L’ère des martyrs canadiens

19 octobre 2017 :  Saints Jean de Brébeuf et Isaac Jogues (Fr. Clément-Marie)

Vers le milieu du XVIIe siècle (1642-1649) une vaillante légion de Jésuites travaillait, dans le Canada encore à peu près sauvage, à la conversion de peuplades féroces, parmi lesquelles étaient surtout les Iroquois. Alors s’ouvrit pour les missionnaires ce que l’on a justement appelé «l’ère des martyrs».

Parmi les premières victimes, on compte le Père Isaac Jogues. D’une grande famille de marchands d’Orléans, entré dans la compagnie de Jésus, il part en mission au Canada. Après avoir évangélisé il est capturé en 1642 par les Iroquois. René Goupil, qui est alors avec lui, est assassiné devant lui. Il aurait pu se soustraire une première fois au martyre en 1642 ; mais il ne voulut pas se séparer de ses chrétiens, prisonniers des Iroquois. Après des supplices aussi inouïs que variés, il fut arraché à la mort par des Hollandais et ramené en France. Là, ses supérieurs ne le reconnaissent pas, tant il a souffert des tortures dont il a été victime. On lui obtient l’autorisation de continuer à célébrer la messe malgré la mutilation de ses doigts. Mais son cœur était resté au Canada. Il y revint en 1646, et fut peu après martyrisé et tué d’un coup de hache. Le lendemain, le Frère Jean de la Lande, qui l’accompagnait fut tué lui aussi.

En 1648, le Père Antoine Daniel fut percé de flèches, achevé d’un coup de feu, dépouillé de ses habits et jeté dans le brasier de sa chapelle devenue la proie des flammes.

Quelques mois plus tard, le Père Jean de Brébeuf et le Père Gabriel Lalemant subissent à leur tour les plus affreux supplices. Saint Jean de Brébeuf était né en Normandie, dans une famille noble. Devenu jésuite, il est envoyé en mission au Canada. Il va vivre pendant une quinzaine d’années chez les Hurons, écrivant un dictionnaire, et des écrits décrivant précisément les mœurs et les coutumes des Hurons. La mission est difficile, en particulier en raison de l’immoralité effrayante de ces tribus. Une cause va ralentir considérablement les conversions qui s’apprêtaient à fleurir : les épidémies qui se répandirent précisément à l’arrivée des missionnaires… et les Hurons, dans leur superstition, leur en attribuèrent la responsabilité… Malgré ces difficultés, les missionnaires se dépensent sans compter. En 1649, les Iroquois capturent les deux Pères, et vont leur faire subir l’un des plus effrayants martyres de l’histoire de l’Église… On pique d’abord le Père de Brébeuf avec des alènes rougies au feu, on promène sur ses membres des tisons embrasés, on lui enlève la peau de la tête en forme de couronne. Pour l’empêcher d’exhorter ses fidèles, les bourreaux lui coupent les lèvres, la langue et le nez, lui fendent la bouche jusqu’aux oreilles, enfoncent un fer rouge dans sa gorge ; ils coupent des lambeaux de sa chair, les font rôtir et les mangent sous ses yeux. Ils jettent ensuite de l’eau bouillante sur sa tête, en parodie du baptême, et enduisent son corps de résine et le font griller lentement ; enfin, un chef iroquois lui arrache le cœur, le dévore et boit le sang du martyr. Le Père Lalemant subit un supplice du même genre pendant seize heures et eut enfin le crâne fracassé à coups de hache.

Au nombre des autres victimes des Iroquois furent, en 1649, les Pères Charles Garnier et Noël Chabanel, massacrés dans l’héroïque exercice de leur apostolat.

Le pape Pie XI canonisa ces admirables martyrs, dignes de ceux des premiers siècles, le 29 juin 1930. Le pape Pie XII a déclaré les saints martyrs canadiens, Patrons secondaires du Canada.

Demandons à ces martyrs héroïques un peu de leur courage et de leur zèle. Qu’en cette semaine missionnaire mondiale, nous ne reculions pas devant les difficultés pour l’annonce de la foi.

 

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