Ne permettez pas que le flambeau de la foi s’éteigne parmi nous !

15 mars 2017 : Sainte Louise de Marillac – Saint Clément-Marie Hofbauer (Fr. Clément-Marie)

Nous fêtons en ce 15 mars une grande sainte française : sainte Louise de Marillac. Née en 1591, dans une famille aisée, elle se marie en 1613 avec un simple bourgeois, et devient Mademoiselle Le Gras. Son fils Michel lui donnera beaucoup de soucis. A 34 ans, elle se retrouve veuve. C’est alors qu’elle rencontre un grand apôtre : saint Vincent de Paul. Subjuguée par la charité contagieuse du prêtre, elle devient rapidement sa collaboratrice dans toutes ses actions charitables. En 1633, ils fondent ensemble la « Compagnie des Filles de la Charité« , Communauté destinée à lutter contre la misère matérielle de son temps, qui était grande. Elle s’occupe ainsi des filles pauvres, des enfants trouvés, des visites de malades à domicile, envoie des Sœurs auprès des galériens… Une passion l’habite : l’amour de l’homme créé à l’image de Dieu et racheté par le sang de son Fils unique. « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait. » Comme Monsieur Vincent, elle mourra à la tâche, le 15 mars 1660, quelques mois avant saint Vincent. Il serait très réducteur de voir en elle, comme en saint Vincent de Paul, une simple distributrice de soupe populaire ! Elle est d’abord une amoureuse de Jésus, et c’est Lui qu’elle voyait en tout homme et en toute femme, particulièrement dans les plus nécessiteux. Elle est également une éducatrice, avec son fils Michel, puis avec tous ceux qu’elle aidera, car elle ne portait pas seulement assistance aux corps, mais aussi aux âmes. Elle est également éducatrice de consacrés, dans sa collaboration avec saint Vincent, et fondera des petites communautés dans une trentaine de villes de France. Enfin, elle fut aussi une âme de prière. Voici quelques mots d’une de ses prières à la Vierge Marie : « Je suis à Vous, Sainte-Vierge, pour être plus parfaitement à Dieu. Apprenez-moi à imiter Votre Sainte vie, je désire, comme Vous, accomplir ce que Dieu demande de moi. (…) Que chacun Vous regarde comme un chemin sûr pour aller à Dieu, qu’il Vous aime par préférence à tout autre. » Demandons-lui, en ce Carême, son amour passionné pour Jésus, qui déborde en amour pour les autres.

 

Saint Clément-Marie Hofbauer est né en 1751, en Autriche. D’abord boulanger, puis ermite, il est providentiellement conduit à entrer chez les Rédemptoristes. Après ses Vœux perpétuels et son ordination, il est envoyé avec un compagnon évangéliser le nord de l’Europe, et s’installe à Varsovie. C’est une époque très difficile pour l’Église : celle des Lumières, dont la pensée rationaliste imprègne toute l’Europe, et a largement pénétré l’Église et le clergé. À Varsovie, comme en beaucoup d’endroits, les missions sont interdites. Il y crée alors un centre spirituel, et en fait une « mission perpétuelle », où l’on prie, enseigne, prêche et confesse toute la journée. Les pèlerins sont nombreux à venir entendre à nouveau parler des dogmes, des fins dernières, de la doctrine, à pouvoir à nouveau faire des processions et prier le chapelet. Après vingt ans de travaux et de nombreuses tentatives infructueuses de fondations dans le centre de l’Europe, le couvent de Varsovie est soudainement fermé par la franc-maçonnerie, et les religieux sont renvoyés dans leur ville d’origine. Saint Clément-Marie rentre à Vienne en 1808. Dans les douze années qu’il lui reste à vivre, il recommence son apostolat dans la ville de Vienne. Constatant la perte de la foi engendrée par ce christianisme soi-disant éclairé, il disait : « Il faut annoncer l’évangile à nouveau. » Comme le note Daniel Rops, « Sous son influence c’est l’Europe centrale catholique qui se ranimait tout entière. » Il meurt le 15 mars 1820.

Saint Clément-Marie a vécu avec sérénité cette période très éprouvante pour l’Église. Un père abbé contemporain expliquait ainsi les persécutions dont il fut l’objet : « Ils travaillent trop à l’opposé de l’esprit du monde qui règne actuellement… » Saint Clément-Marie est accusé dans des rapports de police ou par ses ennemis d’être un « homme extrêmement dangereux », un « grand fanatique » ; sa communauté est qualifiée de « secte pharisaïque », et d’« ennemis publics »…

Voici quelques extraits de lettres qu’il écrivit : « Je vois que la situation des chrétiens va de plus en plus mal et que, d’un côté, le nombre des ouvriers diminue sans cesse et que, d’un autre côté, certains de ces ouvriers deviennent eux-mêmes des destructeurs du troupeau du Christ. » (16 décembre 1803). « Les plaintes que j’entends de la part de bonnes personnes me fendent le cœur, et je ne peux pas nier que les choses aillent aussi mal qu’elles les dépeignent ! » (27 janvier 1818). « Comment pourrais-je rester indifférent lorsque je vois l’état lamentable où se trouve la religion en Allemagne, en France, en Autriche et dans l’Europe entière ! Tout est conjuré contre l’Église catholique. Chez nous paraissent continuellement de nouveaux livres qui l’attaquent plus ouvertement. On a imprimé dernièrement une étude sur le mystère de l’Incarnation, rédigée en des termes inouïs ; on ne rougit pas d’affirmer que l’archange Gabriel était un jeune rabbin… et les auteurs de ces écrits blasphématoires sont prêtres ! Les vicaires généraux de plus d’un diocèse, des directeurs et des professeurs de séminaires sont initiés à ces doctrines ! Quels élèves peuvent former de tels maîtres ? » (8 février 1806). « Le peuple est bon, mais les prêtres et les francs-maçons sont nos ennemis, et, à leur grande honte, prêchent sans cesse contre nous. » (11 mai 1806)

Il garde cependant une foi inébranlable, et une confiance à toute épreuve : « Courage ! Dieu est le maître, il dirige tout pour sa gloire et pour notre bien, et personne ne peut lui résister. Tous les projets des hommes, si bien organisés qu’ils soient, ne servent qu’à l’accomplissement de sa sainte volonté. (…) Je vois que tout ce qui paraît nous être hostile nous mène là où Dieu nous veut… Laissons-nous conduire par Dieu et tout ira bien… » (6 août 1806).

Terminons en faisant nôtres ces mots d’une prière qu’il composa : « Ô mon Sauveur, doit-il arriver bientôt ce moment terrible où vous trouverez à peine quelques chrétiens qui soient animés de l’esprit de foi ? (…) Ne permettez pas que le flambeau de la foi s’éteigne parmi nous. (…) Conservez-nous, Seigneur, la véritable foi catholique, apostolique et romaine. Que les maladies nous affligent, que les chagrins nous accablent, que les malheurs nous abattent, mais au moins, laissez-nous notre foi… »

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