Je meurs mais Dieu ne meurt pas. Vive le Christ-Roi !

20 novembre 2017 : Bienheureux Joseph Anaclet et Saint Montan (Fr. Jean)

Dans le diocèse de Viviers nous commémorons aujourd’hui Saint Montan. Nous ne savons que très peu de choses sur sa vie. Nous savons qu’il fut un ermite du IVème siècle. Que cet homme de prière qui a sanctifié notre diocèse intercède pour celui-ci. Qu’il intercède pour que le développement spirituel de ce diocèse puisse se réaliser selon la volonté de Dieu et du Cœur Immaculé de Marie.

Aujourd’hui notre regard se tourne aussi du coté du Mexique. Nous avons la joie de fêter neuf laïcs (maintenant 8 car José Luis Sanchez del Rio, ayant été canonisé, est maintenant fêté le 10 février) qui ont donné leur vie pour le Christ Roi à l’époque où le général Calles, arrivé au pouvoir en 1924 et s’inspirant de la révolution bolchévique, jure de détruire la foi catholique. De nombreux catholiques se levèrent alors pour résister avec force à cette dictature qui voulait bannir du Mexique toute référence à Dieu (aussi bien humaine que matérielle). Parmi les martyrs de cette persécution beaucoup de prêtres et de religieux furent du nombre. Jean-Paul II avait déjà canonisé un groupe de 25 martyrs dont 22 prêtres. Benoît XVI, le 2 novembre ne béatifia que des laïcs. Il montra par là l’importance et le courage qu’on eu les laïcs dans cette résistance. Ces neufs laïcs sont tous des hommes, mais nous devons rappeler que le courage et la foi des femmes ne furent pas moins exemplaires. Espérons que bientôt une béatification de ces grandes figures féminines chrétiennes puisse avoir lieu.[1]

Arrêtons-nous davantage sur le Bx Joseph Anaclet. Joseph Anaclet Gonzales Flores naît le 13 juillet 1888 dans l’état de Jalisco, au Mexique. Sa famille est très pauvre. Fervent chrétien dès sa jeunesse, il enseigne le catéchisme dans les classes et fait des œuvres de charité. Il s’interroge sur sa vocation et fait quelques années de séminaire, puis il devient avocat. Doté d’une vaste culture, il écrit une foule d’articles et des livres d’inspiration chrétienne et lutte pour le droit des plus faibles. Il se marie en 1922 et a deux enfants. Quand la situation religieuse empire, il préconise d’abord la résistance passive non-violente et il épuise toutes les ressources juridiques et civiles possibles au service de la paix et de la réconciliation. (Les catholiques se sont structurés pour organiser des manifestations monstres, des pétitions, un boycott économique mais rien n’y fit, le gouvernement fit sans cesse la sourde oreille). Mais, quand il apprend le meurtre de quatre membres de “l’Association catholiques des Jeunes Mexicains”, association dont il avait été lui-même un membre enthousiaste dans sa jeunesse, il s’engage dans la “Ligue pour la Défense de la Liberté Religieuse”. En Janvier 1927, la guérilla s’étend partout dans l’état de Jalisco. Anacleto se cache successivement dans de nombreuses retraites et écrit des bulletins de liaison entre les résistants avec des indications de stratégie. C’est un chef influent ; on l’appelle “le Maestro”. Il est pris le matin du 1er avril 1927 dans la famille Gonzalès avec les deux frères Vargas. A la prison il est torturé, mais on ne réussit pas à lui extorquer des informations. Au général Ferreira qui assiste à son supplice, il dit en désignant son bourreau : « Je lui pardonne de bon cœur. Bientôt nous nous reverrons devant le tribunal divin. Le même juge qui me jugera sera son juge : Alors il trouvera en moi un intercesseur auprès de Dieu » : Le Général ordonne qu’il soit transpercé par une baïonnette. Anacleto meurt en criant : « Je meurs mais Dieu ne meurt pas ! » « Vive le Christ Roi ! » Le même jour périssent les deux frères Vargas et Luis Padillas.

Disons un mot sur Luis Padillas. Comme Anacleto il participe à la fondation du Mouvement de l’Action catholique des jeunes Mexicains. Il passe beaucoup de temps devant le Saint Sacrement et il a une grande dévotion à la Sainte Vierge. Lorsqu’éclate la persécution religieuse, il cherche par des moyens pacifiques à défendre la religion. Le 1er avril 1927, à 2h du matin, des soldats investissent sa maison. Après l’avoir pillée, ils arrêtent Luis ainsi que sa grand-mère et une de ses sœurs. On l’emmène à la prison de Colorado. Il se retrouve là-bas avec Anacleto et les deux frères Vargas. A nouveau, il subit des mauvais traitements. Lorsqu’il pressent que sa fin est imminente, il cherche à se confesser. Anacleto le réconforte en disant : « Non, frère, ce n’est plus le moment de se confesser, mais de demander pardon et de pardonner. C’est un Père et non un juge qui t’attend. Ton propre sang te purifiera. » Les quatre chrétiens intrépides récitent alors l’acte de contrition. Luis, à genoux, offre sa vie à Dieu dans une prière fervente ; les gardes tirent sur lui et il meurt en réalisant le vœu qu’il avait souvent formulé depuis le début de la persécution : suivre Jésus jusqu’à souffrir et donner sa vie. Il avait 27 ans. Quant au père de deux fils Vargas, en apprenant le mort de ses deux fils il s’écria : « Maintenant, ce ne sont pas des condoléances qu’on doit me donner, mais des félicitations, car j’ai la chance d’avoir deux fils martyrs. »

Que ces martyrs qui se sont battus pour que la foi demeure et que les églises puissent rester ouverte intercèdent pour nous dans nos étapes en vue de la construction  de l’église du cœur Immaculé de Marie.

[1] Cf. http://www.abbaye-saint-benoit.ch/hagiographie/fiches/f0726.htm

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