Un grand homme,né pour réunir des contrastes

24 octobre 2017 : Saint Antoine-Marie Claret (Fr. Jean-Régis)

Saint Antoine nait en 1807 en Catalogne. Il est le cinquième d’une famille de 11 enfants. Très jeune, il est très doué pour tout. Mais il a dans son cœur un désir fort de vie parfaite, de vie religieuse et il est attiré par les Chartreux. On le lui déconseille. Il entre au séminaire. Il est ordonné prêtre à l’âge de 28 ans mais il est encore incertain sur sa vocation. Il songe à se mettre à la disposition d’une œuvre missionnaire pour partir en mission. Durant cinq ans, il prêche et confesse dans toute la Catalogne et soutient ses prédications par plus de cent cinquante livres et brochures. Cependant, en raison des haines suscitées contre lui par sa parole sans complaisance, son évêque l’envoie aux îles Canaries où il continue son ministère missionnaire. A la demande de la reine Isabelle II d’Espagne, le Bienheureux Pie IX le nomme archevêque de Santiago de Cuba dont le siège était vaquant depuis quatorze ans. Il s’efforce d’abord d’instruire le peu de prêtres de son diocèse (vingt-cinq pour quarante paroisses) et de leur assurer un revenu suffisant ; il fait venir des religieux. Durant six années, il se donne à l’apostolat de la grande île qu’il parcourt sans relâche, prêchant, confirmant, fustigeant les vices et les exactions. On a calculé qu’il prêchait en moyenne quatre à cinq sermons par jour. Il régularise beaucoup de mariages (une quinzaine par jour) et distribuant un nombre incalculable de brochures et de médailles. Il crée 53 paroisses et ordonne 36 prêtres. S’opposant à l’esclavage des Noirs, les esclavagistes lui reprochent d’être révolutionnaire, les autonomistes d’être espagnol et les pouvoirs publics d’être trop indépendant : quinze fois on attente à sa vie. En 1857, une tâche inattendue lui incombe : il est choisi comme confesseur par la reine d’Espagne Isabelle II, sans pour autant cesser d’assurer de Madrid l’administration de Cuba. Il prend au sérieux son rôle de conseiller religieux de la couronne, lui permettant d’avoir assez d’influence pour faire nommer de bons évêques, pour organiser un centre d’études ecclésiastiques à l’Escurial et pour imposer la morale à la cour. Voyageant avec la Reine à travers l’Espagne, il continue de prêcher et ne manque pas de s’attirer la haine des nombreux ennemis du régime. Quand Isabelle II est chassée de son trône en novembre 1868, Mgr. Claret suit sa souveraine en exil en  France. Pendant ce temps, la congrégation des « Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie » se développait lentement. Après la révolution de 1868 où un prêtre de la congrégation fut assassiné, le nouveau gouvernement ferma les six maisons espagnoles et les missionnaires s’exilèrent en France à Prades (dans le diocèse de Perpignan).

Bien que sa santé soit de plus en plus mauvaise, Mgr. Claret s’occupe de la colonie espagnole de Paris. En mars 1869, il part pour Rome, afin de participer aux travaux du premier concile du Vatican, mais il y tombe malade.  Il doit se retirer à Prades où il arrive le 23 juillet 1870. L’ambassadeur d’Espagne demande son internement mais le gouvernement français fait en sorte que l’évêque de Perpignan l’avertisse et, lorsqu’on vient l’arrêter le 6 août 1870, il est réfugié chez les Cisterciens de Fontfroide où il mourut le 24 octobre 1870.

Peu de vies sacerdotales ont été plus éprouvées que celle de saint Antoine-Marie Claret. Le 7 mai 1950, le Pape Pie XII, le proclamant saint, déclara :

« Saint Antoine-Marie Claret fut un grand homme, né pour réunir des contrastes : il put être d’humble origine et glorieux aux yeux du monde ; petit de corps, mais géant d’esprit ; modeste d’apparence, mais tout à fait capable d’imposer le respect même aux grands de la terre ; fort de caractère, mais doué de la douceur suave de celui qui connaît le frein de l’austérité et de la pénitence ; toujours en présence de Dieu, même au milieu de sa prodigieuse activité extérieure ; admiré et calomnié ; fêté et persécuté. Et, parmi toutes ces merveilles, comme une douce lumière illuminant tout, sa dévotion à la Mère de Dieu ».

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