Unis dans le mystère salvifique du Christ

28 septembre 2017 : Saint Laurent Ruiz et ses compagnons (Fr. Clément-Marie)

Nous célébrons en ce 28 septembre la mémoire de 16 martyrs : Saint Laurent Ruiz et ses 15 compagnons. Ces seize martyrs font partie de la famille dominicaine et sont reliés de différentes manières à la province du Saint Rosaire centrée à Manille, aux Philippines et fondée en 1687. Ils font suite aux martyrs déjà nombreux qui ont donnés leur vie pour l’Évangile au Japon, depuis les 26 protomartyrs crucifiés en 1597 et les 205 martyrs béatifiés, tués entre 1617 et 1632. Nos saints de ce jour sont 12 Dominicains (dont  10 prêtres), 2 femmes qui étaient vierges des tiers-ordres dominicain pour l’une et de saint Augustin pour l’autre, et deux laïcs, dont Laurent Ruiz.

Après avoir semé la foi chrétienne dans les Îles Philippines, Formose et les îles du Japon, ils vont mourir martyrs à Nagasaki à des jours différents, entre 1633 et 1637. Le plus vieux a 51 ans, et le plus jeune est un novice de 18 ans, Matthieu Kohioye, Frère Matthieu du Rosaire. Regardons le parcours de quelques uns d’entre eux.

Laurent Ruiz naît vers 1600 dans la banlieue de Manille appelée Binondo, Son père est Chinois et sa mère Tagala. Il est instruit à l’école des Dominicains et devient calligraphe au service des Pères pour la tenue des registres paroissiaux. Il est membre de la confrérie du Rosaire. Marié à une Tagala, il est père de deux fils et une fille. En 1636 il est accusé d’être impliqué dans un meurtre. Croyant à son innocence, son supérieur dominicain le joint au groupe de missionnaires qui partent aider les chrétiens du Japon où sévit la persécution. Aussitôt arrêtés dans l’île d’Okinawa ils passent une année en prison soumis aux tortures. Transférés à Nagasaki, ils subissent le martyre. Laurent est suspendu au gibet la tête en bas et agonise deux jours

Magdeleine de Nagazaki est la fille d’un couple de chrétiens martyrisés. Augustinienne, elle est une collaboratrice courageuse des Pères Augustins et Dominicains. Torturée cruellement, elle est pendue au gibet où elle agonise pendant 13 jours.

Marina d’Omura est tertiaire dominicaine. Elle aide les missionnaires. Arrêtée en 1634, elle est brûlée vive. Elle est vénérée par les femmes du Japon comme avocate du courage, sous le nom biblique de « femme forte ».

Parmi les martyrs, deux vont céder sous les tortures terribles qu’on leur inflige, et apostasier. Mais ils reviendront très rapidement sur leur apostasie, et mourront donc eux aussi martyrs.

Parmi les prêtres dominicains, un Français, Guillaume Courtet. Né en 1590 dans une famille noble à Sérignan, au diocèse de Béziers, il entre chez les Dominicains d’Albi et enseigne la théologie à l’université de Toulouse alors qu’il n’est pas encore prêtre. En 1624 il est prieur du couvent d’Avignon, puis il est envoyé à Madrid pour y établir la réforme de l’ordre. Mais il rêve d’être missionnaire, marqué par l’exemple des Jésuites martyrisés au Japon. Il part en 1634 aux Philippines où il enseigne au Collège Saint Thomas de Manille. Sa spiritualité est centrée sur la croix du Rédempteur. En 1636 il fait partie du groupe de missionnaires qui partent aider les chrétiens du Japon. Aussitôt arrêté dans l’île d’Okinawa, il passe une année en prison soumis aux tortures et il meurt décapité à Nagasaki, en chantant des psaumes et des prières à la Vierge Marie.

Ces 16 martyrs ont été canonisés par Jean-Paul II le 18 octobre 1987. Dans l’homélie de la Messe de canonisation, le Saint Père Jean-Paul II disait : « Par leur souffrance, leur amour et leur imitation de Jésus ont atteint leur pleine réalisation. Leur configuration sacramentelle avec Jésus, l’unique Médiateur, a été menée à sa perfection. (…) Ces saints martyrs, divers par leur origine, leur langue, leur race et leur condition sociale, sont unis les uns les autres et unis à tout le Peuple de Dieu dans le mystère salvifique du Christ, le Rédempteur. »

 

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