J’ai étudié les langues, exploré toute la science des philosophes et des poètes. Mais j’ai compris : ce ne sont que vanités !

25 novembre : Sainte Catherine d’Alexandrie (Fr. Clément-Marie)

Sainte Catherine d’Alexandrie est une sainte qui fut très populaire, particulièrement en notre pays. Pourtant, sa vie, et même son existence, sont aujourd’hui remises en questions. Pourquoi ? Parce que c’est un fait que sa vie contient de nombreux prodiges et miracles. Ce motif est insuffisant pour discréditer sérieusement l’existence de cette grande sainte. Qu’en serait-il, sinon, de l’évangile ? Ou encore de la vie de sainte Jeanne d’Arc ? Ou, plus récemment, de celle de saint Charbel, au Liban, mort en 1898, dont la vie fut un prodige continuel devant des témoins au-dessus de tout soupçon ? Parcourons donc avec confiance la vie de sainte Catherine, avec la certitude que la foi ne s’oppose pas à la raison. La sainte, d’ailleurs, eut recours à la raison précisément pour défendre sa foi face au paganisme.

Sainte Catherine est née vers 290 dans une famille noble d’Alexandrie, en Égypte. Elle acquiert rapidement des connaissances et une culture très importantes. Un jour, elle voit une séance d’apostasie de chrétiens organisée par l’empereur Maxence ; elle s’adresse à lui et « dispute longuement avec lui, en utilisant diverses démonstrations et en parlant de façon très claire. » Après un deuxième entretien, où Catherine tente de convaincre l’empereur de l’existence du dieu unique des chrétiens, celui-ci, constatant qu’il ne pourrait trouver de parade à la sagesse de Catherine, convoque une assemblée de cinquante savants grammairiens et rhéteurs, et leur promet d’immenses récompenses s’ils triomphaient par leurs raisonnements de la jeune fille. La discussion entre la jeune femme et les cinquante savants tourne très nettement à l’avantage de celle-ci : elle réussit à faire taire les orateurs par la pertinence de son argumentation, et à les convertir. L’empereur les fait aussitôt brûler au milieu de la ville.

L’empereur, séduit par sa jeunesse et sa beauté, s’adresse ensuite à Catherine et lui propose une place dans son palais, en second rang après la reine. Elle répond : « Je me suis donnée comme épouse au Christ […] Rien ne pourra m’éloigner de l’amour que j’ai pour lui. J’ai étudié les langues, exploré toute la science des philosophes et des poètes. Mais j’ai compris : ce ne sont que vanités ! Alors j’ai suivi mon Seigneur Jésus-Christ. Je n’épouserai que mon Dieu ! » L’empereur la fait alors frapper et jeter dans une prison obscure sans alimentation pendant douze jours. La reine et son amant, Porphyre qui se rendent dans la prison, voient alors des anges panser les plaies de sainte Catherine dans une lumière éclatante. Ils sont convertis avec les soldats de leur suite. À son retour, l’empereur constate qu’elle va bien, lui propose une nouvelle fois d’être sa compagne, ce qu’elle refuse à nouveau.

Un préfet conseille alors au roi un supplice féroce pour cette jeune vierge qui lui résiste, afin que l’exemple de cette mort effraye les autres chrétiens. Quatre roues entourées de scies de fer et de clous doivent lui déchirer et broyer le corps. Alors la vierge pria le Seigneur de détruire cette machine. « Et voilà qu’un ange du Seigneur frappa et brisa cette meule. »

La reine, son amant Porphyre, et un nombre important de soldats, ayant avoué leur conversion, sont tous tués. L’empereur propose une dernière fois à Catherine de devenir son épouse, cette fois-ci impératrice. Elle refuse et l’empereur la condamne à être décapitée. Elle est conduite au lieu d’exécution, et est décapitée dans sa ville d’Alexandrie, en 307.

Alors des anges prennent son corps, et l’emportent jusqu’au mont Sinaï, où ils l’ensevelissent. Quelques siècles plus tard, des moines d’un monastère construit au pied du Mont Sinaï découvrent miraculeusement au sommet d’une montagne voisine le corps intact d’une belle jeune femme qui est reconnu comme étant celui de sainte Catherine d’Alexandrie, déposé là par des anges. Le monastère était placé d’abord sous le patronage de Notre-Dame, puis de la Transfiguration, avant de l’être sous le patronage de sainte Catherine au VIIIe siècle. Les moines du monastère Sainte-Catherine du Sinaï deviennent les gardiens du tombeau de la sainte. Elle y reste très vénérée, même si en occident beaucoup refusent de croire les faits miraculeux qui ont marqué sa vie.

Pourquoi sainte Catherine est-elle si populaire en France ? Parce que c’est elle qui, avec saint Michel et sainte Marguerite de Pisidie, s’adressa à sainte Jeanne d’Arc, et lui donna sa mission de sauver la France. Elle était dons dans les voix que Jeanne d’Arc appelait son Conseil.

Qu’elle intercède pour notre pays, et nous aide à être attentifs aux inspirations du Ciel pour accomplir nous aussi la mission que Dieu nous confie.

 

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