Notre Seigneur premier servi !

Vendredi 30 mai 2017 : Sainte Jeanne d’Arc (Fr. Joseph)

Jeanne d’Arc est laïque et consacrée dans la virginité; elle est mystique et engagée dans la réalité la plus dramatique de l’Eglise et du monde.

Elle naît à Domremy. Ses parents sont des paysans aisés, connus comme d’excellents chrétiens. Elle ne sait ni lire ni écrire, mais Jeanne reçoit de ses parents une bonne éducation religieuse, avec une influence importante de la spiritualité du Nom de Jésus, enseignée par saint Bernardin de Sienne. Au Nom de Jésus est toujours uni le Nom de Marie. Ainsi, la spiritualité de Jeanne est profondément christocentrique et mariale. Depuis l’enfance, elle démontre une grande charité et compassion envers les pauvres, les malades, les souffrants, dans le contexte dramatique de la guerre.

A l’âge de 13 ans, à travers la «voix» de l’archange saint Michel, elle se sent appelée par le Seigneur à intensifier sa vie chrétienne ainsi qu’à s’engager pour la libération de son peuple. Sa réponse immédiate, son «oui», est le vœu de virginité, avec un nouvel engagement dans la vie chrétienne : Messe quotidienne, confession et communion fréquentes, longs temps de prière silencieuse devant le Crucifix ou l’image de la Vierge. L’un des aspects les plus originaux de la sainteté de cette jeune fille est ce lien entre l’expérience mystique et la mission politique. Après les années de vie cachée et de maturation intérieure suivent deux années de vie publique: une année d’action et une année de passion.

En 1429, Jeanne entame son œuvre de libération. Cette jeune fille de 17 ans se montre forte et décidée, capable de convaincre des hommes incertains et découragés. Surmontant tous les obstacles, elle rencontre le Dauphin de France, le futur roi Charles VII, qui la soumet à un examen mené par plusieurs théologiens de l’université. Leur avis est positif.

Le 22 mars 1429, Jeanne dicte une importante lettre au roi d’Angleterre et à ses hommes qui assiègent la ville d’Orléans. Elle propose une véritable paix dans la justice entre les deux peuples français et anglais, mais elle est rejetée. Jeanne doit s’engager dans la lutte pour la libération de la ville, qui advient le 8 mai. L’autre moment culminant de son action politique est le couronnement du roi Charles VII à Reims, le 17 juillet 1429. Pendant toute une année, Jeanne vit avec les soldats, accomplissant au milieu d’eux une vraie mission d’évangélisation. Elle est pleine de bonté, courageuse et d’une extraordinaire pureté. Elle est appelée par tous et elle-même se définit comme «la pucelle», c’est-à-dire la vierge.

La passion de Jeanne débute le 23 mai 1430, lorsqu’elle tombe prisonnière entre les mains de ses ennemis. Elle est conduite à Rouen. C’est là que se déroule le long et dramatique Procès de condamnation, qui dure 4 mois. C’est un procès solennel, présidé par deux juges ecclésiastiques, l’évêque Pierre Cauchon et l’inquisiteur Jean le Maistre, avec un bon groupe de théologiens de l’université de Paris, qui participent au procès comme assesseurs. Elle est accusée et jugée par eux, jusqu’à être condamnée comme hérétique et envoyée à la mort terrible sur le bûcher.

L’appel de Jeanne au jugement du Pape est rejeté. Le matin du 30 mai 1431, elle reçoit pour la dernière fois la Communion, et est immédiatement conduite au supplice sur la place du vieux marché. Elle demande à l’un de ses prêtres de tenir devant le bûcher une croix de procession. C’est ainsi qu’elle meurt en regardant Jésus Crucifié et en prononçant plusieurs fois et à haute voix le Nom de Jésus. Environ vingt-cinq ans plus tard, un Procès de réhabilitation, ouvert sous l’autorité du Pape Calixte III, se conclut par une sentence solennelle qui déclare nulle sa condamnation. Jeanne d’Arc sera canonisée 5 siècles plus tard, en 1920.

   Le Nom de Jésus invoqué par Jeanne était comme le souffle de son âme, comme le battement de son cœur, le centre de toute sa vie. Jésus est toujours à la première place dans sa vie, selon sa belle expression: «Notre Seigneur premier servi». Avec le vœu de virginité, Elle consacre de manière exclusive toute sa personne à l’unique Amour de Jésus: c’est «la promesse qu’elle a faite à Notre Seigneur de bien garder sa virginité de corps et d’âme». La virginité de l’âme est l’état de grâce, valeur suprême: c’est un don de Dieu qui doit être reçu et conservé avec humilité et confiance : «Interrogée si elle sait d’être en la grâce de Dieu, elle répond: “Si je n’y suis, Dieu m’y veuille mettre; et si j’y suis, Dieu m’y veuille tenir”»

   Notre sainte vit la prière sous la forme d’un dialogue permanent avec le Seigneur, qui illumine également son dialogue avec les juges. Elle demande au Seigneur de lui révéler comment elle doit répondre à ces gens d’Eglise.

   Sur son étendard, elle fait peindre l’image de «Notre Seigneur tenant le monde»: elle est un bel exemple de sainteté pour les laïcs engagés dans la vie politique, en particulier dans les situations les plus difficiles.

   En Jésus, Jeanne contemple également toute l’Eglise. Elle dit «c’est tout un de Notre Seigneur et de l’Eglise». Dans l’Amour de Jésus, Jeanne trouve la force d’aimer l’Eglise, même au moment de sa condamnation.

   Jeanne d’Arc a eu une profonde influence sur sainte Thérèse de l’EnfantJésus. Dans une vie passée dans la clôture, la carmélite de Lisieux se sentait très proche de Jeanne, vivant au cœur de l’Eglise et participant aux souffrances du Christ pour le salut du monde. L’Eglise les a réunies comme patronnes de la France, après la Vierge Marie.

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