grande. Pour subvenir aux besoins de sa « maison de Dieu », il quête chaque jour en criant : « Frères, faites-vous du bien à vous-mêmes en donnant aux pauvres ! » Très vite, les habitants de Grenade le surnomment Jean de Dieu. Cinq compagnons, gagnés par son exemple, le rejoignent. Il décrivit les sentiments qui l’habitaient par ces mots : « A les voir si pauvres et si mal soignés, j’ai eu le cœur brisé. (…) Je leur ai porté secours comme j’ai pu, mais non pas autant que je l’aurais désiré. »

Il meurt le 8 mars 1550, laissant derrière lui une renommée de sainteté qui traverse les frontières.

En ce temps de carême, Saint Jean de Dieu nous exhorte à faire un carême d’amour. Il ne nous est pas demandé d’exercer la mission que Dieu lui confiait, mais nous pouvons et nous devons tous rayonner l’amour autour de nous. Par une attention, un sourire, une aide… Comme le souhaitait Mère Marie Augusta, que nous vivions la belle aventure de l’amour en ce saint temps liturgique.

[1] Source : http://www.fondation-saintjeandedieu.fr/pages/saint-jean-de-dieu#sthash.omFbjcCB.dpuf

 

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