Restaurer toute chose dans le Christ

21 août 2017 : Saint Pie X (Fr. Clément-Marie)21

Joseph Sarto est né dans une famille très modeste de 10 enfants. Son père est facteur et sa mère couturière. À neuf ans, il confie déjà à sa mère son désir de devenir prêtre. À onze ans, au jour de sa première communion, il promet à Dieu de rester chaste et de se consacrer à son service. Il entre au séminaire de Padoue, où il étudie et il est ordonné prêtre en 1858 (année des apparitions à Lourdes). Vicaire de paroisse, puis curé, il est amateur de musique, et travaille à la restauration du chant grégorien. Il est nommé évêque de Mantoue par Léon XIII en 1884, et lui répond spontanément : « Il ne manquait plus que ça ! » Mais le pape maintient sa décision. Il est un modèle de simplicité et de fermeté dogmatique suivant la devise qu’il a choisie : « Tout restaurer dans le Christ ». Il assure lui-même au début au séminaire les cours de morale et de chant. En 1893, il est nommé patriarche de Venise. Mgr Sarto reste toujours pauvre, au service des humbles : « Né pauvre, disait-il, je veux vivre pauvre et mourir pauvre. »

En 1903, le Pape Léon XIII meurt et le 4 août, Mgr Sarto est élu Pape. Il choisit le nom de Pie en se référant aux saints pontifes qui, dit-il, « ont honoré ce nom par leurs vertus et qui ont défendu l’Eglise avec force et douceur. » Il fait preuve en effet d’une grande fermeté car il réfléchit longuement avant d’agir mais, comme le note son secrétaire d’état le cardinal Merry del Val, une fois qu’il a vu clair et que sa décision est prise, il abat le poing sur son bureau et dès lors rien ne saurait le faire changer. Son blason représente une ancre sur une mer agitée… Dès la première année, il veille à restaurer le chant sacré, notamment en le simplifiant. Il dit : « Je veux que mes enfants prient sur de la beauté. »

On connaît son œuvre en faveur de l’Eucharistie, en favorisant la communion fréquente, ainsi que la communion des petits enfants, après la longue influence du jansénisme. Il lance également la révision du droit canon et du bréviaire. En 1906, avec la lucidité des prophètes, il voit approcher la guerre et, malgré tous les efforts qu’il déploie en faveur de la paix, la guerre éclate en août 1914. Il priera ainsi : « Seigneur prenez ma misérable vie, mais arrêtez le massacre de tous mes enfants. » Cette angoisse, ainsi que le poids de sa charge ont raison de sa santé. Il meurt dans les jours qui suivent, le 19 août 1914.

En cette année, nous devons aussi mentionner le grand souci de saint Pie X pour la foi de l’Église, qui l’a amené à condamner avec fermeté le modernisme, à travers le décret Lementabili, et l’encyclique Pascendi Domini gregis, publiés en 1907. Voici quelques extraits significatifs de cette encyclique, dont les termes montreront l’actualité étonnante de son inquiétude : «  À la mission qui nous a été confiée d’en haut de paître le troupeau du Seigneur, Jésus-Christ a assigné comme premier devoir de garder avec un soin jaloux le dépôt traditionnel de la foi… (…) Ce qui exige surtout que Nous parlions sans délai, c’est que, les artisans d’erreurs, il n’y a pas à les chercher aujourd’hui parmi les ennemis déclarés. Ils se cachent et c’est un sujet d’appréhension et d’angoisse très vives, dans le sein même et au coeur de l’Église, ennemis d’autant plus redoutables qu’ils le sont moins ouvertement. (…) [Ils] se posent, au mépris de toute modestie, comme rénovateurs de l’Église… (…) Et comme une tactique des modernistes (…), tactique en vérité fort insidieuse, est de ne jamais exposer leurs doctrines méthodiquement et dans leur ensemble, mais de les fragmenter en quelque sorte et de les éparpiller çà et là, ce qui prête à les faire juger ondoyants et indécis, quand leurs idées, au contraire, sont parfaitement arrêtées et consistantes, il importe ici et avant tout de présenter ces mêmes doctrines sous une seule vue, et de montrer le lien logique qui les rattache entre elles. Nous Nous réservons d’indiquer ensuite les causes des erreurs et de prescrire les remèdes propres à retrancher le mal. »[1]

Le Pape décrit ensuite la pensée moderniste, et il vaudrait la peine de relire entièrement ce texte. Plus loin dans l’encyclique, il ajoute : « Il leur importe de rester au sein de l’Église pour y travailler et y modifier peu à peu la conscience commune : avouant par là, mais sans s’en apercevoir, que la conscience commune n’est donc pas avec eux, et que c’est contre tout droit qu’ils s’en prétendent les interprètes. Ainsi, Vénérables Frères, la doctrine des modernistes, comme l’objet de leurs efforts, c’est qu’il n’y ait rien de stable, rien d’immuable dans l’Église. »[2]

Prions saint Pie X pour notre Église dont il a été un admirable et fidèle pasteur. Qu’il nous aide, à sa suite, comme le dit l’oraison de sa fête, à « imiter son courage apostolique », à « défendre la foi catholique, et fonder toutes choses dans le Christ. »

[1] PIE X, Pascendi Domini gregis, nº 1, 2, 4

[2] PIE X, Pascendi Domini gregis, nº 37-38

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