Un signe de la fraternité des deux Apôtres et de l’unité de l’Église

Samedi 18 novembre 2017 – Dédicace des basiliques St Pierre et St Paul (Fr. Clément-Marie)

Après avoir célébré, le 5 août, la Dédicace de Sainte-Marie-des-Neiges, plus connue sous le nom de Sainte-Marie-Majeure et le 9 novembre celle de Saint-Jean-de-Latran, l’Église fête aujourd’hui la Dédicace des basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Paul à Rome. Tous ces anniversaires se placent pendant le Temps après la Pentecôte, période pendant laquelle nous donnons toutes nos pensées à l’Église dont nos temples sont l’image vivante.

La basilique de Saint-Pierre au Vatican et celle de Saint-Paul-hors-les-Murs, construites toutes deux par les soins de Constantin à l’endroit même de leur martyre, ont une grande importance non seulement pour l’Église particulière de Rome, mais aussi pour l’Église universelle.

La basilique Saint-Pierre s’élève sur l’emplacement du cirque de Néron et sous sa coupole et son maître-autel se trouvent le tombeau et les restes du Chef des Apôtres ; cette basilique est devenue comme le centre du monde chrétien. Déjà remarquable au IVe siècle, elle fut agrandie plus tard, puis reconstruite au XVIe siècle, parce qu’elle se dégradait. Elle fut consacrée par le pape Urbain VIII le 18 novembre 1626, d’où la date choisie pour ce jour de fête.

La basilique de Saint-Paul est située à l’autre extrémité de la ville, sur le tombeau de l’Apôtre des nations. Ayant été presque complètement détruite par un incendie en 1823, cette église fut reconstruite sous les papes Grégoire XVI et Pie IX, et consacrée par ce dernier le 10 décembre 1854, en présence de nombreux évêques présents à Rome pour la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception l’avant-veille. Le martyrologe romain explique ainsi  la date commune choisie pour commémorer les dédicaces de ces deux basiliques : « La commémoraison commune de leur dédicace, est, d’une certaine manière, un signe de la fraternité des deux Apôtres et de l’unité de l’Église. »

Au-delà de ces éléments historiques et archéologiques, c’est donc l’union des deux colonnes de l’Église que met encore aujourd’hui en valeur la liturgie. Pourquoi cette fête commune, en plus du 29 juin ? Le 29 juin célèbre davantage leur vie et leur martyre. En célébrant aujourd’hui, dans une même fête la dédicace des deux grandes basiliques qui leur sont consacrées, c’est leur lien avec l’Église universelle, dont Rome est la tête, qui est rappelé et célébré. L’oraison insiste sur ce rôle, et sur l’actualité de leur intercession. Saint Pierre et Saint Paul ont porté à l’Église la première annonce de l’Évangile, et elle continue à recevoir par eux, « jusqu’à la fin des temps, la grâce dont elle a besoin pour grandir. » Le martyrologe insiste également sur la fraternité qui les a unis tous les deux, et qui est un signe de l’unité de l’Église. Ils ont en effet travaillé, « chacun selon sa grâce, à rassembler l’unique famille du Christ » (préface de Saint Pierre et Saint Paul).

La coupole de la basilique Saint Pierre, qui se trouve très exactement au-dessus de son tombeau, est un signe qui nous rappelle cette parole de Jésus : « Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Église. Et les portes de l’Enfer ne l’emporteront pas contre elle. » Quant à la basilique Saint Paul, elle est bâtie sur le lieu du tombeau de l’Apôtre des nations : le tombeau est devenu trophée, et nous montre par là combien est vraie cette parole de Jésus : « Ma grâce te suffit, car ma puissance se déploie dans la faiblesse. »

Qu’ensemble Saint Pierre et Saint Paul intercèdent pour notre Église dont ils sont les colonnes, et que le Seigneur, ainsi que nous le demanderons dans la prière sur les offrandes, « conserve intacte en nos cœurs la vérité que nous avons reçue de [ses] apôtres Pierre et Paul. »

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