Attends, tais-toi, prie, souffre et espère !

24 avril 2017 – Sainte Marie Euphrasie  Pelletier  (Frère Jean-Régis)

 

Rose-Virginie Pelletier naît en 1796 sur l’île de Noirmoutier, en Vendée, dans une famille de 9 enfants. Enfant vive, tenace, même entêtée, espiègle, indépendante, intrépide, il n’est pas facile d’empêcher la réalisation de toutes les sottises qu’elle invente. Mais le soir elle ne se couche jamais sans avoir récité de tout son cœur 5 « Notre père » et 5 « Je vous salue » pour l’Église. « J’ai toujours beaucoup aimé l’Église« , dira-t-elle plus tard. Son père médecin entraîne sa famille à pratiquer la charité envers les familles en détresse qu’il rencontre. A 17 ans, elle est orpheline. Elle est envoyée en pension à Tours. Proche de la pension se dressait un étrange monastère sombre, aux grilles noires, qui intriguait les pensionnaires : un « Refuge », fondé par saint Jean Eudes pour les filles tombées dans la misère morale. Rose-Virginie est attirée par ce couvent. Elle est persuadée que c’est là que Dieu l’appelle. Dans sa hâte d’y entrer, malgré les obstacles, elle s’évade de la pension à 23 h et arrive au couvent : « Me voici, pour ne plus m’en aller, si vous le voulez bien. » Grand émoi à la pension et au couvent, mais elle réussit à être acceptée tout de suite. Elle a 18 ans. Son tuteur accepte à condition qu’elle ne fasse des vœux qu’à 21 ans. Elle prend le nom de Sr Marie-Euphrasie. Après ses vœux, elle se forme à sa tâche d’éducatrice auprès des pensionnaires du Refuge. Son rayonnement frappe non seulement les élèves mais aussi les Sœurs. Elle dira plus tard : « Il faut que vous vous rendiez aimables. Travaillez donc à le devenir. Que le rayon de la paix brille toujours sur vos fronts. Il ne faut que paroles de douceur et de charité… Enfin, que tout fasse voir que vous êtes des âmes consacrées à Dieu et heureuses de votre vocation. » En même temps son âme est purifiée et fortifiée par des tentations, des ténèbres, qui durent plusieurs années. « Cette vie de combat s’explique facilement : elle a sa raison dans la nature même de notre vocation. Si vous voulez enlever au démon ses victimes, il ne faut pas vous étonner qu’il devienne furieux et qu’il se déchaîne contre vous. Vous pourrez même mesurer l’étendue de vos conquêtes par la force de la rage qu’il déploiera. » Sr Marie-Euphrasie est élue, à 29 ans, supérieure. Tout de suite, elle envisage la fondation des Madeleines pour ses anciennes filles que Dieu appelle à la vie religieuse, avec une Règle inspirée de celle des Carmélites. En 1829, l’évêque d’Angers demande au couvent de Tours des religieuses pour fonder un nouveau refuge. La jeune supérieure accepta la fondation et y fut bientôt envoyée elle-même pour surmonter les difficultés qui n’étaient pas petites au début. Le principal changement apporté par Mère Marie-Euphrasie à l’œuvre de saint Jean Eudes, c’est le lien entre les monastères pour qu’ils se vivifient mutuellement. Il fallait donc une Supérieure Générale, une Maison-Mère, un noviciat central. C’était une grande nouveauté pour l’époque mais en cela, elle entreprenait la réalisation de ce que le Seigneur lui avait montré un jour dans sa prière au moyen de l’image d’une ruche d’où s’envolent de nombreux essaims. L’œuvre appelée à prendre une si extraordinaire expansion ne devait pas se faire sans la souffrance mais la force de la supporter lui fut donnée par la grâce de Celui qui, au commencement de ces épreuves, lui avait dit : « Attends, tais-toi, prie, souffre et espère. » Ces mots devinrent sa devise. Elle obtient en 1835 le décret de Rome qui permet la réalisation de son inspiration. Mais les ennemis ne désarment pas et le Pape s’en émeut. Comment savoir la vérité ? Il demande à un cardinal : « Combien y a-t-il d’évêques contre la Mère Supérieure d’Angers  – « 13, très Saint-Père » (des évêques qui avaient une maison du Refuge de saint Jean Eudes dans leur diocèse). « Et qu’a-t-elle dit contre ses ennemis ? » – « Rien » – « Alors la vérité est de son côté. » En 1837, elle est nommée Supérieure Générale de la Congrégation de N.D. de Charité du Bon Pasteur d’Angers et le restera jusqu’à sa mort. Elle aura encore des épreuves suscitées par l’ambition de l’évêque d’Angers qui veut devenir le Supérieur Général. Il trouve même une alliée dans la Sœur secrétaire de Mère Marie-Euphrasie et il cherche à séparer les Sœurs de leur Mère. Cependant, les fondations se multiplient, du vivant même de la Fondatrice : elle verra 110 maisons, en France et dans les cinq continents. « Je suis de tous les pays où il y a une âme à sauver. » – « Je sens une ardeur pour le salut des âmes qui me brûle et me consume. La gloire de Dieu et le salut des âmes, c’est ma vie. » Même les autorités civiles sauront reconnaître les capacités extraordinaires de Mère Marie-Euphrasie : « Il n’y a qu’un homme à Angers : c’est la Mère Pelletier. » Mais ses œuvres étaient fondées sur la prière, la participation à la Croix et la sanctification : « Les œuvres ne se commencent, ne se fortifient et ne s’achèvent qu’au pied de la Croix, car Notre-Seigneur veut que nous le suivions au Calvaire pour nous permettre de participer à l’œuvre de la Rédemption des âmes, qu’il a opérée par l’effusion de tout son sang« . – « Préparez-vous à souffrir partout où vous irez. Le démon est furieux contre les religieuses du bon Pasteur, parce qu’elles arrachent les âmes à l’enfer. » – « Nous ne devons pas être des eaux mortes, nous avons besoin d’âmes grandes, pleines de ferveur et de courage. Il faut que vous soyez vraiment saintes. Avancez donc, redoublez de vitesse dans la carrière de la perfection. » Dans ses enseignements à ses filles, elle revient sans cesse sur la nécessité de la prière pour ranimer la flamme de l’apostolat. Elle leur transmettait aussi son amour pour l’Eucharistie. En 1842, elle a fait une chute de diligence qui va favoriser le développement d’une tumeur cancéreuse dont elle souffrira beaucoup. Elle meurt en 1868, 2 jours avant le dimanche du Bon Pasteur. Supplions Ste Marie-Euphrasie de nous donner du zèle pour le salut des âmes.

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