Etre au Christ pour conduire au Christ

5 mai 2017 : Bienheureuse Catherine Cittadini[1] (Fr. Jean)

Les lectures de ce jour sont particulièrement importantes. La conversion de Saul sur le chemin de Damas nous  montre la puissance de la grâce. Dieu est plus fort que le mal et peut transformer les cœurs qui lui sont d’abord fermés. Remarquons aussi qu’il passe par des intermédiaires humains. Faisons donc confiance à ceux qui ont leur grâce d’état. Jésus dans l’Evangile nous exhorte à nous nourrir de Lui-même dans l’Eucharistie. Tous les saints ont puisé leur force dans l’Eucharistie. Parmi cette multitude de saints, l’Église nous donne aujourd’hui l’exemple de la Bienheureuse Catherine Cittadini.

Elle naît en 1801 à Bergame. Sa mère meurt alors qu’elle n’a que 7 ans, et son père peu après. Elle est alors recueillie à l’orphelinat du petit couvent de Bergame bien qu’elle n’ait pas l’âge requis. Peu après, sa sœur cadette Giuditta y est admise à son tour.

En 1823, elle part avec sa sœur pour aller habiter non loin de là, à Calolzio, chez ses cousins prêtres et sa cousine Marie. Près de Calolzio se trouve Somasque où elle obtient un poste d’institutrice. La petite ville de Somasque est déjà célèbre à cause de Saint Jérôme Émilien qui, au XVIe siècle y a fondé les “Somasques”. A l’époque de Catherine, ces religieux sont surtout des éducateurs. Pour l’institutrice qui est en rapport avec eux, c’est une grâce. Elle se rend tous les jours de Calolzio à Somasque où elle enseigne à l’école élémentaire de filles. Avec sa sœur, elle songe à entrer dans un institut religieux pour s’y vouer à l’éducation. Elle demande conseil à Don Brena qui lui répond que la volonté de Dieu est qu’elle reste à Somasque où a déjà fleuri la sainteté de Saint Jérôme Émilien. Là, elles fonderont elles-mêmes unes nouvelle famille religieuse.

En 1826, Catherine s’installe définitivement à Somasque. C’est là qu’elle fonde avec Giuditta l’école privée “Cittadini” pour les jeunes filles orphelines et les petites filles pauvres qui ne peuvent accéder à l’école publique. C’est une sorte de “Foyer” bientôt renommé pour la bonne éducation qu’on y reçoit. En 1836, elle obtient le décret d’approbation pour leur Foyer. Une série d’épreuves s’abat sur elle : mort de sa sœur Giuditta en 1840, de Don Brena et de Don Antonio en 1841. En 1842, frappée elle-même par une grave maladie, elle en guérit miraculeusement par l’intercession de la Vierge et de Saint Jérôme Émilien. En 1844, elle prend avec trois compagnes, un “contrat de société et de destin”, prémisse d’une communauté religieuse à laquelle elles aspirent toutes les quatre.

L’ancienne orpheline se révèle une mère pleine d’amour pour ses orphelines. Elle veut que les sœurs soient des mères dans les écoles et se tiennent en contact constant avec les enfants. En Catherine, les jeunes filles de l’école voient “une vraie amie”, un cœur plein de compassion qui les stimule à faire le bien et les met sur le chemin du Ciel. Tous les contemporains ont noté sa profonde capacité d’aimer, alliée à un grand équilibre affectif. Elle puise sa force dans le contact vital avec Jésus Eucharistie. Elle s’efforce d’“être au Christ pour conduire au Christ”. Elle avait saisi l’importance de l’Evangile que nous venons d’entendre

En 1851, elle s’adresse à l’évêque de Bergame, afin d’obtenir l’approbation de sa “petite famille religieuse” et de la règle qui l’accompagne, mais cela ne se fit pas. En 1854, elle revient à la charge et rencontre son successeur qui l’encourage à écrire elle-même les constitutions. Elle les rédige sur le modèle de la Règle des Ursulines de Milan, avec l’aide d’un prêtre, mais l’évêque ne les accepte pas non plus. Elle prépare un nouveau texte que l’évêque approuve “ad experimentum” seulement, promettant une approbation définitive. Le 5 mai 1857, Catherine meurt dans la sérénité et le 14 décembre, l’évêque se rend à Somasque et approuve la règle. Ainsi naissent officiellement les “Ursulines de Somasca”.

Jean Paul II la qualifiera ainsi : « La grande intuition de cette illustre fille de la terre bergamasque fut d’avoir saisi l’importance de l’école comme moyen fondamental de formation du citoyen et du chrétien. Ainsi, elle a anticipé prophétiquement les orientations du Concile Vatican II qui, dans la Déclaration sur l’éducation chrétienne ‘Gravissimum educationis’, à propos de l’école catholique, exhorte “à coordonner l’ensemble de la culture humaine avec le message du salut”. »

[1] http://www.abbaye-saint-benoit.ch/hagiographie/fiches/f0515.htm

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