Viens, et tu verras !

3 mai 2017 : Saint Jacques et Saint Philippe (Fr. Xavier)

Les apôtres Philippe et Jacques sont célébrés ensemble car selon une tradition leurs reliques furent déposées à Rome un 3 mai au VIème  siècle dans la basilique des Douze apôtres.

Saint Jacques le mineur est appelé  « frère du Jésus », car il lui est lié par la parenté. Il est en effet le fils de Marie de Cléophas, nièce de la sainte Vierge. D’après les visions de la bienheureuse Anne-Catherine Emmerich, il était le frère de des apôtres Simon et Jude Thaddée.

Saint Jacques fut d’abord disciple de Saint Jean-Baptiste. Jacques le mineur était aussi essénien et donc un peu préparé par eux à comprendre  certaines pensées de Jésus notamment sur la chasteté parfaite. Saint Jacques était présent aux noces de Cana. Il fut ensuite choisi par Jésus comme apôtre. Saint Paul dit qu’il fut favorisé d’une apparition du Ressuscité (cf. 1 Co 15, 7).

Devenu évêque de Jérusalem,  il jouit d’une autorité considérable. Sa sainteté, sa pureté et sa piété feront qu’il sera très vénéré même chez les juifs. Mais les pharisiens et d’autres juifs inquiets devant l’expansion de cette nouvelle religion voulurent lui faire renier sa foi. Devant son refus, ils le jetèrent du haut du Temple et l’achevèrent à coup de pierres et de bâtons. Il mourut en demandant pardon pour ses ennemis.

Saint Philippe, 5ème dans la liste des apôtres, est de la même région que Pierre et André, c’est-à-dire de Betsaïde. Anne-Catherine Emmerich nous dit que ce fut André qui le conduisit à Jésus pour être disciple. Mais Philippe était humble et timide, il hésitait alors Jésus lui dit : « Viens et suis moi ». Philippe en fut tout joyeux. Ensuite nous savons par l’évangile selon Saint Jean (cf. Jn 1,35-46) qu’il entraîna Nathanaël à venir voir Jésus, le Messie, alors que celui-ci  disait pourtant : « Que peut-il sortir de bon de Nazareth ? ». Philippe lui répliqua avec conviction : « Viens et tu verras ».

A un autre moment, avant la Passion, plusieurs Grecs qui se trouvaient à Jérusalem pour la Pâque « abordèrent Philippe… Ils lui firent cette demande: “Nous voudrions voir Jésus”. Philippe va le dire à André; et tous deux vont le dire à Jésus » (Jn 12, 20-22).

Enfin, nous retrouvons Philippe lors de la dernière Cène. Jésus ayant affirmé que Le connaître signifiait également connaître le Père (cf. Jn 14, 7), presque naïvement Philippe lui demanda: « Seigneur, montre-nous le Père; cela nous suffit » (Jn 14, 8). Jésus lui répondit avec un ton de reproche bienveillant: « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père?”. Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi?… Croyez ce que je vous dis : je suis dans le Père, et le Père est en moi » (Jn 14, 9-11).

Selon certaines traditions, Philippe aurait évangélisé la Grèce et la Phrygie. C’est là qu’il aurait affronté la mort, à Héliopolis, par le supplice de la crucifixion ou de la lapidation.

Les apôtres ne sont pas seulement les colonnes de l’Eglise mais ils en sont les canaux par lesquels nous vient la sève du Christ, nous vient sa vie. Tout nous vient par les apôtres. C’est pourquoi on parle de l’Eglise apostolique, des Ecrits apostoliques, de la Tradition apostolique. Jésus ne nous a pas laissé d’écrits de sa main mais Il nous a laissé ses apôtres, témoins et envoyés par Lui pour L’annoncer jusqu’à la fin des temps.

Aujourd’hui, Saint Jacques et Saint Philippe nous engagent à connaître Jésus de près. Rappelons-nous  la réponse de Philippe à Nathanaël qui était dubitatif par rapport à Jésus : Viens et tu verras. Nous aussi ne nous laissons pas impressionner par les réactions de nos contemporains face à Jésus. Avec enthousiasme, fermeté et conviction entraînons-les vers Jésus.

Benoît XVI nous disait dans la catéchèse qu’il a consacrée à Saint Philippe : « L’Apôtre nous engage à connaître Jésus de près. En effet, l’amitié, la véritable connaissance de l’autre, a besoin de la proximité,  d’« apprendre le Christ » (4, 20), et donc pas seulement et pas tant écouter ses enseignements, ses paroles, mais davantage encore, Le connaître en personne; c’est-à-dire connaître son humanité et sa divinité, son mystère, sa beauté. Comment pourrions-nous le connaître à fond en restant éloignés ? L’intimité, la familiarité, l’habitude nous font découvrir la véritable identité de Jésus Christ. Voilà: c’est précisément cela que nous rappelle l’apôtre Philippe. Et ainsi, il nous invite à « venir », à « voir », c’est-à-dire à entrer dans une relation d’écoute, de réponse et de communion de vie avec Jésus, jour après jour. » 

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