Une tradition aussi bien orientale qu’occidentale !

21 novembre 2017 : Présentation de la Vierge Marie au Temple (P. Bernard)

La Fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple est pour notre Famille Domini le jour où nous renouvelons notre donation plénière à Dieu. Ces dernières années, nous avons rapporté les traditions de l’Eglise catholique et de l’école française sur cette Fête de la Présentation de Marie. Cette année, nous voudrions rapporter les traditions orthodoxes. Voici ce que nous pouvons lire sur un Site russe : «L’Évangile ne nous apprend rien de l’enfance de Marie. Son titre de Mère de Dieu efface tout le reste. Mais la tradition est plus explicite ; elle nous apprend que la Sainte Vierge, dans Son enfance, fut solennellement offerte à Dieu dans Son Temple. Cette présentation est le sujet de la fête qu’on célèbre aujourd’hui. Où mieux que loin du monde, dans l’enceinte du temple, Marie se fût-Elle préparée à Sa mission ? Douze années de recueillement, de prière, de contemplation, telle fut la préparation de l’Élue de Dieu. Cet épisode de la vie de la Vierge Marie est rapporté dans le « protévangile de Jacques ». La piété populaire et la spiritualité mariale en furent marquées, car elle soulignait bien la disponibilité de la Vierge Marie, à l’égard de la volonté divine. Tant en Orient qu’en Occident, cette fête connut un grand succès. Marie est bien prédestinée à devenir le temple vivant de la divinité. La scène est toute simple, selon cet évangile apocryphe: Anne et Joachim voulurent remercier Dieu de la naissance de cette enfant. Ils la lui consacrèrent. Lorsqu’elle eut trois ans, Marie fut conduite au Temple, un prêtre l’accueille par des paroles qui ressemblent au Magnificat et l’enfant s’assied sur les marches de l’autel. Cette fête est attestée dès le VIe siècle. Voici, d’après saint Jérôme, comment se divisait la journée de Marie au Temple : Depuis l’aurore jusqu’à 9 heures du matin, elle priait ; de 9 heures à 3 heures, elle s’appliquait au travail des mains ; ensuite elle se remettait à la prière, jusqu’au moment où arrivait sa nourriture. Marie, au jour de sa Présentation, nous apparaît comme le porte-étendard de la virginité chrétienne. Après elle, viendront des légions innombrables de vierges consacrées au Seigneur, dans le monde ou à l’ombre des autels, Marie sera leur éternel modèle, leur patronne dévouée, leur guide sûr dans les voies de la perfection ». Le Site russe transmet ensuite cette tradition : « parmi les Juifs, existait l’usage de consacrer quelques fois à Dieu les enfants en bas âge ; on les amenait au Temple, où avait lieu la cérémonie de la consécration, puis ils habitaient dans les dépendances du Temple et servaient les prêtres et les lévites dans leurs fonctions. Nous avons des exemples de cette consécration spéciale dans la personne de Samuel et de quelques autres saints personnages. Il y avait aussi des appartements pour les femmes dévouées au service divin ». Grégoire Palamas au XIVe siècle enseignait au sujet des années de jeunesse de Marie : « Marie choisit de vivre cachée des regards, consumant son temps dans le sanctuaire, où elle resta libre de tout lien matériel, elle se sépara de toute relation, et s’éleva au-dessus de tout amour, y compris envers son propre corps, elle unifia ainsi tout son être dans l’esprit, par l’attention et par la prière divine continuelle. En se concentrant dans son intériorité, elle s’unifia entièrement et complètement et elle s’éleva au-dessus de la diversité des formes que représentent les raisonnements. Ayant atteint la simplicité des genres et des formes, elle eût l’intuition d’un nouveau chemin vers le ciel que nous pourrions appeler silence de l’esprit. En unissant son esprit à ce silence, elle s’éleva au-dessus de toutes les créatures et elle vit la gloire de Dieu dans un mode plus parfait que Moïse, elle vit la grâce divine qui ne peut pas être comprise d’une façon parfaite avec les sens mais c’est un spectacle saint, et plein de grâce, réservé uniquement aux âmes pures et aux anges : et parce qu’elle a réalisé cela, elle devint la nuée lumineuse, selon les divins hymnographes, l’eau de la vraie vie, l’aube du jour mystique et le char de feu du Verbe » (Homélie 53, 59). Les visions d’Anne-Catherine Emmerich confirment ces traditions orthodoxes.

Le psaume 44 révèle qu’elle est à l’écoute de Son Seigneur et qu’elle séduit le Roi par sa beauté. Un cortège de jeunes filles l’entoure pour l’entraîner vers le Roi. Elle est vêtue d’étoffes précieuses. La première lecture concerne la Sagesse qu’est le Verbe. La Vierge Marie est invoquée, dans les litanies, « Trône de la Sagesse ». Demandons-lui de nous faire participer à la sagesse afin d’imiter son divin Fils. L’évangile de la Présentation de la Vierge Marie est celui de la naissance de Jésus à Bethléem. Saint Luc conclut le bref passage par ces mots importants : « Marie retenait tous ces évènements et les méditait dans son cœur ». Mère Marie-Augusta disait à ses enfants spirituels : ce qui fait un véritable apôtre de l’amour c’est son activité intérieure intense beaucoup plus que son activité extérieure, mais cependant il faut les deux. Apprenons de la Vierge Marie à vivre toutes les actions de nos journées, petites ou grandes, dans cette activité intérieure intense en gardant en nos cœurs les mystères de la vie de Jésus. Ce soir, nous renouvellerons notre donation plénière à Dieu. Puisse cette Messe nous préparer à ce renouvellement de notre donation à la suite de Jésus et de Marie.

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