Où trouvons-nous la formule essentielle de la foi ? Dans le Credo !

Classé dans : Formation, Questions de Foi | 0

Du symbole des Apôtres au Concile de Nicée (325) : foi et raison se rencontrent !

Récollections de Foyer 2017-2018 : « la beauté de notre foi » – 4e trimestre 2017 – enseignement 1/3

Le symbole de la Foi, règle de la Foi qui remonte aux apôtres pour interpréter droitement l’évangile.

 

       Bien chers amis, nous voulons commencer par cette récollection de Foyers un nouveau cycle d’approfondissements qui portera sur la beauté de notre Foi. Nos récollections ne seront pas, rassurez-vous, des cours de théologie. Elles veulent vous aider, bien évidemment, dans votre vie de Foyers. Nous pensons, comme cela nous a été demandé, que ces approfondissements sur la Foi vous aideront dans vos relations d’époux et dans votre responsabilité de parents chrétiens. En ce temps où la religion chrétienne est marginalisée et combattue, il est nécessaire de découvrir ou redécouvrir la beauté et la cohérence de notre Foi. Jésus est, ne l’oublions jamais, Voie, Vérité et Vie. Le Catéchisme de l’Eglise Catholique, qui a été promulgué le 11 octobre 1992, il y a 25 ans, révèle par ses quatre parties la cohérence de la voie chrétienne : I) Le Credo, II) Les Sacrements, III) La morale, IV) La prière.

Il est important, au début de nos approfondissements, que vous compreniez mieux ce qu’est le dogme et son développement. Certains catholiques continuent à dire, à la suite de la théologie progressiste moderniste des années 70, que les dogmes sont dépassés. Ils n’auraient été pour ces théologiens que la manière de dire la Foi des chrétiens en telle ou telle époque, mais aujourd’hui, ils ne seraient plus d’actualité. Telle n’est pas la conception du Pape théologien, Benoît XVI, appelé par ses nombreux opposants « le gardien du dogme » !  La Commission théologique internationale (1990) a ainsi défini le dogme : «une doctrine dans laquelle l’Église propose de façon définitive une vérité révélée ».

La fonction dogmatique dans l’Église est une exigence de la transmission fidèle aux hommes du message révélé selon de nouvelles conditions de temps et de lieu. Les dogmes sont comme l’expression de la vérité éternelle de Dieu dans le langage temporel des hommes. Des «lumières sur le chemin de notre foi, qui l’éclairent et le rendent sûr» (CEC89).

Le mot « dogme », disent les théologiens, a été utilisé dès l’Antiquité dans le domaine juridique, au sens d’arrêté ou de loi, et utilisé aussi en philosophie. Ce mot a mis longtemps à s’imposer dans l’Église. Au Moyen Âge, c’est plutôt sous l’appellation d’« articles de foi » que l’on discute de la doctrine obligatoire de l’Église et de la manière dont celle-ci a été établie. C’est véritablement avec la Réforme, puis les Lumières, que le mot « dogme » apparaît sous le sens actuel de « formulation doctrinale ». Contre le « rationalisme ou le naturalisme », accusés de « s’attaquer par tous les moyens à la religion chrétienne », le concile Vatican I, en 1870, le désigne comme « tout ce à quoi on doit croire d’une foi divine et catholique » et «qui est contenu dans les saintes Écritures et dans la Tradition, tout ce qui est proposé par l’Église comme vérité divinement révélée, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel» (Const. Dei Filius).

            Benoît XVI, le 17 octobre 2013, 5 jours après avoir ouvert l’année de la Foi, disait : «Où trouvons-nous la formule essentielle de la foi ? Où trouvons-nous les vérités qui nous ont été fidèlement transmises et qui constituent la lumière pour notre vie quotidienne ? La réponse est simple : dans le Credo, dans la Profession de Foi ou le Symbole de la foi, nous nous rattachons à l’événement originel de la Personne et de l’Histoire de Jésus de Nazareth… Aujourd’hui, nous avons besoin que le Credo soit mieux connu, compris et prié. En particulier, il est important que le Credo soit, pour ainsi dire, «reconnu». En effet, connaître pourrait être une opération uniquement intellectuelle, tandis que «reconnaître» veut signifier la nécessité de découvrir le lien profond entre les vérités que nous professons dans le Credo et notre existence quotidienne, afin que ces vérités soient véritablement et concrètement — comme elles l’ont toujours été — une lumière pour les pas de notre vie, une eau qui irrigue les passages arides de notre chemin, une vie qui vainc certains déserts de la vie contemporaine. Dans le Credo se greffe la vie morale du chrétien, qui trouve en lui son fondement et sa justification». Soulignons le lien, pour Benoît XVI, entre la Foi et la morale.

