La science la plus sublime : connaître et aimer le Christ et son Église

29 avril 2017 : Sainte Catherine de Sienne  (Fr. Clément-Marie)

Catherine Benincasa naquit à Sienne le 25 mars 1347, qui était à la fois le dimanche des Rameaux et le jour de l’Annonciation. Elle est la dernière d’une famille de 24 enfants ! En 1352, à l’âge de cinq ans, elle eut une vision du Christ et fit vœu de virginité. Née dans une famille de parents très chrétiens, elle aura à affronter l’opposition sévère de ceux-ci à sa vocation. Aussi, à seize ans, elle devient tertiaire dominicaine, tout en vivant une vie d’austérité sévère et de prière au milieu de sa famille. Par l’ascèse et l’oraison, elle vit en étroite union avec le Christ, tout en se préoccupant des réalités de la vie. Elle vient en aide aux pauvres et aux malades de Sienne, et elle écrit aussi aux grands de son temps pour les inviter à la paix.

En 1368, après le retour à Dieu de son père et son mariage mystique avec le Christ, Catherine sauva ses frères pendant un coup d’état à Sienne. Deux ans après, elle offrit son cœur à Jésus pour l’Église. Le caractère inhabituel de la voie à laquelle Dieu l’appelle  provoqua quelques interrogations dans sa ville, mais aussi dans l’Ordre des dominicains. Elle dut comparaître devant le Chapitre général des dominicains à Florence en 1374. C’est alors qu’elle rencontra le Bienheureux Raymond de Capoue qui deviendra son directeur spirituel. À partir de 1375 commence une période de sa vie durant laquelle elle prend, de manière publique, la défense des intérêts du Pape et manifeste son souci de l’unité et de l’indépendance de l’Église, ainsi que du retour du Pape d’Avignon à Rome. Son principal souci est l’unité de l’Église.

Elle va rencontrer le pape Grégoire XI à Avignon. En septembre 1376, elle retourne à Sienne et Grégoire XI prend le chemin de Rome. Catherine continue son service d’ambassadrice du pape auprès des villes italiennes toujours en pleine ébullition. En 1378, après le décès de Grégoire XI, Urbain VI est élu pape. Cinq mois après cette élection difficile, et malgré les mises en garde de Catherine de Sienne, survient le Grand Schisme d’Occident et l’élection de l’antipape Clément VII (Robert de Genève). Catherine se bat pour que soit reconnu Urbain VI. La même année 1378, elle commence la rédaction de ses Dialogues, qui, selon une tradition, auraient été composés en cinq jours d’extase, du 9 au 14 octobre. Catherine vient alors s’établir définitivement à Rome. Deux ans plus tard, après avoir reçu dans une vision la nef de l’Église sur ses épaules, dans l’église du Vatican, Catherine meurt à Rome à l’âge de 33 ans en 1380. Bien que ne sachant pas écrire et ne connaissant pas le latin, elle laisse derrière elle une œuvre considérable. L’importance de son œuvre pour la langue italienne moderne est reconnue.

Cette fille de Saint Dominique est canonisée en 1461 par le pape Pie II. Elle est la sainte patronne de l’Italie et a été déclarée docteur de l’Église par le pape Paul VI, le 4 octobre 1970, en même temps que Sainte Thérèse d’Avila.

Elle est co-patronne de l’Europe depuis 1999, à la demande de Jean-Paul II, qui disait d’elle : « Elle entra avec un regard sûr et des paroles de feu dans le vif des problèmes sociaux et politiques qui ont déchiré l’Europe de son époque. » Que sa clairvoyance sur les difficultés traversées tant par la société que par l’Église de son temps nous éclaire nous aussi.

Enfin, le Pape Benoît XVI, qui lui a consacré une audience le 24 novembre 2010, résumait ainsi sa doctrine : au centre de sa spiritualité, « il y avait le christocentrisme qui caractérise toute vraie spiritualité. Pour elle, le Christ était comme un époux… À l’exemple de Catherine, tout croyant doit s’unir au cœur de Jésus afin d’aimer Dieu et le prochain comme le Christ. Laissons-nous donc convertir afin que notre cœur apprenne à aimer le Christ, dans la prière familière, dans la méditation de la Parole, dans les sacrements et avant tout dans la communion… Consciente des manquements des prêtres, Catherine eut néanmoins toujours un grand respect pour qui dispense par les sacrements et la prédication la force salvifique du Christ. Elle invitait les prêtres et le Pape, qu’elle appelait le doux Christ sur terre, à être fidèles à leurs responsabilités, dans un constant amour de l’Église… Catherine de Sienne nous apprend encore aujourd’hui la science la plus sublime, qui est de connaître et d’aimer le Christ et son Église. »

 

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