Courons avec confiance vers le sacrement de pénitence où le Seigneur nous attend !

23 septembre 2017 : Saint Pio (Fr. Clément-Marie)

Francesco Forgione naît en 1887 à Pietrelcina, petit village pauvre de Campanie (Italie). Sa famille est très modeste. Il entre à 16 ans chez les Capucins à Morcone où il reçoit le nom de Pio. Ses études sont souvent interrompues à cause de sa faible santé et à cause de cela il change souvent de couvent. Considéré pratiquement comme mourant, il est ordonné prêtre le 10 août 1910. À sa première messe son confesseur lui dit : « Tu n’as pas beaucoup de santé. Tu ne peux pas être un prédicateur. Je te souhaite donc d’être un grand confesseur. » En 1916, il est nommé au couvent de San Giovanni Rotondo, où il restera jusqu’à sa mort. En 1918, il est marqué par les plaies de la Passion comme son patron Saint Franç23ois d’Assise. Durant 50 ans il portera ces stigmates qui non seulement le font beaucoup souffrir, mais qui l’humilient à en mourir parce qu’ils sont visibles. Et il supplie le Seigneur de les lui retirer tout en lui laissant intégralement la douleur.

Pendant plus de 50 ans, il passera quotidiennement entre 15 à 19 heures au confessionnal. Il apporte la paix aux âmes troublées par le péché. Par lui s’exerce la miséricorde du Seigneur. Il a le don de lire dans les consciences : « Courons avec confiance vers le sacrement de pénitence où le Seigneur nous attend à tout moment avec une tendresse infinie. Et une fois nos péchés pardonnés, oublions-les, car le Seigneur l’a déjà fait avant nous. »

La messe est le centre de sa vie. Il la célèbre dès 5 heures du matin et met 2 heures pour la dire devant une foule de pèlerins. « Le monde entier peut vivre sans soleil, mais non sans l’Eucharistie », écrit-il.

En 1923, le Saint-Office décide son transfert, mais la foule s’y oppose. À leur tour, de 1931 à 1933, ses supérieurs lui interdisent de dire la messe en public et de confesser et il doit arrêter sa volumineuse correspondance. Grande douleur pour Padre Pio qui doit laisser tous ceux qui comptent sur lui, mais il se soumet entièrement. Jean-Paul II traduit cela en terme mesurés : « Padre Pio est en profonde communion avec l’Église. Des incompréhensions passagères avec certaines autorités ecclésiastiques ne réussissent pas à modifier son attitude d’obéissance filiale. » Et il continue : « C’est un fils de l’Église fidèle et courageux. »

Padre Pio aime la croix. Sans cette référence constante à la croix, on ne peut pas comprendre sa sainteté. Ainsi il coopère au salut des âmes. Il ne peut suivre d’autre voie que celle de Jésus. Quant aux autres qui souffrent, il cherche à les soulager. C’est pourquoi, à son souci primordial du salut des âmes, il joint une charité concrète en créant à San Giovanni Rotondo un grand hôpital modèle. La « Casa sollievo della sofferenza » (la maison du soulagement de la souffrance), inaugurée en 1956. Il veut qu’on y pratique une médecine vraiment humaine, et que, par exemple, malades et soignants puissent avoir des fleurs fraîches. Cet hôpital, miracle constant de la Providence, n’a cessé de croître et compte aujourd’hui 12 000 lits. Pour que cette grande œuvre puisse tenir, il lui faut le soutien de la prière. C’est ainsi que naissent les « groupes de Padre Pio » qui vont se multiplier dans le monde entier. Chaque groupe se réunit une fois par mois pour écouter la Parole de Dieu, célébrer l’Eucharistie, approfondir la foi et s’engager dans des actions témoignant l’amour. « Soyez, leur dit-il, des foyers de foi et d’amour au milieu desquels le Christ lui-même est présent. » Sans jamais sortir de l’Italie, Padre Pio est un grand missionnaire car il suit les autres, en particulier les missionnaires de son Ordre, par la prière et l’offrande de ses souffrances.

À la fin de sa vie, il livre ces paroles comme un testament : « Aimez la Vierge Marie et faites-la aimer ; récitez toujours le Rosaire. » Il a une dernière grande joie sur la terre quand il voit ses groupes de prière officiellement approuvés. Sa dernière messe, la veille de sa mort, est pour eux ; elle clôture le 4e Congrès International des groupes de prière. Il meurt à 81 ans, le 23 septembre 1968. San Giovanni Rotondo devient un lieu de pèlerinage, avec, actuellement, sept millions de pèlerins par an (presque le double de Lourdes). Béatifié en 1999 par Jean Paul II qui hâte la procédure, il est canonisé trois ans seulement après, en 2002.

Le 20 février 1971 (donc trois ans après la mort de Padre Pio), le Pape Paul VI posait cette question à son sujet en recevant les supérieurs de l’Ordre des Capucins : « Regardez quelle renommée il a eue, quelle audience mondiale il a rassemblée autour de lui ! Mais pourquoi ? Peut-être parce qu’il était un philosophe ? Parce qu’il était un sage ? Parce qu’il avait des moyens à sa disposition ? – Non, mais parce qu’il célébrait la Messe avec humilité, confessait du matin au soir, et était, c’est difficile à dire, un représentant de Notre-Seigneur marqué de ses stigmates. C’était un homme de prière et de souffrance. »[1]

[1]  Source : http://www.abbaye-saint-benoit.ch/hagiographie/fiches/f0444.htm

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