Ce nouveau cycle d’approfondissements nous aidera à comprendre ce qu’est le développement du dogme sous l’inspiration du Saint-Esprit et la conduite du Magistère dans la fidélité à la Tradition qui nous relie aux apôtres. Saint Vincent de Lérins est le Père sur lequel l’Eglise se fonde pour parler de ce développement du dogme dans la continuité ! Vincentius est né parmi les Leuques dans les environs de Toul. Fils d’Epiroque, et frère ainé de Loup de Troyes, il est issu d’une famille illustre des Gaules, il exerce d’abord le métier des armes puis se retire au monastère de Lérins, sur une île en face de Cannes. Il rédige en 434 un « Commonitorium » où il énonce les critères qui permettent de savoir si une doctrine est orthodoxe ou hérétique. Un progrès est légitime dans la compréhension et l’expression du dogme, écrivait St Vincent. Encore faut-il que ce progrès s’effectue de façon organique, à la manière dont se développe un être vivant : c’est-à-dire que la doctrine reste fondamentalement la même, progressant dans le même sens et la même pensée. Cette règle à été reprise dans les termes mêmes de Vincent par la Constitution Dei Filius du premier concile du Vatican. Vincent prétendait rédiger ces notes pour son propre compte. En fait, il a donné, sans le vouloir, des critères qui servent à l’Eglise universelle sur la Tradition et le développement dogmatique. Le développement du dogme n’est donc pas une évolution. Le mystère dépasse, c’est évident, les mots du dogme. Le langage humain, en effet, ne peut pas tout dire sur le mystère divin. La compréhension de ce mystère peut se développer. Mais la doctrine du dogme développé reste fondamentalement la même. Prenons un exemple pour mieux comprendre. Les apôtres croyaient ce que Jésus avait dit lors de la dernière Cène : « ceci est mon Corps, ceci est mon Sang ». Saint Justin, mort martyr en 165, est témoin de la Foi des apôtres : «nous ne prenons pas l’Eucharistie comme un pain ordinaire ou une boisson ordinaire. De même que Jésus Christ notre Sauveur, en s’incarnant par la Parole de Dieu, a pris chair et sang pour notre salut : ainsi l’aliment devenu eucharistie par la prière contenant sa parole, et qui nourrit notre sang et notre chair en les transformant, cet aliment est la chair et le sang de ce Jésus qui s’est incarné. Voilà ce qui nous est enseigné. » Mais comment ce qui paraît à nos yeux du pain et du vin peut être dit Corps et Sang de Jésus ? Le quatrième concile du Latran (1215) a adopté le mot « transsubstantiation » dont nous reparlerons en son temps. Ce mot a été confirmé par celui le Concile de Trente (1545–1563) et le Credo de Paul VI. Le mot forgé avec des termes philosophiques grecs n’apporte pas un changement à la Foi de l’Eglise depuis les apôtres. Il explique, sans nous donner la plénitude de compréhension du mystère de l’Eucharistie qui nous dépasse, que les espèces du pain et du vin demeurent, mais la substance du pain et la substance du vin ont laissé toute place au Corps et au Sang de Jésus. Voilà un dogme qui révèle le progrès dans l’énoncé de la Foi de l’Eglise et dans la compréhension du mystère et sans changement du contenu de la Foi depuis les apôtres.

      Essayons à présent de mieux comprendre le Symbole des apôtres. Une tradition crédible – confirmée par Anne-Catherine Emmerich – affirme que les apôtres, inspirés par le Saint-Esprit, ont voulu rassembler en 12 articles, très faciles à retenir, l’essentiel de la Foi chrétienne. Jésus, comme l’a si bien dit Benoît XVI, a révélé le vrai visage de Dieu. Il est la plénitude de la Révélation. Saint Jean de la Croix a dit qu’aucune nouvelle Révélation publique n’était à attendre. Tout a été dit par le Verbe incarné sur les grands mystères de Dieu Trinité, de l’homme et de son Salut. Mais Jésus a révélé ces mystères, pendant les trois années de Sa Vie Publique et dans ses rencontres avec les hommes et femmes de son temps. Il ne les a pas révélés comme un professeur d’université. Il n’a pas donné une synthèse théologique systématique comme Saint Thomas d’Aquin. Les apôtres, inspirés par l’Esprit-Saint, ont compris qu’il était nécessaire de donner une synthèse des vérités révélées : le symbole des apôtres.

