Celui qui « nettoya l’Italie de tous les péchés dont elle foisonnait »…

20 mai  2017 : Saint Bernardin de Sienne (Fr. Clément-Marie)

Saint Bernardin de Sienne naît en 1380 dans une famille noble près de Sienne, en Italie. Orphelin, il est élevé par son oncle. Il est à la fois très doué et très pieux. Il fait donc de très bonnes études, et y joint une forte vie de prière. Très bon et charitable, il se fait remarquer lors de l’épidémie de peste qui ravage la ville en 1400. Il a 20 ans et son dévouement est tel qu’on lui confie la direction provisoire de l’hôpital. Il y laisse cependant une partie de sa  santé. Deux ans plus tard, il entre chez les franciscains, y devient prêtre et son prieur lui donne la charge de la prédication. Ce sera désormais sa vocation principale. Saint Bernardin parcourt toute l’Italie, prêchant sur les places publiques car les églises sont trop petites. Parfois ce sont des milliers de personnes qui s’écrasent pour l’entendre et qui l’entendent parfaitement malgré l’épaisseur de la foule, tant sa voix est forte. Il prend en quelque sorte la relève du dominicain saint Vincent Ferrier comme prédicateur populaire, et entreprend d’évangéliser le peuple italien. Il parle d’une manière concrète, directe, alerte, insistant sur la vie chrétienne et sur la primauté absolue du Christ. Sur la forme, ses sermons révèlent sa gaîté naturelle et sa joie franciscaine : ils sont très vivants, riches en illustrations, en anecdotes, en digressions et en apartés.

À Sienne, en 1411, Bernardin tombe malade de la peste. Il affronte la maladie avec une grande force intérieure. Puis il médite intensément pendant trois années, interrompues par une courte prédication à Padoue en 1413.

Puis il reprend les grandes prédications à travers l’Italie. Amené à prêcher sur les places de marchés, son audience atteint parfois les trente mille auditeurs. D’après un biographe florentin, Bernardin « nettoya l’Italie de tous les péchés dont elle foisonnait. » Il prêche avec une entière liberté, censurant ouvertement Visconti, le duc de Milan, et réprimandant avec courage le mal dans les hauts lieux. Dans chaque ville, Bernardin dénonce le péché avec une telle efficacité que des bûchers des « vanités » accompagnent fréquemment sa prédication. Dans ces bûchers, le peuple jette miroirs, parfums, perruques, jeux de cartes, dés, jeux d’échecs, et toutes sortes de frivolités.

Mais le mot d’ordre de Bernardin, comme saint François d’Assise avant lui, est « la paix. » À pied, il traverse l’Italie de long en large pour le rétablissement de la paix. Il met ses dons au service de la réconciliation, notamment entre les guelfes et les gibelins. Il persuade les cités italiennes de décrocher les armoiries des factions des murs des églises et des palais, et d’inscrire à la place les initiales IHS, réintroduisant ainsi cet antique monogramme. Son utilisation donne une nouvelle impulsion à la dévotion au saint nom de Jésus, qui est un de ses sujets favoris, et un puissant moyen de raviver la ferveur populaire. Il avait l’habitude de porter un panneau devant lui pendant ses sermons, portant le monogramme du Christ peint en lettres gothiques dorées, entouré par les rayons du soleil, puis de l’exposer à la vénération. Saint Bernardin est vraiment l’apôtre du saint nom de Jésus.

Son succès suscita des jalousies et des oppositions. Accusé par un dominicain d’hérésie, il est convoqué à Rome, où saint Jean de Capistran est chargé de sa défense et parvient sans difficulté à l’innocenter. Il peut alors reprendre la prédication. Nommé plus tard à l’évêché de Sienne, le saint décline cet honneur, ainsi que les évêchés de Ferrara et Urbino, qui lui seront aussi proposés, en déclarant joyeusement que l’Italie est déjà son diocèse !

Saint Bernardin aura également un rôle important dans la transformation de l’ordre franciscain connue sous le nom de « réforme de l’observance ». En 1438, il est élu vicaire général des observants en Italie. En 1442, Bernardin persuade le pape d’accepter sa démission du vicariat général afin de se donner entièrement à la prédication. En 1444, malgré son mauvais état de santé, Bernardin décide d’évangéliser le royaume de Naples. Mais après avoir traversé l’Ombrie il est pris par la fièvre et forcé de s’arrêter à l’Aquila dans les Abruzzes. Il meurt la veille de l’Ascension, le 20 mai 1444.

Les miracles se multiplient à la mort du saint. Il est canonisé le 24 mai 1450 par le pape Nicolas V, soit six ans après sa mort, et reste l’un des saints italiens les plus populaires, et tout particulièrement à Sienne.

Terminons par ces mots de saint Bernardin sur le nom de Jésus : « Ce nom est un océan si vaste et si profond que la pensée de l’homme ne saurait le sonder ni le parcourir entièrement. Qui, en effet, comprendra celui qui est incompréhensible ? Qui exprimera l’infini ? Qui embrassera dans un même discours Dieu et l’homme ? Tout ce que le Seigneur a résolu pour le salut du genre humain est renfermé dans ce nom ; il sauve du péché, il délivre de l’ennemi, il confère la grâce, il procure la gloire… Telle est l’excellence de ce nom, qu’il a été formulé par Dieu le Père, figuré durant de longues années par la loi, prophétisé longtemps à l’avance, annoncé par l’ange, révélé par Marie, prêché par les apôtres, vénéré et adoré de tout le monde… »

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