Jésus-Christ s’appelle la Vérité et non la coutume…

23 mars 2017 : Saint Turibio de Mongrovejo  (Fr. Clément-Marie)

Né en 1538 en Espagne, fils d’un seigneur, il connaît une enfance très pieuse, et son éducation le pousse à la bonté envers les pauvres et lui apprend l’horreur du péché. Il a une grande dévotion mariale, et récite chaque jour l’office de la Sainte Vierge et le rosaire.

Après ses études, il est nommé, bien que laïc, président du Tribunal de l’Inquisition à Grenade par le roi Philippe II d’Espagne en 1572. Huit ans plus tard, toujours laïc, il est nommé contre sa volonté archevêque de Lima, alors capitale de la vice-royauté du Pérou. Le roi Philippe II pensait en effet que Turibio était le seul homme capable de faire cesser les scandales des conquistadores qui empêchaient la conversion des Péruviens. Il reçoit donc la prêtrise et l’ordination épiscopale, et s’embarque pour son diocèse où il arrive en mai 1581. À son arrivée, il mesure l’étendue de celui-ci, et déplore le manque de prêtres et la misère de la population, exploitée par les colons. La situation est très délicate : était alors un lieu de scandales et de dépravations où il fut d’autant plus mal accueilli que chacun savait que le Roi l’avait nommé pour y mettre de l’ordre. Les conquistadores s’étaient très mal conduits envers les indigènes qu’ils avaient tyrannisés ; des guerres civiles et des dissensions domestiques s’en étaient suivies, les mœurs étaient dans un état déplorable et le clergé ne donnait guère le bon exemple. Pour couronner le tout, ce diocèse était grand comme la moitié de la France ; Turibio le visita trois fois intégralement, chaque visite lui prenant cinq à sept ans.

Turibio parcourt inlassablement son diocèse, prenant contact avec tous, et soulageant de son mieux les indiens. Il a à réformer et à instruire le clergé. Il fonde des séminaires dont celui de Lima, le premier séminaire de l’Amérique latine, construit des églises et des écoles, réunit des synodes. Il bâtit des chapelles, des couvents, des routes, des écoles, des hôpitaux, se déplaçant le plus souvent à pied, bravant tempêtes de vent, maladies et animaux sauvages. On a comparé son action à celle de Charles Borromée en Italie.

Avec rigueur et patience, Turibio, supportant les persécutions de l’administration et des colons espagnols, prit des mesures fermes qui arrêtèrent dans Lima le cours des scandales publics ; aux Espagnols qui, pour excuser leur dureté et leurs abus, invoquaient la coutume, il répondait : « Jésus-Christ s’appelle la vérité et non la coutume… » Il obtint la conversion de très nombreux Indiens.

Turibio faisait de sa vie une prière continuelle. Il tomba malade, au cours d’une visite pastorale à Santa, à quatre cent quarante kilomètres de Lima ; il mourut le 23 mars 1606.

Nous pouvons lui demander son zèle missionnaire. Un zèle dont nous a parlé Jean-Paul II dans son encyclique sur la mission : « Le véritable missionnaire, c’est le saint. L’appel à la mission découle par nature de l’appel à la sainteté. Tout missionnaire n’est authentiquement missionnaire que s’il s’engage sur la voie de la sainteté. (…) Il ne suffit pas de renouveler les méthodes pastorales, ni de mieux organiser et de mieux coordonner les forces de l’Eglise, ni d’explorer avec plus d’acuité les fondements bibliques et théologiques de la foi : il faut susciter un nouvel « élan de sainteté » chez les missionnaires et dans toute la communauté chrétienne, en particulier chez ceux qui sont les plus proches collaborateurs des missionnaires. Rappelons-nous, chers Frères et Sœurs, l’élan missionnaire des premières communautés chrétiennes. (…) A la base de ce dynamisme missionnaire, il y avait la sainteté des premiers chrétiens et des premières communautés. »

Que Saint Turibio nous aide à vivre cet appel de saint Jean-Paul II. Soyons missionnaires. Et pour être de vrais missionnaires, soyons saints !

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