Vie d’amour… C’est là la seule raison de vivre !

26 avril 2017 : Saint Rafael Arnaiz [1] (Fr. Jean)

 

C’est avec joie que nous fêtons aujourd’hui Saint Rafael, en religion frère María Rafael. Il naît le 9 avril 1911 en Espagne. Premier de 4 enfants d’une famille aisée, catholique pratiquante. Tout commence vraiment lorsqu’en 1930 il obtient comme cadeau de fin d’études de passer ses vacances d’été chez son oncle et sa tante. C’est à l’issue de ces vacances que, sur le conseil de l’oncle, Rafael passe son premier séjour à la Trappe de San Isidoro : il est séduit par le silence, enthousiasmé par la beauté du lieu, ravi par les sonorités du Salve Regina entendu à Complies. Saint Rafael, très doué pour le dessin, commence des études prometteuses d’architecture à Madrid, mais il prend enfin la grande décision et entre au monastère le 15 janvier 1934, convaincu d’avoir trouvé sa vocation. Mais un diabète se déclare d’une façon foudroyante 4 mois après son entrée. Il oblige le novice à quitter, triste et perplexe, son cher monastère. Ce n’est qu’en janvier 1936, après une longue convalescence, qu’il peut entrer de nouveau à San Isidoro, cette fois en qualité de simple oblat, car sa maladie ne lui permet pas de suivre les exigences de la Règle. Pendant une deuxième sortie (septembre-décembre 1936) il est déclaré inapte à porter les armes dans le conflit qui ravage son pays. Après une troisième sortie (février-décembre 1937), il vit son dernier séjour à la Trappe, du 15 décembre 1937 au 26 avril 1938, comme son dernier carême et une préparation au dernier dépouillement, celui de sa vie sur la terre.

Le mystère de cette vie aura été de se laisser conduire à travers les perplexités d’une vocation embrassée avec enthousiasme et sans cesse contrariée : par la maladie, par la guerre, par l’impossibilité de prononcer ses vœux monastiques, par le manque de relations communautaires normales. Son noviciat sur la terre, accompli dans la solitude et la maladie humiliante, s’achève lorsqu’à Pâques, enfin revêtu de la coule par une faveur spéciale de son abbé, il entre, par son passage à la vraie vie, dans la communauté céleste. Ce mystère de dépouillement si dramatique n’a pu être vécu que grâce à un amour débordant. Son seul désir était de vivre pour aimer : aimer Jésus, aimer Marie, aimer la Croix, aimer son cher monastère.

Saint Rafael a été un trappiste fou d’amour pour Dieu, et cette force le mène toujours davantage à l’essentiel, à ce qui comble son cœur en vérité : « Dieu seul ! » Dans la solitude et le silence, la souffrance de la Croix devient le lieu propre où il renonce à lui-même, et sa propre souffrance, acceptée comme grâce de Dieu, permet le dépouillement ultime de l’humilité.

Lors de sa canonisation en 2009, Benoît XVI le décrivait en ces termes : «Il répondit oui à la proposition de suivre Jésus, de manière immédiate et décidée, sans limites ni conditions. De cette manière, il entreprit un chemin qui […] le porta en quelques années au sommet de sa vie spirituelle […]. Frère Rafael, encore proche de nous, continue à nous offrir par son exemple et son œuvre un parcours attractif, en particulier pour les jeunes qui ne se contentent pas facilement, mais aspirent à la plénitude de la vérité, à la plus indicible joie que l’on atteint pour l’amour de Dieu. « Vie d’amour… C’est là la seule raison de vivre » dit le nouveau Saint. Et il insiste : « De l’amour de Dieu provient toute chose ». Que le Seigneur écoute avec bienveillance l’une des dernières prières de Saint Rafael Arnáiz, lorsqu’il lui remit toute sa vie en suppliant : « Prends-moi et donne-Toi au monde ». »

Concluons par cette très belle prière de notre saint : « Toi seul Tu donnes des forces dans les épreuves et tentations ; que seulement au pied de ta Croix, Te voyant cloué sur Elle, on apprend le pardon, on apprend l’humilité, la charité, la bonté… La prodigieuse, l’admirable, l’inexprimable leçon que Tu m’apprends depuis ta Croix me donne des forces pour tout. On T’a craché dessus, on T’a insulté, on T’a flagellé, on T’a cloué sur une Croix et, étant Dieu, Tu pardonnais, Tu te taisais humblement, et Tu t’offrais même. Que pourrais-je dire de ta Passion ? Il vaut mieux ne rien dire, et que, au fond de mon cœur, je médite ce que l’homme ne peut jamais arriver à comprendre ; que je me contente d’aimer profondément, passionnément, le Mystère de ta Passion … Qu’Elle est douce la Croix de Jésus ! Qu’il est doux de souffrir en pardonnant ! Comment ne pas devenir fou ? Il me montre son Cœur ouvert aux hommes et méprisé. Où a-t-on jamais vu, et qui a jamais rêvé d’une douleur pareille ? Comme on vit bien dans le Cœur du Christ ! Ainsi soit-il. »

[1] Cf. http://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&id=13975&fd=0

 

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