L’amour est inventif jusqu’à l’infini !

27 septembre 2017 : Saint Vincent de Paul (Fr. Jean)

Saint Vincent de Paul demeure l’un des saints les plus populaires. Aussi bien chez nous qu’à l’étranger. Lorsque Don Bosco vient quêter en France on l’appela spontanément « le Saint Vincent de Paul italien ».

Il naît en 1581 dans une famille de paysans des Landes. Ses parents sont pauvres sans être misérables. L’enfant est intelligent et bon. Par exemple un jour qu’il avait ramassé jusqu’à trente sous, somme considérable pour lui, il la donna au malheureux qui lui parut le plus délaissé. Son père, témoin de sa charité et devinant sa rare intelligence, résolut de s’imposer les plus durs sacrifices pour le faire étudier et le pousser au sacerdoce. Il se mit donc a étudier la théologie à Toulouse et est ordonné prêtre. Mais il est alors surtout à la recherche des avantages matériels liés à ses charges. D’ailleurs pendant son séminaire, son orgueil l’amena à refuser de revoir son père venu le voir : ce paysan n’était pas digne d’être reconnu comme son père ! Attitude particulièrement infâme lorsque l’on pense aux sacrifices que ce père était en train de faire pour son fils.

Une épreuve permise par Dieu va commencer à le purifier. Un an après son ordination sacerdotale il se rend à Marseille pour recueillir un legs que lui a laissé un de ses amis. Au retour, voyageant par mer pour se rendre à Narbonne, il est pris par des pirates et emmené captif en Afrique. Sa captivité, qui dura au total deux années, d’abord très dure et accompagnée de fortes épreuves pour sa foi, se termina par la conversion de son maître, qui lui rendit la liberté.

Saint Vincent va ensuite rencontrer Pierre de Bérulle qui fondera, l’année suivante, la congrégation de l’Oratoire de France. Il le prend comme conseiller spirituel et partage durant quelques mois la vie et les exercices de l’Oratoire. Bérulle lui procure la charge de précepteur chez Philippe-Emmanuel de Gondi, Général des galères, l’une des plus riches familles de France. Cette famille lui sera d’une grande aide pour l’avenir. Outre ses obligations dans la famille, Saint Vincent se met à évangéliser les populations de leurs fiefs.

Un jour de janvier 1617, alors que Saint Vincent accompagne Madame de Gondi au château de Folleville, en Picardie, arrive la nouvelle qu’un paysan moribond désire le voir. Vincent accourt immédiatement au chevet du malade et lui fait faire une confession générale qui le libère des fautes les plus graves de sa vie, qu’il n’avait jamais avouées. Pour Saint Vincent, c’est une révélation : il découvre la misère spirituelle des gens de la campagne qui représentent l’immense majorité de la population. De cette façon, il s’est rendu compte que la première chose à faire, c’était non seulement de donner aux pauvres du pain, de la soupe et des médicaments, mais surtout de leur annoncer l’Evangile. C’est l’Evangile qui produira ensuite en eux un changement intérieur après leur avoir fait expérimenter l’Amour du Dieu vivant. « Donnez-moi un homme d’oraison, il sera capable de tout » dira-t-il à ses confrères Cela rejoint ce que pouvait nous dire notre Père fondateur lorsqu’il affirmait qu’il ne fallait pas chercher à faire des hommes avant d’en faire des chrétiens car c’est la foi qui permet d’être plus ‘homme’.

A une époque où la famine et les misères de toutes sortes exercent les plus affreux ravages, il fait des prodiges de dévouement ; des sommes incalculables passent par ses mains pour être distribuées aux pauvres. Il sauve à lui seul des villes et des provinces entières. Devant la nécessité, il fonde, en divers lieux, des Confréries de Dames de la Charité, qui se transforment bientôt dans cette institution des Filles de la Charité. Il collabore pour cette fondation avec Sainte Louise de Marillac. Il les exhorta ainsi : « Servant les pauvres, on sert Jésus-Christ. O mes filles, que cela est vrai ! Vous servez Jésus-Christ en la personne des pauvres, et cela est aussi vrai que nous sommes ici. Une sœur ira dix fois le jour voir les malades, et dix fois par jour elle y trouvera Dieu. » Il s’exerça également à la formation des prêtres qui laissait à désirer…

Nulle misère ne le laisse insensible ; il trouve le moyen de ramasser lui-même et de protéger partout des multitudes d’enfants exposés à l’abandon et à la mort, et mérite ainsi le nom de Père des enfants trouvés.

Le corps épuisé, mais l’esprit et le cœur toujours vifs et inventifs – « L’amour est inventif jusqu’à l’infini », dit-il à propos de l’Eucharistie – il meurt, à 79 ans, le 27 septembre 1660.

 Saint Vincent avait cette conviction « les vertus méditées et non pratiquées sont plus nuisibles qu’utiles » Ceci nous rappelle ce que nous disait Mère Marie-Augusta, « Jésus aime les idées vécues et qui font vivre » !

 

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