Ad majorem Dei gloriam !

Lundi 31 juillet 2017 : Saint Ignace de Loyola (Fr. Joseph)

Fondateur de la Compagnie de Jésus (✝ 1556)

Né en Espagne d’une famille noble, dernier de 13 enfants, Ignace est d’abord page à la cour puis chevalier rêvant d’exploits.

En 1521, les Français assiègent Pampelune. Il s’illustre parmi les défenseurs de la ville quand un boulet de canon lui broie la jambe et brise sa carrière. Il rentre au château familial sur un brancard. Ayant épuisé les récits de chevalerie, il entame la Vie du Christ et la vie des saints. Il remarque alors ce qui se passe en lui : « Quand je pense à ce qui est du monde, je m’y complais beaucoup, mais quand je cesse d’y penser, je me trouve aride et insatisfait ; en revanche, quand je rêve d’aller à Jérusalem nu-pieds, de me livrer à toutes les austérités comme les saints, même après avoir quitté [ces pensées], je reste satisfait et allègre. ». Il voit en songe lui apparaître « Notre-Dame avec le Saint Enfant Jésus », il rejette « sa vie passée et spécialement les choses de la chair ». Il se rend à l’abbaye bénédictine de Montserrat où, dans la nuit du 24 mars 1522, dans un geste de rupture avec sa vie passée, il accroche ses habits militaires et ses armes devant la statue de la Vierge noire. Désormais, il sera vêtu d’un simple tissu, avec une corde en guise de ceinture.

Il passe alors une année en solitaire dans une grotte à Manrèse, non loin de Montserrat. Il y découvre sa vocation propre: « Ad majorem Dei gloriam » = « Pour une plus grande gloire de Dieu ». Il comprend qu’il sera plus au service de la gloire de Dieu en unissant contemplation et mission qu’en étant donné à la pure contemplation. Pour nous cela est important, car c’est au cours d’une retraite prêchée par un jésuite que Notre Mère s’est décidée pour l’équipe ND de Neiges, renonçant à la vie purement contemplative des sœurs du Cénacle.

Durant cette année à Manrèse, Ignace note ses expériences spirituelles qui vont donner les exercices spirituels.

Après une autre année passée à Jérusalem, recherchant les traces de Jésus qu’il veut toujours « mieux connaître, imiter et suivre », il a 37 ans et il se met aux études qui vont durer 11 ans : d’abord en Espagne puis à Paris. Il reprend tout à la base, il apprend les déclinaisons latines avec les gamins de Paris ! Il est ardent et sait faire partager ce qu’il a lui-même vécu à Manrèse. Plusieurs compagnons vont être conquis au service de Notre Seigneur et des âmes. Quelque temps plus tard, le 15 août 1534, l’étudiant attardé de 43 ans et ses 6 jeunes amis étudiants font à Montmartre, le vœu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance.

Ils veulent tous vivre dans la pauvreté au service des hommes et être prêtres. Mais où ? A Jérusalem, si c’est possible. Sinon, ils iront à Rome, se présenter au Pape « afin qu’il les envoie là où il jugerait que ce serait le plus favorable à la gloire de Dieu et utile aux âmes ». Le départ à Jérusalem s’avérant impossible, ils vont à Rome. A une quinzaine de kilomètres de la ville, au lieu dit La Storta, Ignace entre dans une chapelle pour prier :il y reçoit une grâce insigne. Il sent « un tel changement dans son âme et voit si clairement que Dieu le Père le met avec le Christ son Fils qu’il n’aura jamais l’audace de douter de cela, à savoir que Dieu le Père le mettait avec son Fils » (Récit).

À Rome, le Pape Paul III règne sur une capitale en crise, en butte à la corruption généralisée et toute l’Eglise est profondément ébranlée par la fulgurante progression de la Réforme protestante. Paul III voit rapidement tout le profit à tirer de cette nouvelle société de prêtres savants, intègres et d’un immense zèle pour une authentique réforme. Il reçoit Ignace et ses compagnons venus faire leur « oblation » au pape. Celui-ci leur ordonne de travailler à Rome qui sera leur Jérusalem.

Le 27 septembre 1540, Paul III signe la bulle d’approbation de ce qui deviendra les constitutions des jésuites. Dès lors Ignace, après avoir récusé deux fois le vote de ses compagnons, accepte la charge de Préposé Général.

Le Pape les envoie aux points chauds de la Réforme protestantes. On réclame des collèges. Ignace trouve également le temps de prêcher, confesser, créer des œuvres : maisons pour catéchumènes juifs ou mahométans, il fonde un refuge pour les « femmes errantes », organise des quêtes pour les pauvres, les prisonniers insolvables

Dans les exercices spirituels, s. Ignace met d’abord en face de la réalité du salut ou de la damnation. Ses méditations su l’enfer sont concrètes et font prendre au sérieux les choix de nos vies. C’est un appel très clair à la conversion. Cela s’accorde parfaitement à la vison de l’enfer que la Ste Vierge a donnée aux enfants de Fatima.

Puis, dans la suite des exercices, il met en présence de Notre Seigneur et de son appel. Jésus appelle au chemin du renoncement en vue de la béatitude, tandis que le diable propose la facilité et le terme est la perte.

Mais la religion de s Ignace n’est pas dominée par la crainte, mais par le zèle ardent pour Notre Seigneur et pour les âmes. Si des hommes sont capables de supporter de grandes exigences pour répondre à l’appel d’un roi temporel, combien plus doivent l’être les fidèle qui répondent à l’appel du roi des cieux.

Il faut aussi se rappeler que la dernière méditation des exercices s’intitule « Ad Amorem » : c’est en effet l’amour qui est le grand moteur de la réponse à Notre Seigneur.

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