Prenez votre part au relèvement du monde !

10 mai 2017 : Sainte Solange et saint Jean d’Avila (Fr. Clément-Marie)

 

Sainte Solange est née vers l’an 863 à Saint Martin du Crot (aujourd’hui Sainte-Solange, dans le Cher, au lieu-dit Villemont). Elle passait ses journées aux saines activités d’alors, à garder les moutons de son père, qui était berger, tout en filant, et en priant devant le petit oratoire qu’elle s’y était fait. L’histoire de sainte Agnès, apprise à la maison, l’avait marquée. À l’adolescence, elle était d’une grande beauté. Elle voulait se consacrer pleinement à Dieu. Un jour vers ses 17 ans, tandis qu’elle était aux prés, arriva Bernard de Gothie, fils du comte de Poitiers, qui la prit de force sur son cheval. Solange résista et en se débattant les fit tous deux tomber du cheval dans un ruisseau. Il espéra que l’eau lui permettrait de mieux accomplir son forfait. Elle sortit pour s’enfuir, mais il la poursuivit et, de rage, l’ayant rattrapée, lui trancha la tête. Dieu permit, comme pour d’autres martyrs, que la tête de Solange, bien que séparée de son corps, invoquât encore trois fois le saint Nom de Jésus. Après quoi, Solange, décapitée, prit sa tête dans ses mains et la porta jusqu’à l’église Saint-Martin, témoignant ainsi de la puissance de Dieu qui se déploie dans la faiblesse. Sainte Solange est la seconde patronne du Berry. Dans notre actualité, et au regard de la vie de cette jeune sainte française, rappelons ce que disait Jean-Paul II aux jeunes à Lyon, en 1986 : « Et vous, chers jeunes, dès maintenant, à votre âge, là où vous êtes, prenez votre part au relèvement du monde. D’abord préparez-vous à y jouer un rôle, un rôle de service, par toutes les compétences humaines, scientifiques, techniques que vous êtes en train d’acquérir à l’école, à l’université ou dans votre apprentissage. Et surtout, fortifiez en vous les valeurs morales de droiture du cœur, de loyauté, de pureté, de respect des autres, d’esprit de service, de don de soi, d’endurance dans l’effort, sans lesquelles le changement matériel et technique du monde n’aboutirait pas à un progrès. On le voit dans certains pays qui ont cru progresser en changeant de régime politique ou économique sans élever la valeur morale des personnes. »[1]

 

Nous fêtons également en ce 10 mai saint Jean d’Avila. Il est né en 1499 dans une famille noble de Castille, près de Tolède, de parents qui étaient des juifs convertis. Très brillant, il commença des études de droit à Salamanque, mais il passa rapidement à l’université d’Alcala où il fut diplômé en théologie et philosophie. Il perdit ses parents au cours de ses études, et, ordonné prêtre en 1525, il célébra sa première messe dans l’église où étaient enterrés ses parents et il distribua toute sa part d’héritage aux pauvres. En 1527 il projeta de partir pour le Mexique comme missionnaire, mais devant son zèle et ses talents, l’évêque de Séville le chargea d’organiser des missions populaires dans toute l’Andalousie pour raviver la foi dans ses terres : l’influence de sa prédication fut immense. Il fut l’ami de saint Ignace de Loyola, il favorisa le développement et la diffusion des jésuites en Espagne ; il a soutenu sainte Thérèse d’Avila dans son œuvre de réforme de l’ordre des carmélites et encouragé saint Jean de Dieu pour la fondation de l’ordre hospitalier de saint Jean de Dieu ; c’est une de ses homélies, prononcée pour les funérailles de l’impératrice-reine Isabelle, l’épouse de Charles Quint, en 1539, qui a provoqué la conversion de saint François Borgia qui abandonna la charge de vice-roi de Catalogne pour devenir membre de la Compagnie de Jésus. Il jouera un rôle important au concile de Trente, et aura une influence décisive pour la mise en œuvre des séminaires en Espagne. Il fut l’un des maîtres spirituels de son temps. Accusé de rigorisme, et malgré l’extrême clairvoyance de sa théologie, il fut faussement accusé d’hérésie auprès de l’Inquisition. Il passa un peu plus d’un an en prison, où il continua à écrire. Lorsque son innocence fut reconnue, il remercia les juges d’avoir voulu le perdre et de lui avoir ainsi fait partager un temps la vie du Divin crucifié.

Il mourut le 10 mai 1569 à l’âge de 70 ans. Il fut canonisé par Paul VI en 1970, et déclaré docteur de l’Église le 7 octobre 2012 par Benoît XVI.

Saint Jean d’Avila a vécu toute la période de la Réforme protestante. En 1561, dans un mémoire adressé au Concile de Trente, Jean d’Avila écrivait : « Une des causes, et non mineures, pour laquelle beaucoup de chrétiens ont perdu la foi, c’est la faiblesse de l’enseignement qu’ils ont reçu : ils ont été si peu instruits de la foi, si peu affermis en elle, si peu captivés par ses mystères, que la première erreur venue a pu les persuader facilement, comme des gens sans attaches solides avec la vérité. »[2] Que son exemple nous pousse à enseigner la beauté de la foi, et à en vivre, pour donner de solides attaches avec la vérité qui est Jésus lui-même.

[1] JEAN-PAUL II, Discours aux jeunes au stade Gerland, 5 octobre 1986

[2] Jean d’AVILA, Second mémoire au concile de Trente, (1561), dans Obras completas del Santo Maestro Juan de Avila, tome VI, Madrid, La Editorial Catolica, 1971, page 146

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