Proposer le solide de la foi, pour résister à notre monde « liquide » !

23 novembre 2017 : Saint Colomban (✝ 615) (Frère Xavier)

Le 11 juin 2008, Benoît XVI a dressé un portrait de saint Colomban. Né en Irlande en 543, il entra vers ses 20 ans au monastère de Bangor. La vie monastique qu’il y suivit et l’exemple de l’abbé Comgall forgèrent la conception du monachisme qu’il fixa et diffusa plus tard. Vers 50 ans environ Colomban quitta l’Irlande « pour entreprendre avec douze compagnons une mission sur le continent, où les grandes migrations germaniques avaient fait retomber des régions entières dans le paganisme« . Leur ré-évangélisation était basée sur l’exemple de vie, « nombre de jeunes demandèrent à entrer dans la communauté, rendant nécessaire la constitution d’un second monastère«  à Luxeuil, qui devint centre monastique et missionnaire de tradition irlandaise en Europe. Bientôt fut fondée une troisième maison, à Fontaine, tandis que saint Colomban allait vivre une vingtaine d’années à Luxeuil. Il y rédigea sa Regula Monachorum, la seule des anciennes règles irlandaises parvenue jusqu’à nous. Il introduisit notamment « sur le continent la confession personnelle et régulière, ainsi que la pénitence proportionnée à la gravité du péché commis« .

« A cause de sa sévérité sur les questions morales, il entra en conflit avec la famille royale, ayant vivement admonesté le roi Thierry pour ses relations adultérines… En 610, il fut expulsé de Luxeuil avec ses moines irlandais, condamnés définitivement à l’exil« . Rapatriés par mer, leur bateau échoua près du rivage et, plutôt que de rentrer à Luxeuil, le groupe « décida d’entreprendre une nouvelle aventure d’évangélisation » d’abord à Tuggen, sur le lac de Zurich, puis près de Bregenz, sur le lac de Constance, en vue d’évangéliser les Alamans. Ayant ensuite passé les Alpes, Colomban fut favorablement accueilli par la cour lombarde. « Il dut immédiatement faire face à de graves difficultés. La vie de l’Eglise était empoisonnée par l’arianisme dominant chez les lombards, et un schisme avait détaché de la communion avec l’Evêque de Rome la plus grande partie de l’Eglise d’Italie du nord« . Saint Colomban « rédigea alors un libelle contre cette hérésie et une lettre au Pape Boniface IV l’encourageant à œuvrer activement au rétablissement de l’unité ecclésiale« .

Saint Colomban fonda à Bobbio un nouveau monastère qui devint un centre culturel comparable au Mont Cassin de Saint Benoît. Il y acheva sa vie le 23 novembre 615.

 

La vie de Saint Colomban est intéressante à plus d’un titre pour les temps que nous vivons !

Sa rigueur de vie et de foi avec son amour de Dieu et du prochain a contribué à alimenter les racines chrétiennes de l’Europe naissante ; c’est pourquoi il est devenu l’un des Pères de l’Europe. Il n’a pas cherché à adapter l’évangile, à le rendre moins radical pour le rendre soi-disant plus attractif et accessible. Non ! Il a prêché la conversion comme un nouveau Jean-Baptiste. Il annoncé avec rigueur la rectitude de la foi et de la morale sans souci de plaire. Il menait la vie dure à ses moines par une règle austère, mais grâce à cela bien des saints y ont trouvé le chemin de leur sainteté : saint Donat de Besançon, saint Faron de Meaux, saint Babolin, saint Omer de Thérouanne, saint Desle de Lure, saint Romaric de Remiremont, saint Wandrille, saint Achaire, saint Amand, saint Philibert, saint Valéry…

Cette ascèse et discipline de vie nous permettent de comprendre qu’elles sont le moyen de s’ouvrir librement à l’amour de Dieu, d’y répondre de tout son être. Les jeunes ne s’y sont pas trompés. A cause de l’exemple de vie qui s’en dégageait beaucoup de jeunes affluèrent. Aujourd’hui dans une société où tout devient liquide, nous devons proposer le solide de la foi et de morale évangélique. Nous devons faire redécouvrir la nécessité de l’ascèse, c’est-à-dire du combat spirituel car c’est un chemin de libération de soi et de joie.

Que saint Colomban nous aide à vivre sans compromission l’évangile et notre vie religieuse. Ce sera pour la plus grande joie du cœur de Dieu, de nous-mêmes mais aussi de tous les assoiffés de vérité.

Source : VIS 080611 (600)

Laissez un commentaire