Régner c’est servir, et servir c’est régner !

14 Mars 2017 : Sainte Mathilde (Fr. Jean)

Nous ne savons pas grand-chose sur Sainte Mathilde. Le Martyrologe romain nous la présente en ces termes : « À Quedlinbourg en Saxe, l’an 968, meurt sainte Mathilde. Épouse très fidèle de Henri, roi de Prusse, remarquable par son humilité et sa patience, elle fut très généreuse pour soulager les pauvres et construire des asiles de vieillards et plusieurs monastères. Dépouillée de ses biens, elle se retira au monastère de Quedlinbourg pour achever sa vie dans la prière et la pénitence. »

Sainte Mathilde est élevée très pieusement à l’Abbaye d’Erfurt. Elle épouse Henri Ier, roi de Germanie qui devient bientôt empereur d’Allemagne. Tandis que son époux gouverne et défend ses Etats, Mathilde visite les malades et passe de longues heures en prières ; son principal soin est d’aider son mari à établir le règne de Dieu dans son vaste empire.

Devenue veuve, elle a beaucoup à souffrir de deux de ses cinq enfants, Othon et Henri, qui la privent de ses propres revenus et l’obligent à s’exiler en Westphalie. Mais bientôt des troubles de guerre les font rentrer en eux-mêmes et ils rappellent leur mère. Pendant que son fils Othon se fait couronner empereur à Rome, elle exerce la régence. Puis, elle se retire dans la solitude, au monastère de Nordhausen. Elle meurt étendue sur un cilice ; on l’enterre à côté de son mari, à Quedlinbourg.

Les lectures de ce jour de carême sont finalement très bien appropriées pour Sainte Mathilde : « Apprenez à faire le bien : recherchez le droit, mettez au pas l’oppresseur, rendez justice à l’orphelin, défendez la cause de la veuve. » C’est ce qu’a fait cette reine durant toute sa vie.

L’Evangile de ce jour nous engage à agir dans la discrétion. Les deux : à agir ; et : dans la discrétion. Comme nous l’avons souvent rappelé, Jésus ne reproche pas aux pharisiens l’observance de la loi qu’ils prônent, mais leur hypocrisie et leur orgueil. Saint Ignace d’Antioche disait : « Mieux vaut se taire et être que de parler et ne pas être. » C’est un avertissement pour nous aussi en ce temps de carême. Les oeuvres que nous pouvons pratiquer doivent l’être dans l’humilité et animées par l’amour. Les paroles du psaume vont bien dans ce même sens : « Écoute, mon peuple, je parle ; Israël, je te prends à témoin. Je ne t’accuse pas pour tes sacrifices ; tes holocaustes sont toujours devant moi. […] Qu’as-tu à réciter mes lois, à garder mon alliance à la bouche, toi qui n’aimes pas les reproches et rejettes loin de toi mes paroles ? » Mais ces œuvres ne se limitent pas aux œuvres extérieures. Elles sont même sûrement plus difficiles et plus méritoires si elles sont intérieures. Ainsi, la mortification du caractère est plus sanctifiante encore et donc plus importante que les petites mortifications physiques qu’il est cependant juste de s’imposer en ce temps de carême. C’est pourquoi, lorsque nous entendons le Seigneur nous mettre en garde contre le rejet de ses paroles, nous pouvons nous rappeler en premier lieu le commandement de l’amour. Commandement qu’il nous a donné le Jeudi Saint avant d’instituer l’eucharistie : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

Que Sainte Mathilde nous aide donc en ce carême afin qu’il soit un carême d’amour. Qu’elle nous donne son intuition pour être attentifs les uns envers les autres. Et alors, comme le disait Père Bernard samedi : il sera un carême de joie !

 

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