Nourrie du « lait » de sa mère !

Vendredi 24 mars 2017 : sainte Catherine de Suède (Fr. Jean-Régis)

 

Catherine est née vers 1330, quatrième enfant sur les huit qu’eurent Ulf Gudmarson, prince de Suède, et son épouse, Brigitte de Suède, si célèbre par ses Révélations. Très jeune, Catherine fut confiée à un monastère où elle reçut une éducation très religieuse.

Lorsqu’elle fut en âge de se marier, son père la maria à un jeune seigneur, Edgar de Kürner, lui aussi très religieux. Catherine n’avait pas désiré ce mariage, mais, confiante en la Vierge Marie, elle se soumit au désir de son père. Les deux époux résolurent de faire vœu de chasteté. Ils priaient beaucoup ensemble, prolongeant l’oraison commune dans la nuit.

En 1344, le père de Catherine meurt alors qu’il est sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle avec son épouse Brigitte. Cette dernière, quelques années après, décide d’aller à Rome, où elle fonde un hospice et se dépense pour les pèlerins. Cinq ans plus tard, Catherine est prise du désir de la rejoindre. D’abord réticent, son mari accède à sa demande et la laisse partir.

Dans la Ville éternelle, on pouvait voir la mère et la fille visiter avec ferveur les églises et les tombeaux des martyrs et s’adonner ensemble à tous les exercices de la mortification et de la piété.

Peu après son départ, Catherine apprend la mort de son époux ; elle a alors environ 25 ans. À la nouvelle de cette mort, bien des seigneurs italiens vont tenter avec force insistance d’épouser Catherine ; l’un d’eux tentera de l’enlever. Mais Dieu la défendit à plusieurs reprises d’une manière merveilleuse.

Saintes Brigitte et Catherine vécurent ainsi presque 25 ans à Rome. Elles méditèrent abondamment la Passion du Sauveur, vivant dans la pénitence, la prière prolongée et les austérités, ainsi que le service quotidien des plus pauvres. Après un pèlerinage à Jérusalem, sainte Brigitte mourut, le 23 juillet 1373, à l’âge de 71 ans. Catherine fit transporter en Suède les restes de sa mère, qui furent accueillis par des foules très nombreuses.

Catherine se retira alors au monastère fondé par sa mère juste après la mort de son mari Ulf, où elle devint supérieure. A la vue des foules qui continuaient à venir vénérer le tombeau de Brigitte, le roi et les princes de Suède demandèrent à Catherine de retourner à Rome afin d’obtenir du Pape la canonisation de Brigitte.

La période était celle, difficile, où il y avait un antipape, et ses démarches en furent freinées. Aussi le Pape légitime, Urbain VI, qui ne pouvait exercer librement son autorité, ne put accéder immédiatement à cette demande, en dépit de sa profonde admiration pour Brigitte et Catherine, à laquelle il dira en public : « Ma fille, vous êtes vraiment nourrie du lait de votre mère. »

C’est seulement dix ans après la mort de Catherine, en 1391, que le Pape Boniface IX pourra canoniser Brigitte.

À son retour de Rome, le reste de sa vie va être marqué par la souffrance et la douleur continuelles, qu’elle offre en union avec le Sauveur.

À bout de forces, elle meurt le 24 mars 1381. Dernier signe du ciel : une étoile alors paraît au-dessus du monastère, qui s’y maintint le jour et la nuit où son corps fut exposé, et disparut lorsque les funérailles furent achevées.

Catherine fut canonisée par le Pape Sixte IV en 1474.

Que sainte Catherine nous aide à vivre, en ce temps de Carême, la belle et grande aventure de l’amour que nous rappelle l’évangile de ce jour : « Aimer Dieu de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »

Enfin, qu’elle nous aide à préparer nos cœurs à la solennité de l’Annonciation du Seigneur : fête de la fusion de deux OUI, celui de Dieu, et celui de la Vierge Marie, pour rendre possible la Rédemption, qui s’accomplira par la passion du Fils, partagée par sa Mère.

 

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