Leurs visages étaient rayonnants et d’une grande beauté…

Mardi 7 mars 2017 : Saintes Perpétue et Félicité  (Fr. Jean-Régis)

 

 En ce jour, nous fêtons saintes Perpétue et Félicité et leurs compagnons martyrisés le 7 mars 203. Le culte des deux jeunes femmes connut très vite une grande popularité : leur jeunesse, leur situation de mère de famille, leur courage, le fait qu’elles soient des catéchumènes les font figurer en tête des martyres mentionnées dans la première prière eucharistique. Perpétue est une jeune patricienne, Félicité une jeune esclave. Elles avaient toutes deux demandé le baptême à l’évêque de Carthage. L’empereur Septime Sévère ayant interdit le christianisme, le groupe des catéchumènes, dont elles faisaient partie, est arrêté. Pendant plusieurs mois, les catéchumènes connurent la prison dans des conditions très dures, d’autant qu’ils étaient dans l’incertitude du sort exact qui les attendait. Le texte de l’office des lectures pour ce 7 mars est le récit saisissant de leurs derniers jours. Félicité était enceinte et Perpétue, jeune mariée, allaitait son enfant. Le père de la jeune femme tenta en vain de la faire sacrifier aux dieux au nom de l’amour maternel. Quant à Félicité, elle mit au monde une petite fille dans sa prison. Trois jours après la naissance, elle était martyrisée et l’enfant fut adoptée par une chrétienne de la ville. Comme leurs compagnons, Perpétue et Félicité furent livrées aux bêtes du cirque, enveloppées dans un filet, et livrées à une vache furieuse, puis on les acheva en les égorgeant. Selon les « acta » de leur martyre, des témoins disaient : « Leur visage était rayonnant et d’une grande beauté. Il était marqué non de peur mais de joie. » Cela nous rappelle les paroles du psaume 33 que la liturgie nous donne de méditer en ce jour : « Je cherche le Seigneur, il me répond : de toutes mes frayeurs, il me délivre. Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage. Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses.» Avec Saintes Perpétue, Félicité et leurs compagnons cherchons le Seigneur, appelons le Seigneur, regardons Jésus car il entend, il répond, il délivre et sauve de toutes les angoisses et les frayeurs.

Le temps du carême est le temps favorable pour développer un véritable esprit de prière comme Jésus nous l’enseigne dans l’Evangile de ce jour : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es au cieux… » En ce carême, développons une prière toute filiale envers Dieu notre Père. Cette prière que Jésus nous a enseignée, nous la reprenons avec toute l’Eglise trois fois par jour : que nous puissions la prier sans routine ni habitude mais avec un cœur plein d’amour filial, confiant envers Dieu notre Père. Et surtout, que notre prière rejaillisse en fruit de conversion, de miséricorde et d’amour véritable. Pour que notre prière ne soit pas stérile et porte des fruits, elle doit être comme cette pluie et cette neige dont parlait Isaïe dans la première lecture : « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. » Sachons offrir les mérites que Jésus nous a acquis dans sa lutte au désert et que cette prière, cette offrande des mérites de Jésus arrose et féconde tous nos petits efforts et sacrifices offerts en ce temps du carême. Ayons un cœur aimant et compatissant pour Jésus, suivons-le dans sa prière, dans son combat au désert. Que notre amour pour Jésus rejaillisse sur l’amour mutuel que nous devons avoir les uns pour les autres : sachons nous porter mutuellement et nous aimer les uns les autres. Elargissons notre prière aux dimensions de l’Eglise et du monde. En cette semaine particulièrement, confions notre Pape François et ses collaborateurs qui vivent leur retraite annuelle.

Mère Marie Augusta pourrait nous redire en ce jour : « Je dois vous apprendre la douceur d’aimer son Dieu, les minutes d’intimité que l’on peut passer avec lui. Il faut apprendre à prier. Priez mes enfants bien-aimés ; mais la prière la meilleure est celle où il y a le plus d’amour, celle quand on se tient le plus tendrement, le plus amoureusement près du Cœur de Jésus. Jésus sollicite notre amour. Nous l’aimons, mais il est insatiable. Il veut avec nous une union étroite, intense, parfaite. Pensons sans cesse à la tristesse, à l’angoisse, à l’Amour de Jésus. Aimons nos frères humains, aimons-les surnaturellement et humainement ; aimons-les comme nous aimons Jésus et ainsi aimons Jésus toujours davantage. »

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