Ah ! Qu’il est bon, le Bon Dieu !

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Homélie du samedi 5e semaine de carême. Sainte Julie. 8 avril 2017. (P. Bernard)

La Parole de Dieu, en ce samedi, nous prépare à entrer dans la Grande Semaine Sainte. Dieu, par le prophète Ezéchiel, annonce le retour d’Israël sur sa terre et sa purification. Ils seront mon Peuple et je serai leur Dieu. Mon Serviteur David règnera sur eux, ils n’auront plus qu’un Seul Berger, dit le Seigneur par Ezéchiel. Cette prophétie sera réalisée par l’accomplissement du mystère pascal que nous allons vivre : la mort de Jésus sur la Croix, Sa Résurrection et le don de l’Esprit-Saint à Pentecôte. L’évangile de ce samedi nous introduit vraiment dans le mystère de la condamnation à mort de Jésus. La résurrection de Lazare a, d’une part, augmenté le nombre de ceux qui croient en Jésus et a provoqué, d’autre part, la décision du grand conseil juif : la condamnation à mort de Jésus ! Caïphe, dit Saint Jean, a été prophète en disant : « il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple et que l’ensemble de la Nation ne périsse pas. » La condamnation à mort de Jésus est la plus grande injustice de tous les temps, mais, en même temps, elle fait partie du plan rédempteur de Dieu. Jésus, le Juste, le Fils de Dieu fait homme, prend sur Lui tous les péchés de ses frères pécheurs et offre Sa Vie pour le Salut de tous. Il accomplit ainsi la prophétie d’Ezéchiel : Il est le Christ, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs afin que l’Eglise, l’accomplissement d’Israël, devienne le Seul Peuple de Dieu qui n’a qu’un Seul Berger : Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme ! Sainte Julie Billiart, que nous fêtons en ce jour, est née le 12 juillet 1751 à vingt kilomètres de Compiègne. Elle est la sixième d’une famille de petits commerçants. Enfant, Julie aime prier. L’étude du catéchisme l’attire tant que, dès huit ans, c’est elle qui l’apprend à ses petites compagnes. Son charisme de catéchiste se révèle déjà, il sera la grande œuvre de sa vie et le but de la congrégation qu’elle fondera. Son curé l’autorise à communier en cachette dès l’âge de neuf ans. A treize ans, elle est confirmée par l’évêque et à 14 ans, elle fait vœu de chasteté perpétuelle. A l’âge de vingt ans elle obtient la faveur de communier quotidiennement, fait très rare à cette époque fortement teintée de jansénisme. Quand éclate la Révolution de 1789, son curé, ayant refusé le serment de fidélité à la constitution civile du clergé, est obligé de se réfugier à Paris. Julie reste seule. Bientôt, elle doit fuir aussi, menacée par les révolutionnaires depuis qu’ils savent qu’elle aide le séjour clandestin de quelques prêtres. A Compiègne, en 1793, elle a une vision qui lui montre au pied du calvaire un groupe de femmes portant un habit religieux qu’elle ne reconnaît pas. Puis elle entend ces paroles :  » Ce sont les filles que je vous donne dans l’institut qui sera marqué de ma croix « . Son infirmité s’accroît, elle perd l’usage de la parole qu’elle ne retrouvera que plusieurs années plus tard. La Providence lui permet de rencontrer Françoise, aristocrate, sœur du vicomte Blin : « le Bon Dieu, écrit Julie à Françoise, en février 1797, vous a présentée à moi sans que j’y contribue en rien. C’est bien Lui qui nous a unies si intimement « . Françoise, qui a préparé son entrée au Carmel, est séduite quant à elle, par la profondeur de la foi de Julie Billiart, son courage, sa bonté, sa générosité, sa passion pour la Parole de Dieu. Elles ne vont plus jamais se séparer. Julie a quarante-six ans et est infirme. Que peut-elle faire ? De son côté Françoise entrevoit clairement sa future vie : partageant les idées de Julie, elle décide de consacrer sa vie et sa fortune personnelle à la réalisation du projet de son amie. C’est au château de Bettencourt, près de St Ouen, où elles se sont installées en 1799 que le Seigneur leur montre la voie. Au mois de février 1803, Julie et Françoise s’établissent pour commencer l’œuvre nouvelle sous la conduite spirituelle du Père Varin. Le 2 février 1804 alors qu’elle est encore sur son lit, Julie se consacre à Dieu avec deux de ses compagnes. Quatre mois plus tard elle guérit miraculeusement pendant une neuvaine au Sacré-Cœur. Elles prennent alors le nom de Sœurs de Notre-Dame. Elle qui ne marchait plus depuis vingt-deux ans se remet à marcher. Infatigable elle se met alors à voyager et fera des fondations en France et en Belgique. Mais en juillet 1807, le nouveau supérieur de la communauté va s’opposer aux idées de Julie. Il s’empare de ses ressources financières, la discrédite auprès de l’évêque et la fait expulser de sa congrégation ! Mais le prêtre reconnaîtra ses erreurs et Mère Julie est réhabilitée. Par sa volumineuse correspondance et par ses visites, elle communique à tous sa foi, sa confiance, sa charité, son zèle, son courage et sa sérénité, même dans les plus violents orages, car elle est sûre de son Dieu. De ses lèvres s’échappent, en toute circonstance, ces mots sans cesse répétés :  » Ah! Qu’il est bon le Bon Dieu ! « . Le 7 décembre 1815, Mère Julie fait une lourde chute qui lui occasionne de violentes douleurs de tête et un malaise général. Le 14 janvier 1816 elle s’alite et le 8 avril elle meurt paisiblement. Françoise, la co-fondatrice, devient alors supérieure. Peu après la mort de cette dernière, la prophétie de Mère Julie se réalise : ses filles seront dans le monde entier : USA en 1840, Grande-Bretagne en 1845, Guatemala en 1859, Congo en 1894, Rhodésie en 1895, puis Japon, Chine, Brésil, Pérou, Nigeria, Kenya, îles Hawaï. Avant d’entrer dans la Grande Semaine Sainte, avec Sainte Julie, qui n’a pas été épargnée par les épreuves, redisons en contemplant l’Amour et la générosité de Jésus, S’offrant pour nous : Ah, qu’il est bon le Bon Dieu !

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