Donnée au monde comme du miel…

12 mai 2017 : Bienheureuse Imelda (Fr. Jean-Régis)

« Si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. » Pour nous aider à répondre à ce précepte du Seigneur, l’Eglise est heureuse de nous donner en exemple la vie édifiante d’enfants, comme celle de François et Jacinthe qui seront canonisés demain. En ce 12 mai, l’Eglise nous donne en modèle une autre enfant : Bienheureuse Imelda. Née en 1322 à Bologne dans une famille noble, elle reçoit à son baptême le nom de Madeleine. Toute petite déjà, elle fait preuve d’une grande piété, se fabriquant de petits autels devant lesquels elle priait longuement. Elle avait une très grande admiration pour Sainte Agnès de Rome. Mais surtout, son plus cher désir était de recevoir Jésus dans la sainte communion. Mais à cette époque, les enfants n’étaient autorisés à communier qu’à partir de l’âge de 14 ans. Elle demanda instamment à ses parents de lui permettre d’intégrer le couvent des Dominicaines de Bologne qui accueillait des enfants, lesquels n’était assujettis qu’à une petite partie de la Règle. Ils acceptèrent, et Madeleine entra chez les novices du couvent de Valdipretra à l’âge de 10 ans où elle y prit le nom d’Imelda qui signifie : « donnée au monde comme du miel ». Novice, elle voulut observer la Règle tout entière bien qu’elle n’y fut pas obligée. Sa constance au service de Dieu ne se démentit pas un instant, aucune austérité ne l’effrayait, et elle s’appliquait en tout à ressembler à Jésus crucifié. Elle avait une particulière dévotion envers le Saint Sacrement, passant des heures en adoration devant Jésus-Hostie et durant le Saint Sacrifice de la messe, elle versait d’abondantes larmes, surtout lorsque les religieuses quittaient leurs stalles pour aller communier. Consumée par l’ardeur de ses désirs, elle suppliait d’être enfin admise à la sainte Table mais on ne croyait pas devoir faire exception pour la petite novice. Le jour de l’Ascension 1333, Imelda atteignit ses onze ans. De nouveau, elle conjura son confesseur de lui permettre de recevoir Jésus dans la sainte communion, mais ce dernier resta inflexible. L’enfant s’en alla à la chapelle en pleurant, afin d’y entendre la messe. Au moment de la communion, une hostie s’échappa du ciboire, s’éleva dans les airs, franchit la grille du chœur et vint s’arrêter au-dessus de la tête de la jeune novice. Le prêtre, stupéfié par le prodige dont il était témoin, s’approcha avec la patène et recueillit la sainte hostie avant de la donner à l’enfant. Les religieuses, saisies d’un étonnement inexprimable, restèrent longtemps à regarder cette enfant toute irradiée d’une joie surnaturelle, prosternée en adoration. Ressentant finalement une vague inquiétude, elles appelèrent Imelda, la prièrent de se relever, puis lui en donnèrent l’ordre. L’enfant toujours si prompte à obéir paraissait ne pas même les entendre. En allant la relever, les soeurs s’aperçurent avec stupéfaction qu’Imelda était morte : morte de joie et d’amour à l’heure de sa première communion.

Béatifiée en 1826 par le Pape Léon XII, elle a été déclarée Patronne des premiers communiants en 1910 par le Pape Pie X qui, cette année-là, décréta que les enfants pouvaient faire leur première communion à un âge plus précoce.

Dans l’évangile de ce jour, Jésus nous dit : « quand je reviendrai, je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. » A l’exemple et avec l’aide de Bienheureuse Imelda, désirons recevoir Jésus caché dans l’hostie, sans routine ni habitude, mais avec un ardent désir qu’il vienne prendre possession de tout notre être et qu’il nous emmène auprès de lui. Que nos communions quotidiennes soient de vraies communions, d’intenses cœur-à-cœurs avec Jésus, l’époux de nos âmes, ne faisant plus qu’un avec notre Dieu qui s’abaisse et se fait tout petit pour venir à notre rencontre.

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