Quoiqu’on gagne en ces lieux, le Paradis vaut mieux !

28 avril 2017 : Saint Louis-Marie et Sainte Gianna Molla (Fr. Clément-Marie)

 

Aîné des dix-huit enfants d’un avocat breton, Louis naît à Montfort près de Rennes en 1673. À 19 ans, il entre au séminaire Saint-Sulpice de Paris. Prêtre en 1700, il devient aumônier de l’hôpital de Poitiers. Il partage la table des pauvres malades et regroupe les jeunes filles désireuses de servir les pauvres. Il se rend à Rome pour demander d’être envoyé au loin. Le Pape l’envoie… en France, avec le titre de missionnaire apostolique, comme prédicateur de missions paroissiales. Belle leçon pour nous aujourd’hui : oui, la France est vraiment terre de mission… Là encore il déchaîne l’enthousiasme des uns et la colère des autres ; on tente même de l’empoisonner. Il prêche dans de nombreux diocèses de l’Ouest, Saint-Brieuc, Saint-Malo, Nantes, Poitiers, Luçon, Bayeux et Coutances. Mais il suscite aussi l’opposition virulente de certains évêques – dont celui d’Avranches, lequel lui interdit même de célébrer la messe. Il édifie des calvaires, (particulièrement celui très célèbre de Pont-Château), des croix, fonde des écoles…

Le martyrologe romain souligne qu’il « annonça à travers l’Ouest de la France le mystère de la Sagesse éternelle ». Il fonda avec Marie-Louise Trichet l’Institut des Filles de la Sagesse et, pour les prêtres, la Compagnie de Marie. Il prêcha et écrivit sur la Croix du Christ et la vraie dévotion à la Vierge Marie et conduisit des foules à la pénitence. Il écrivit en effet l’Amour de la Sagesse éternelle et surtout le Traité de la vraie dévotion à Marie. » Il mène les foules à Jésus par Marie. C’est à lui que saint Jean-Paul II empruntera sa devise : Totus Tuus. Saint Louis-Marie meurt à 43 ans le 28 avril 1716, en redisant ces vers qu’il avait écrits : « Allons, mes bons amis, allons en paradis. Quoiqu’on gagne en ces lieux, le Paradis vaut mieux. »

Jean-Paul II expliquera : « Grâce à saint Louis-Marie Grignon de Montfort, j’ai compris que l’authentique dévotion à la Mère de Dieu est véritablement christocentrique, profondément enracinée dans le mystère trinitaire, et dans ceux de l’incarnation et de la rédemption. »

Sainte Gianna Beretta naît en 1922 dans une famille très chrétienne et reçoit de ses parents une très belle éducation dans la foi. Après des études sérieuses, elle devient docteur en médecine et en chirurgie en 1949. Elle se donne généreusement dans l’action catholique, pratique le ski et l’alpinisme, et prie avec ferveur pour connaître sa vocation. Elle se marie le 24 septembre 1955 avec Pierre Molla, et désire avec lui fonder une famille vraiment chrétienne. En 1956 naît Pierre-Louis, puis en 1957 Mariolina, et en 1959 Laure. En 1961, alors qu’elle attend son 4ème enfant, elle connaît la souffrance et le mystère de la douleur : un fibrome à l’utérus apparaît. Il faut l’opérer. Tout en sachant les risques que cela comporte de continuer la grossesse, elle supplie le chirurgien de ne pas recourir à l’avortement, mais de sauver la vie qu’elle porte en elle et elle se confie à la prière et à la Providence. La vie est sauve. Elle remercie le Seigneur et passe les 7 mois qui la séparent de la naissance avec une force d’âme incomparable et avec une ardeur de chaque instant comme mère et médecin. Quelques jours avant l’accouchement, tout en se confiant pleinement à la Providence, elle est prête à donner sa vie pour sauver celle de son enfant : «Si vous devez décider entre moi et l’enfant, n’hésitez pas: choisissez, et je l’exige, l’enfant. Sauvez-le». Le matin du 21 avril 1962, Jeanne Emmanuelle est née, saine et sauve. Le matin du 28 avril, malgré tous les efforts et les soins pour sauver aussi la mère, au milieu de douleurs indicibles, après avoir répété : «Jésus, je t’aime. Jésus, je t’aime», elle meurt saintement à l’âge de 39 ans.[1]

Son mari, Pietro Molla, est mort le 3 avril 2010, un Samedi saint, à l’âge de 98 ans. Cas unique dans l’histoire de l’Église : en 2004 il avait assisté à la canonisation de son épouse.

Sainte Gianna Molla est un témoin pour notre temps de la valeur sacrée de la vie humaine. Dans l’encyclique Veritatis Splendor, après avoir évoqué « la plus dangereuse qui puisse affecter l’homme : la confusion du bien et du mal », Jean-Paul II écrit : « Les martyrs et, plus généralement, tous les saints de l’Église, par l’exemple éloquent et attirant d’une vie totalement transfigurée par la splendeur de la vérité morale, éclairent toutes les époques de l’histoire en y réveillant le sens moral. (…) Face aux nombreuses difficultés que la fidélité à l’ordre moral peut faire affronter même dans les circonstances les plus ordinaires, le chrétien est appelé, avec la grâce de Dieu implorée dans la prière, à un engagement parfois héroïque, soutenu par la vertu de force… »[2]

Que Sainte Gianna Molla intercède pour notre monde et pour notre Église, afin qu’à sa suite elle ait toujours le courage de témoigner de l’amour et de manifester la splendeur de la vérité.

[1] http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20040516_beretta-molla_fr.html

[2] Veritatis Splendor, nº 93

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