Le Bon Dieu est pour moi une tendre Mère !

29 mai 2017 : Bienheureuse Elia [1] (Fr. Jean)

Teodora naît le 17 janvier 1901 à Bari, capitale des Pouilles, en Italie. Elle est baptisée par un oncle prêtre et confirmée à ses 2 ans. La maman a eu neuf enfants dont trois sont morts en bas âge. Les deux époux sont des modèles de vie chrétienne dans l’éducation de leurs enfants. En 1905, la famille déménage, et dans le jardin de la nouvelle maison, la petite, âgée de 4 ou 5 ans, a la vision d’une belle dame qui se promène entre des lis. La Dame cueille un petit lis et le serre contre son cœur. Dora (comme on l’appelle) en parle à sa maman qui lui explique : « Tu as vu Marie, la Mère du Ciel ». À partir de ce moment-là, Dora prend la décision d’être moniale. On la place dans un jardin d’enfants tenu par des religieuses dominicaines. Là, elle fait une sérieuse préparation à sa première communion prévue pour le 8 mai 1911. La veille, elle rêve de la Servante de Dieu Thérèse de l’Enfant-Jésus (qui sera canonisée en 1925, et qui avait fait aussi sa première communion un 8 mai, en 1884). Sainte Thérèse lui prédit : « Tu seras moniale comme moi ». Et elle l’appelle par ce qui deviendra son nom : “Sœur Elia”. Elle lui annonce que, comme la sienne, sa vie sera très courte. Teodora appelle dorénavant Thérèse “ma très chère Amie du ciel”. Dans son école, Dora fréquente aussi un atelier de couture et de broderie. Elle fait partie d’une association pieuse dédiée à la bienheureuse Imelda Lambertini que nous avons fêtée dernièrement. Teodora réunit des compagnes dans sa petite chambre pour prier, lire l’évangile et des vies de saints, notamment “L’histoire d’une âme” de la petite Thérèse. Avec une précocité surprenante, elle fait preuve d’un zèle apostolique qui se traduit envers les ouvriers de l’atelier dirigé par son père, qu’elle assiste lorsqu’ils sont malades, confectionnant des petits présents pour les nouveau-nés, donnant des leçons de catéchisme. Ce comportement et sa bonne influence sur les autres enfants attirent l’attention d’une de ses maîtresses, et son confesseur l’oriente vers le Tiers-Ordre dominicain, où elle est admise comme novice le 20 avril 1914 et elle fait profession le 14 mai 1915, avec dispense d’âge – elle avait 14 ans. Les malheurs de ce temps de guerre (1914-1918) sont pour elle l’occasion d’intensifier son apostolat. En 1917 un nouveau confesseur et directeur de conscience jésuite l’oriente vers les carmélites.

En 1918, elle fait une première visite au carmel saint Joseph de Bari et, pendant l’année 1919, elle se prépare avec ardeur à y entrer, ce qui se réalise le 8 avril 1920. Le 24 novembre de la même année, elle prend l’habit avec le nom de sœur Elia de saint Clément. S’ensuivent les premiers vœux le 4 décembre 1921. En 1924 avec l’autorisation de son Directeur spirituel, elle écrivit avec son sang l’offrande du « vœu le plus parfait ». Elle fit ses vœux solennels le 11 février 1925. Dès le début, sa vie religieuse a été difficile, mais l’épreuve la plus dure a suivi sa nomination comme formatrice au métier à tisser du pensionnat attenant au carmel. Elle est compréhensive et pleine de bonté pour les jeunes filles dont elle s’occupe, mais la sœur directrice est pour la méthode autoritaire et regarde d’un mauvais œil la méthode de sœur Elia ; au bout de deux ans, elle finit par la faire écarter. La sœur, désormais, passe la plus grande partie de son temps en cellule à effectuer des travaux de couture. Heureusement, la Mère Prieure du carmel lui garde sa confiance et elle reçoit aussi un grand réconfort du Procureur Général des Carmes, le Père Hélie, avec lequel elle entretient une correspondance. Elle écrit entre autre : « Je compris que pour conduire les âmes à Dieu, il n’était pas nécessaire d’accomplir de grandes œuvres, plus encore, c’était même l’immolation de toute ma personne que me demandait le bon Jésus… »

En janvier 1927, elle a une forte grippe qui la laisse très affaiblie, avec des maux de tête pour lesquels elle ne prend pas de calmants. Elle avait prédit : « Je mourrai un jour de fête ». Elle parcourut les derniers moments de son chemin en composant des poésies pour l’Epoux présent dans l’Eucharistie, et en rassurant les siens du bonheur dont elle jouissait à plaire à son Aimé. « Le Bon Dieu est pour moi une tendre mère« .  Le 21 décembre de la même année, son état s’aggrave et, la veille de Noël, le médecin diagnostique une méningite, mais ne juge pas la situation alarmante. Pourtant, le lendemain, jour de Noël, sœur Elia de saint Clément s’éteint à midi. Ses funérailles sont célébrées le jour suivant par l’archevêque de Bari.

Sœur Elia a souvent été appelée “la petite sainte Thérèse d’Italie.”

Après avoir entendu les paroles de Jésus : « Courage, moi j’ai vaincu le monde » et avec l’exemple de la Bienheureuse Elia préparons nous avec espérance et confiance à la grande fête de Pentecôte.

[1]http://www.abbaye-saint-benoit.ch/hagiographie/fiches/f0735.htm

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