St Augustin de Cantorbéry, fondateur de l’Eglise d’Angleterre

27 mai 2017 : Saint Augustin de Cantorbéry (Frère Jean-Régis)

Aux Vème et VIème siècles, l’île de la Grande-Bretagne, évangélisée dès les premiers siècles du christianisme, était retombée dans le paganisme à la suite de l’invasion des Saxons. Le jeune roi de Kent, Ethelbert, en épousant Berthe, arrière petite-fille de Clovis, subissait une salutaire influence qui le préparait à recevoir le don de la foi. Le pape Grégoire le Grand jugea le moment opportun pour tenter l’évangélisation de l’Angleterre qu’il souhaitait depuis longtemps. Pour réaliser cet important projet, le souverain pontife choisit le moine Augustin alors prieur du monastère de Saint André à Rome. On ne sait absolument rien de la vie de saint Augustin de Cantorbéry avant ce printemps 596, où pour obéir aux ordres du pape saint Grégoire le Grand qui avait été son abbé dans le passé, il dut s’arracher à la vie paisible de son abbaye avec quarante de ses moines pour devenir missionnaire. A Lérins, première étape des moines missionnaires, lorsqu’on leur rapporta la cruauté des Saxons elle effraya tellement les compagnons d’Augustin, qu’ils le prièrent de solliciter leur rappel du pape. Augustin dut retourner à Rome pour supplier saint Grégoire de dispenser ses moines d’un voyage si pénible, si périlleux et si inutile. Le souverain pontife renvoya Augustin recommandant aux moines de ne pas se laisser terrifier par tous les racontars et les encouragea à souffrir généreusement pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Ainsi stimulés, les religieux reprirent courage, se remirent en route et débarquèrent sur la plage méridionale de la Grande-Bretagne.

Saint Augustin et ses compagnons étaient assidus à la prière, aux sacrifices et aux jeûnes. Ils prêchaient la parole de vie à tous ceux qu’ils abordaient, se comportant en tout selon la sainte doctrine qu’ils propageaient, prêts à tout souffrir et à mourir pour la vérité. La simplicité de leur vie, la douceur de leur enseignement, parurent des arguments invincibles aux Saxons qui embrassèrent le christianisme en grand nombre. Le noble et vaillant Ethelbert demanda lui aussi le baptême qu’il reçut des mains de saint Augustin. Sa conversion amena celle d’une grande partie de ses sujets. Comme saint Grégoire le Grand lui recommanda de le faire, le roi proscrivit le culte des idoles, renversa leurs temples et établit de bonnes mœurs par ses exhortations, mais encore plus par son propre exemple. Le roi abandonna son propre palais de Cantorbéry au nouvel archevêque. A côté de cette royale demeure, on construisit une basilique destinée à devenir la métropole de l’Angleterre. Saint Augustin en devint le premier archevêque et le premier abbé. En le nommant primat d’Angleterre, le pape saint Grégoire le Grand lui envoya douze nouveaux auxiliaires. Le pape lui donna également le pouvoir d’ordonner d’autres évêques afin de constituer une hiérarchie régulière dans ce nouveau pays catholique. Il le constitua aussi métropolitain des douze évêchés qu’il lui ordonna d’ériger dans l’Angleterre méridionale. Saint Grégoire le Grand entretint avec saint Augustin une correspondance abondante. Même après sa consécration archiépiscopale, saint Augustin voyageait en véritable missionnaire, toujours à pied et sans bagage, entremêlant les bienfaits et les prodiges à ses prédications. La mission ne fut pas cependant sans difficultés. Rebelles à la grâce, les Saxons de l’Ouest refusèrent d’entendre saint Augustin et ses compagnons, les accablèrent d’avanies et d’outrages et allèrent jusqu’à attenter à leur vie afin de les éloigner. Saint Augustin ne fut pas appelé à verser son sang pour arroser et féconder cette église naissante. Elle le sera 500 ans plus tard avec le saint évêque Thomas Becket assassiné dans sa cathédrale de Cantorbéry. Saint Augustin peut être considéré à juste titre comme le fondateur de l’Eglise d’Angleterre.

Prions en ce jour pour toute cette Église blessée et meurtrie par la division. Que le Saint-Esprit lui envoie de nouveaux missionnaires pour qu’elle retrouve le don de l’unité dans la vérité et la charité. En cette neuvaine nous préparant à la Pentecôte, entrons plus intensément dans l’esprit du cénacle : que nous vivions comme les apôtres autour de la Vierge Marie implorant la venue et le don du Saint Esprit en nos cœurs. Laissons-nous embraser du même zèle missionnaire qui habitait le cœur de saint Grégoire le Grand et de saint Augustin de Cantorbéry. Ne cédons ni à la crainte, ni aux racontars, ni à la peur, mais soyons des missionnaires ardents et déterminés pour faire connaître et aimer Jésus, notre unique Rédempteur.

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