Dieu, France et Marguerite !

Vendredi 25 août 2017 : Saint Louis IX de France (Frère Paul)

Louis IX est né le 25 avril 1215 à Poissy et c’est là qu’il fut baptisé. Toute sa vie il aura soin de se rappeler du jour de son baptême et il voulut manifester que la grâce du baptême était son plus glorieux titre de noblesse en utilisant pour signature : Louis de Poissy.

Sa mère, Blanche de Castille, profondément pieuse, eut soin de le nourrir elle-même, ayant souci de sa croissance corporelle et spirituelle. Les siècles futurs retiendront d’elle ce saint avertissement : « Mon fils, je vous aime après Dieu plus que toutes choses ; cependant, sachez-le bien, j’aimerais mieux vous voir mort que coupable d’un seul péché mortel ». De fait, le jeune Louis développera bien vite de grandes vertus qui rendront son règne célèbre : l’égalité d’âme, l’amour de la justice et une tendre piété. À ceux qui lui reprochaient de passer trop de temps en prière il disait : « Les hommes sont étranges ; on me fait un crime de mon assiduité à la prière, et on ne dirait rien si j’employais des heures plus longues à jouer aux jeux de hasard, à courir les bêtes fauves, à chasser aux oiseaux ».

Son souci premier fut d’établir de règne de Dieu en France. Pour cela il n’eut pas peur de prendre des mesures énergiques telle que l’interdiction des jeux d’argent, du prêt d’intérêt, de la prostitution et la punition du blasphème ou encore la réforme interdisant le duel judiciaire. Ses contemporains furent frappés par son sens de la justice, sa profonde piété, sa grande charité envers les pauvres et sa constance dans l’adversité. Il lui arrivait d’inviter des pauvres à la table royale. Il dit un jour au Sire de Joinviller : « si je dépense beaucoup d’argent quelquefois, j’aime mieux le faire en aumônes faites pour l’amour de Dieu que pour frivolités et choses mondaines. Dieu m’a tout donné ce que j’ai. Ce que je dépense ainsi est bien dépensé ». Son sens de la justice restera gravé dans la mémoire du peuple français qui aime à le représenter rendant justice à l’ombre d’un vieux chêne près de son château à Vincennes. Sa renommée de sagesse s’étendit même au-delà des frontières du pays, si bien que les souverains de l’Europe, ayant eu vent de ses talents de diplomate et de juriste, eurent recours à lui comme arbitre pour des affaires complexes. De fait, il avait le grand souci de pacifier, de réconcilier les ennemis et d’éteindre les conflits, en particulier entre la France et l’Angleterre.

À vingt ans, il épousa Marguerite de Provence qui lui donna huit enfants. Leur amour, tendre, fidèle et pur est modèle pour les époux. Saint Louis avait fait graver sur son anneau cette devise : « Dieu, France et Marguerite ».

Comme le roi David au-devant de l’Arche d’Alliance, c’est avec une très grande joie et une profonde dévotion que saint Louis accueillit solennellement la sainte Couronne d’épines qu’il avait acquise auprès de l’empereur latin de Constantinople. Il la porta, pieds nus dans sa capitale et pour elle fit construire la Sainte-Chapelle qu’il voulut comme une châsse de lumière et de vitraux.

Son royaume connut une période de plein développement culturel, intellectuel et théologique. Saint Louis aimait recevoir à sa table saint Bonaventure et saint Thomas d’Aquin. En 1257 il fonda avec Robert de Sorbon la Sorbonne. Il suivit avec attention l’achèvement de la Cathédrale Notre-Dame, veillant particulièrement aux grandes rosaces et aux porches. Il fonda aussi des hôpitaux et des Monastères, donnant entre autre à sa sœur, la Bienheureuse Isabelle, le terrain de Longchamp pour y fonder une Abbaye de Clarisses.

À la suite d’une maladie mortelle, guéri miraculeusement, il obéit à une inspiration du Ciel qui l’appelait aux Croisades. Il partit pour délivrer la Terre Sainte en 1248. Dans son combat pour libérer les Lieux Saints, il montra une grande bravoure. Fait prisonnier par les Sarrasins, il fut retenu captif pendant une longue période. Il vécut sa captivité en union avec Jésus. Sa grandeur d’âme, sa foi et son courage ne manquèrent pas d’attirer l’admiration de ses détenteurs. Libéré et rentré en France, alors que la grande majorité des souverains considéraient peine perdue la libération du tombeau du Christ, saint Louis ne pouvait s’y résigner. Il rêvait de retourner en Terre Sainte et de convertir le sultan d’Égypte. Il n’ira pas plus loin que Carthage, l’actuelle Tunis, mourant de la peste aux pieds de la ville le 25 août 1270. Il a laissé à son fils son Testament, un véritable code de sainteté qui s’ouvre par ces mots : « Beau Fils, la première chose que je t’enseigne est que tu mettes tout ton cœur à aimer Dieu. Car sans cela nul ne peut se sauver. Garde-toi de faire chose qui à Dieu déplaise, c’est-à-dire mortel péché. Tu devrais même souffrir toutes manières de tourment plutôt que de pécher mortellement ».

Déjà considéré comme un saint de son vivant, saint Louis sera vénéré dès sa mort. Des miracles s’accomplirent sur le passage de sa dépouille et il fallut veiller à canaliser la foule qui venait, près de son tombeau, demander son intercession. Les Papes tinrent toutefois à ce que son procès de canonisation soit mené selon le droit. Huit années après sa mort, le Pape Nicolas III ouvrit publiquement son procès et c’est seulement vingt-sept ans après que le Pape Boniface VIII le canonisa sous le nom de Saint Louis de France.

Sa fête est pour nous l’occasion de prier pour notre pays la France, avec sa propre prière : « Dieu Tout-Puissant et éternel, qui avez établi l’empire des Francs pour être dans le monde l’instrument de vos divines volontés, le glaive et le bouclier de votre sainte Église, nous vous en prions, prévenez toujours et partout de votre céleste lumière, les fils suppliants des Francs, afin qu’ils voient ce qu’il faut faire pour réaliser votre règne en ce monde, et que pour accomplir ce qu’ils ont vu, ils soient remplis de charité, de force et de persévérance, par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Amen ».

source : reflexionchretienne.c-monsite.com

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