La femme sans rancune

Lundi 22 mai 2017 : Saint Rita (Fr. Joseph)

Jeunesse

Margherita (surnommée Rita), fille unique, nait à Roccaporena, hameau de Cascia, dans le diocèse de Spolète, en Ombrie (Italie).

Ses parents étaient surnommés « les porte-paix de Jésus-Christ ». Ils jouaient le rôle de médiateurs entre clans et familles, pour essayer de faire oublier les exigences de la vendetta. Cet exemple, Rita ne l’oubliera pas.

Epouse et mère

Dès l’âge de 16 ans, elle pense à la vie religieuse, mais ses parents en avaient décidé autrement. Ils avaient arrangé son mariage avec un homme riche et noble. Bien qu’elle les ait suppliés de la laisser entrer au couvent, elle dut l’épouser, et fut la mère de jumeaux. Son mari est un homme très dur. Rita supporte tout avec une admirable patience qui lui vaut d’être surnommée par ses voisines : « la femme sans rancune ». Deux enfants naissent, des jumeaux et le mari de Rita gagné par la bonté de son épouse, finit par s’adoucir. Mais il s’était fait des ennemis. Une nuit, il est assassiné. Les époux avaient vécu 18 ans ensemble.

Rita souffre alors de voir que ses enfants sont décidés à venger leur père et, malgré ses efforts, elle ne réussit pas à les en dissuader. Elle prie alors préférant qu’ils meurent en pardonnant plutôt qu’ils vivent sans pardonner. De faits, une épidémie de peste, emporte ses deux fils qui meurent, après avoir pardonné au meurtrier de leur père.

Vie religieuse

Se retrouvant seule, Rita veut entrer chez les religieuses augustines au monastère Sainte-Marie-Madeleine de Cascia. Mais on la refuse car les constitutions interdisaient d’accueillir les veuves. De plus la famille de son mari et celle de l’assassin ne s’étaient pas réconciliées et le monastère craignait des représailles. Mais elle insiste et on finit par l’accepter à la condition qu’elle obtienne la réconciliation des deux familles. La tâche est difficile, mais Rita prend son bâton de pèlerin et va de porte en porte en messagère de paix. Le miracle s’accomplit: les deux familles s’accordent mutuellement le pardon devant l’évêque de Cascia.

A cela s’ajoute un fait extraordinaire. Un soir, Rita s’entend appeler. Elle ouvre la porte et voit un inconnu, vêtu comme la statue de Saint Jean-Baptiste de l’église de Cascia. Il l’invite à la suivre et l’introduit miraculeusement à l’intérieur du monastère des augustines. Sainte Rita est alors admise, elle a 36 ans. Cependant l’abbesse et la maîtresse des novices vont éprouver l’authenticité de cette vocation un peu extraordinaire. Mais Rita reste toujours patiente et douce au milieu des brimades et des humiliations. Pour l’éprouver sa supérieure lui demande d’arroser tous les jours un morceau de bois sec planté dans le sol. Or le morceau de bois finit par donner de magnifiques grappes de raisin! La jeune religieuse ayant désormais donné suffisamment de preuves de son humilité, elle est admise à faire profession. Avec ses sœurs, la nouvelle professe peut sortir pour secourir les pauvres et les malades; elle a pour cela un véritable don.

Comprenant la valeur de la souffrance portée avec amour, sainte Rita s’impose de rudes pénitences. Ce qu’elle désire, c’est la communion aux souffrances du Christ qui sont le prix de notre salut. Et voici que lors d’un carême, saint Jacques de la Marche, un religieux franciscain, vient prêcher à Cascia. Le Vendredi saint, comme il commente avec un réalisme saisissant les douleurs de la Passion, sainte Rita est poussée à demander qu’au moins une des épines de Sa couronne vienne blesser son front… et voilà qu’une des épines du grand crucifix de l’église vient se ficher sur son front. La plaie ne guérit pas et répand une odeur intolérable. Si bien que sainte Rita doit être reléguée dans une cellule au fond d’un couloir.

            L’odeur disparaît en 1450 le temps d’un pèlerinage à Rome. C’était une année jubilaire. Rita est donc envoyée par l’abbesse à la tête d’un groupe de sœurs. Relevons ce petit fait : comme en chemin les sœurs se demandaient si elles auraient assez d’argent pour aller jusqu’au bout, sainte Rita voit dans cette inquiétude un manque de confiance en la Providence et elle jette toutes leurs pièces de monnaie dans un torrent. Or on ne maqua de rien, pas plus au retour qu’à l’aller.

De retour à Cascia, le stigmate de l’épine réapparaît et l’odeur avec. Sainte Rita reprend donc sa vie de recluse, méditant sans cesse la Passion du Sauveur dans un jeûne quasi-total, ne se nourrissant que de l’Eucharistie.

Au cœur de l’hiver 1457, la terre est couverte de neige. Sœur Rita est au plus mal, or elle demande qu’on lui apporte une rose du jardin. On croit qu’elle délire, mais on trouve un rose splendide et délicieusement parfumée. Une bouture de ce rosier a été plantée dans le jardin du monastère et, depuis cinq siècles, l’arbuste vit toujours, signe des nombreuses grâces obtenues par son intercession. Rita achève sa vie terrestre le 22 mai 1457. Elle a 76 ans et va rejoindre Celui qu’elle a si fidèlement servi.

Son corps est toujours parfaitement conservé depuis plus de 560 ans.

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