C’est la Providence qui a entrepris cette oeuvre, c’est elle qui pourvoira à son avenir !

Lundi 3 avril 2017 : Saint Louis Scrosoppi (Fr. Jean-Régis)

 

Louis Scrosoppi est né en 1804 à Udine, dans la région du Frioul au nord de l’Italie. Il grandit dans une famille empreinte de foi et de charité chrétienne. Il est ordonné prêtre en 1827, entouré de ses deux frères, prêtres eux aussi, Charles et Jean Baptiste. Au XIXème siècle, la province du Frioul est dévastée par la famine, les guerres et la peste. Avec d’autres prêtres et un groupe de jeunes professeurs, il rassemble les petites filles abandonnées de la ville et des environs pour les éduquer. Pour elles, Père Louis met à leur disposition tous ses biens, son énergie et son affection ; il n’épargne rien pour lui-même, et quand les besoins se font de plus en plus sentir, il va mendier : il a confiance en l’aide des gens et surtout il a foi dans le Seigneur. Toute sa vie fut un témoignage palpable d’une grande confiance en la divine Providence. Père Louis ne néglige aucune occasion pour transmettre cette confiance et cette sérénité aux fillettes et aux jeunes dames qui se dédient à leur éducation. Dans le cœur de ses collaboratrices mûrit alors la décision de consacrer leurs biens à l’œuvre commune et de vivre la pauvreté. Ainsi naît tout simplement, le 1er février 1837, la Congrégation des « Sœurs de la Providence » que Père Louis met sous la protection de Saint Gaétan de Thiene. (Saint Gaétan de Thiene – 1480-1547 – originaire du Nord de l’Italie, se voua aux malades et aux pauvres en fondant la Congrégation des Théatins qui se distingue par une confiance absolue en la Providence). Le fondateur les encourage au sacrifice et les exhorte à prendre soin avec affection de toutes les fillettes, les éduquant et leur apprenant tout ce qui est nécessaire pour mener une vie digne. Pendant ce temps, Père Louis méditait sur la nécessité d’une consécration totale au Seigneur de ses sœurs. Il est fasciné par l’idéal de pauvreté et de fraternité universelle de François d’Assise, mais les événements de la vie et de l’histoire le conduiront sur les traces de Saint Philippe Néri, le chanteur de la joie et de la liberté, le saint de la prière, de l’humilité et de la charité. La vocation « Oratorienne » du Père Louis se réalise en 1846 à l’âge de 42 ans et il devient fils de Saint Philippe : de lui, il apprend l’humilité et la douceur qui lui permettront d’être à la hauteur de sa tâche de père et fondateur de la Congrégation des Sœurs de la Providence. Profondément respectueux et attentif à la croissance humaine des sœurs et de leur cheminement de sainteté, il ne manque pas de les aider, de les exhorter et de leur donner des conseils. Avec attention il éprouve leur vocation, met à l’épreuve leur foi afin qu’elles deviennent fortes. Il n’est pas tendre devant la vanité, le désir de paraître, et il est sévère lorsqu’il s’aperçoit des comportements d’hypocrisie et de superficialité. Mais, quelle tendresse paternelle utilise-t-il en face de la fragilité et devant le besoin de la compréhension, du soutien et du réconfort ! Émerge doucement en Père Louis les traits fondamentaux d’une vie spirituelle centrée sur Jésus-Christ, aimé et imité dans son humilité, sa pauvreté, son incarnation à Bethléem, sa simplicité, sa vie laborieuse à Nazareth, son immolation complète sur la croix au Calvaire et dans l’Eucharistie. Cependant, profondément intéressé par les actes de bienfaisance, Père Louis ne s’occupe pas seulement de ses propres œuvres (Il crée une œuvre pour les sourds-muets) mais à Udine, il offre avec enthousiasme son soutien spirituel et économique aux initiatives entreprises par d’autres personnes de bonne volonté. Il soutient toute activité de l’Eglise diocésaine et a un regard de prédilection pour les jeunes séminaristes d’Udine, en particulier les plus pauvres.

Avec l’âge et la maladie, il doit réduire peu à peu ses activités et il a la sagesse de passer la main aux Sœurs. Mais il les rassure : « c’est la providence qui a entrepris cette œuvre, c’est elle qui pourvoira à son avenir. » Aux approches de la mort, il écrit un dernier mot : « la communauté connaîtra une période de crise. Après quoi elle retrouvera une nouvelle vie. » Puis de son cœur jaillit ce cri : « Charité ! Charité ! Ceci est l’esprit de votre famille religieuse… Sauver les âmes et les sauver par la charité » Il meurt en 1884.

 

« La charité fut le secret de son apostolat long et inlassable, nourri d’un contact permanent avec le Christ. C’est pourquoi l’Église le présente aux prêtres et aux fidèles comme modèle d’une synthèse profonde et efficace entre la communion avec Dieu et le service des frères. » (Jean Paul II)

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