Je vous salue, ô Croix, consacrée par le sacrifice du Sauveur !

30 novembre 2017 : Saint André  (Frère Xavier)

                            

C’est avec une grande joie que nous fêtons l’apôtre Saint André. L’évangile de St Jean, qui malheureusement n’a pas été retenu pour sa fête, nous rend particulièrement sympathique l’apôtre Saint André. Il apparaît comme un homme de désir. Il était disciple de Saint Jean-Baptiste. Sa vie n’était donc pas plate, il partageait l’espérance d’Israël si bien que le jour où il entendit Jean-Baptiste désigner Jésus comme « l’agneau de Dieu », il se mit en marche avec un autre disciple pour aller rencontrer ce Jésus. « Maître où demeures-tu ? ». Jésus leur répondit : « Venez et voyez » ; et l’évangéliste rapporte : « Ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. » Saint André a donc pu jouir de précieux moments d’intimité avec Jésus. Il fut conquis par Jésus, il avait trouvé le Messie. Son cœur en est bouleversé, il ne peut pas garder cela pour lui, il partagea son trésor à son frère Pierre qui dans son  enthousiasme l’amena à Jésus. Comme le dit l’évangile, Jésus fera des deux frères des pêcheurs d’hommes.

Saint André est aussi l’apôtre qui signale la présence du petit garçon qui avait 5 pains et 2 poissons, il fait la remarque à Jésus : « qu’est que cela pour nourrir une foule ? », néanmoins ne peut-on pas percevoir une grande confiance d’André à l’égard de Jésus ? Ne pensait il pas que Jésus pouvait les multiplier ?

Après la Pentecôte, par le don l’Esprit, Saint André devint un pécheur d’hommes accompli. Il parcourut la Grèce et l’Asie mineure en faisant beaucoup de conversions et miracles. Des traditions nous rapportent qu’à Patras, l’actuel Patra en Grèce, le proconsul Egée, dont il avait converti la famille, le fit torturer et condamner à mourir sur une croix. Lorsque saint André vit la Croix, il s’écria : « Je vous salue, ô Croix consacrée par le sacrifice du Sauveur ; vos perles précieuses sont les gouttes de Son sang. Je viens à vous avec joie, recevez le disciple du Crucifié. O bonne Croix, si longtemps désirée, si ardemment aimée, rendez-moi à mon divin Maître. Que par vous je sois admis à la gloire de Celui qui par vous m’a sauvé. »

Il se dépouilla lui-même de ses vêtements, les distribua aux bourreaux, puis fut lié à une croix d’une forme de X. Saint André du haut de sa Croix, exhortait les fidèles, prêchait les païens, attendris eux-mêmes. Son corps fut inondé d’une lumière toute céleste, qui disparut au moment où il rendit l’âme.

Son corps fut recueilli. Ses reliques furent transportées plus tard à Constantinople, puis emportées à Amalfi après le pillage de Constantinople lors de la IVème Croisade. Sa tête, arrivée à Rome en 1462, fut conservée dans la Basilique Saint Pierre, avant d’être rendue en 1964 par Paul VI à l’Evêque de Patra en signe d’amitié avec l’Eglise Orthodoxe.

La fête de Saint André est toujours l’occasion de prier pour l’unité  entre catholiques et orthodoxes. Dans son culte, l’Eglise romaine a toujours fait une place de choix à Saint André. Ce soir avec l’antienne du magnificat nous chanterons : « André serviteur du Christ, digne Apôtre de Dieu, frère de Pierre et son compagnon dans le martyr ». Les deux frères ont subi le même mode de supplice. Saint Pierre avec saint Paul est le patron de l’Eglise de Rome ; Saint André est le patron de l’Eglise de Constantinople, elle le salue comme « le premier appelé ». Aussi les deux « Eglises-sœurs » ont-elles voulu faire du Baiser de Pierre et d’André l’image de leur marche vers l’Unité. C’est elle que le patriarche Athënagoras remit à Paul VI lors qu’ils échangèrent le baiser de la réconciliation sur le Mont des Oliviers, le jour de l’Epiphanie 1964.

La fête de Saint André est aussi pour nous l’occasion de prier pour notre frère André qui nous a quitté il y a un mois et demi. Si ce n’est déjà fait, qu’il puisse bientôt rencontrer son saint patron au Ciel.

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