La foi et l’amitié avec le Christ créent l’amour, la charité.

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17 novembre 2017 :Sainte Elisabeth de Hongrie (P. Bernard)

L’Eglise a choisi, pour la fête de Sainte Elisabeth de Hongrie, un passage d’évangile qui concerne les consacrés qui ont tout quitté pour suivre le Christ et qui ont fait le choix d’un amour sans partage de Jésus. Elisabeth, née en Hongrie en 1207  a fait ce choix et a vraiment aimé Jésus d’un amour sans partage. Elle a épousé Louis de Thuringe, qu’elle a profondément aimé et a eu trois enfants dont sa dernière fille, Gertrude, est bienheureuse. Les jeunes époux adoptèrent un style de vie pieux et eurent une vie de famille très heureuse. Son directeur spirituel a dit qu’elle avait une âme de feu. Sa dame de compagnie témoigne: «Elisabeth rappelle fréquemment la présence de Dieu, dans toutes ses actions elle invoque le Seigneur et rapporte tout à lui.» Voici comment elle priait Dieu en mettant au monde ses enfants : «Seigneur Jésus-Christ, je vous offre, ainsi qu’à votre chère mère Marie, ce nouveau né, fruit chéri de mon sein. Je vous le rends de tout cœur, tel que vous me l’avez donné. Recevez ce bébé, tout baigné de mes larmes, au nombre de vos serviteurs et amis. Bénissez-le à jamais. » Tout en se conformant aux devoirs de son état princier, elle fit preuve d’une inlassable charité envers les pauvres et les malades. Son amour de la prière, son humilité, trouvèrent un épanouissement dans l’idéal prôné par François d’Assise dont les fils spirituels venaient de s’établir en Allemagne. Pendant la famine et l’épidémie  de  1226,  alors  que son époux était  parti  à la diète de Crémone,  Elisabeth installa un hôpital, soigna les malades, recueillit les pauvres,  chercha   à  leur   procurer du  travail, vendit  ses parures, et  prit  le blé  des granges du château pour subvenir à  leur besoins. A son retour, Louis invita au silence ses conseillers qui reprochèrent à Elisabeth ces prodigalités. Elisabeth a été avertie en songe de la mort de son époux. Le coup fut terrible pour Elisabeth, qui attendait son troisième enfant, Gertrude, née vingt-sept jours après la mort de son père : « Désormais, j’ai tout perdu sur la terre. O cher ami de mon cœur, mon excellent et pieux époux, tu es mort et tu me laisses dans la misère. Comment vais-je vivre sans toi ? Pauvre veuve abandonnée, faible femme ! Que le Dieu d’amour, celui qui n’abandonne pas la veuve et l’orphelin, me console ! O Mon Dieu ! O mon Jésus, fortifiez-moi dans ma faiblesse ! »  « Mon Dieu, merci de me consoler miséricordieusement par ces restes mortuaires de mon mari. Si grand que soit mon amour envers Louis, vous savez, Seigneur, que je ne me repens nullement de notre commun sacrifice pour le secours de la Terre-Sainte. Si je pouvais ramener à la vie mon cher époux, je donnerais le monde en échange. Pourtant, contre votre volonté sainte, je ne saurais racheter sa vie, ne serait-ce que pour un seul de mes cheveux ! Que la volonté du Seigneur soit faite ! » Après la mort de son époux, Elisabeth se vêtit d’un habit grossier ressemblant à la bure des franciscains et utilisa ses richesses pour les pauvres, en leur construisant un hôpital et en allant les visiter chaque jour. Cédant à une recherche fiévreuse de l’abjection et de la pénitence, elle rompit avec sa famille, qui la prenait pour folle, et elle confia à d’autres le soin de ses enfants, tandis qu’elle revêtait l’habit du Tiers-Ordre, à Marburg, pour se donner au service des pauvres et des malades les plus abandonnés, en qui elle reconnaissait le Christ : « Quelle joie pour moi de servir Notre-Seigneur en ses membres souffrants les plus éprouvés ! » Sa santé ne put résister à toutes ces austérités. Elle mourut le 16 novembre 1231, à minuit, âgée de vingt-quatre ans : « C’est l’heure où Jésus vient racheter le monde. il me rachètera aussi. Quelle faiblesse j’éprouve donc ! Pourtant, je ne ressens pas de douleur. O Marie, venez à mon secours ! Le moment arrive où Dieu m’appelle à l’éternelle noce. L’époux vient chercher son épouse … Silence ! Silence ! »

Grégoire IX canonisa Elisabeth en 1235 ; elle est, avec saint Louis, patronne du Tiers-Ordre franciscain et, en 1885, Léon XIII la proclama patronne des femmes et des jeunes filles allemandes. Benoît XVI a ainsi conclu son audience du mercredi sur Ste Elisabeth : «dans la figure de sainte Elisabeth, nous voyons que la foi et l’amitié avec le Christ créent le sens de la justice, de l’égalité entre tous, des droits des autres et créent l’amour, la charité. Et de cette charité naît aussi l’espérance, la certitude que nous sommes aimés par le Christ et que l’amour du Christ nous attend et ainsi nous rend capables d’imiter le Christ et de voir le Christ dans les autres. Sainte Elisabeth nous invite à redécouvrir le Christ, à l’aimer, à avoir la foi et trouver ainsi la vraie justice et l’amour, ainsi que la joie d’être un jour plongés dans l’amour divin, dans la joie de l’éternité avec Dieu, Merci».

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