Ce symbole est comme une «règle» pour interpréter sans erreur l’évangile. Le Cardinal Joseph Ratzinger, dans sa très importante conférence de Paris et Lyon en 1983 sur la transmission de la Foi, avait rappelé la nécessité de la Règle de la Foi pour la droite interprétation de l’Ecriture Sainte dans la fidélité à la Tradition apostolique. Il affirmait que l’une des crises de l’exégèse moderne avait été le rejet de la règle de la Foi pour soi-disant interpréter « directement » l’Ecriture. Une telle interprétation a conduit au subjectivisme et à l’erreur. Benoît XVI, le jeudi 14 février 2013, disait encore aux prêtres de Rome que la Révélation se recevait dans le « nous » de l’Eglise. Ainsi, le symbole des apôtres comme règle de la Foi, permet de demeurer dans ce « nous » de l’Eglise.

Le symbole des apôtres a aussi un autre but : il permet de se reconnaître entre chrétiens comme membres du même corps : un seul Seigneur, une seule Foi, un seul Baptême, un seul Dieu et Père (Ep 4, 5) ! Le Saint Esprit a vraiment inspiré les apôtres afin que la Foi de l’Eglise puisse être transmise fidèlement et dans son intégralité jusqu’à la fin du monde ! Rendons grâce à Dieu notre Père, remercions Jésus, laissons-nous conduire par l’Esprit Saint et comprenons que l’Eglise, en nous imposant de professer le symbole de la Foi, n’empêche pas la recherche scientifique, mais nous garde dans le « nous » de l’Eglise et nous permet d’accueillir sans erreur la Révélation divine, si importante pour notre Salut. Il est important qu’en famille, on prie souvent avec le symbole des apôtres. Cela se fait au début du chapelet. Ainsi, les enfants apprennent très tôt la règle de la Foi. Peu à peu, dans la catéchèse, ils la comprendront mieux.

            Que signifie le mot grec « symbole » ? Le CEC (188) enseigne qu’il signifie la moitié d’un objet brisé (par exemple un sceau) que l’on présente comme un signe de reconnaissance. Les parties brisées étaient mises ensemble pour vérifier l’identité du porteur. Le « symbole de la foi » est donc un signe de reconnaissance et de communion entre les croyants. « Symbolon » signifie aussi recueil, collection ou sommaire. Le « symbole de la foi » est le recueil des principales vérités de la foi. D’où le fait qu’il sert de point de référence premier et fondamental de la catéchèse. La première « profession de foi » se fait lors du Baptême. Le « symbole de la foi » est d’abord le symbole baptismal. Puisque le Baptême est donné « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28,19), les vérités de foi professées lors du Baptême sont articulées selon leur référence aux trois personnes de la Sainte Trinité.

       La structure du symbole en 12 articles selon le CEC. Le Symbole est divisé en trois parties (CEC 190) : « d’abord il est question de la première Personne divine et de l’œuvre admirable de la création; ensuite, de la seconde Personne divine et du Mystère de la Rédemption des hommes; enfin de la troisième Personne divine, source et principe de notre sanctification ». Ce sont là « les trois chapitres de notre sceau (baptismal) » selon S. Irénée. « Ces trois parties sont distinctes quoique liées entre elles (CEC 191). D’après une comparaison souvent employée par les Pères, nous les appelons articles. De même, en effet, que dans nos membres, il y a certaines articulations qui les distinguent et les séparent, de même, dans cette profession de foi, on a donné avec justesse et raison le nom d’articles aux vérités que nous devons croire en particulier et d’une manière distincte ». Selon une antique tradition, attestée déjà par S. Ambroise, on a aussi coutume de compter douze articles du Credo, symbolisant par le nombre des apôtres l’ensemble de la foi apostolique.

            Reprenons brièvement les 12 articles pour mieux comprendre ce qu’est la synthèse de la Foi chrétienne : Art1 : Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre. Dans ce premier article, les 12 apôtres ont professé que l’unique Principe de la Trinité et de toute la création est Dieu le Père tout-puissant. Mais aucune explication théologique n’est donnée sur le mystère du Père, seulement la Foi ! Remarquons encore que le symbole commence par cette expression : « je crois en ». Cette expression, nous le redirons, se distingue de cette autre expression : « je crois que ».

Art2 : Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur. Ce deuxième article exprime avec clarté la Foi chrétienne : Jésus est le Messie, le Christ, mais Il est plus qu’un prophète, Il est le Fils unique. Ce Fils unique est « Notre-Seigneur ». Nous ne pouvons pas ne pas nous rappeler la profession de Foi de St Thomas, le dimanche octave de Pâques : « mon Seigneur et mon Dieu » (Jn 20, 28). Nos frères juifs et les musulmans ne partagent pas notre Foi en Jésus, Fils de Dieu. Le symbole des apôtres ne donne pas de théologie dogmatique. Il dit tout simplement la Foi qu’il faut croire et annoncer.

Art 3 : qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie. Les apôtres, dès le début de l’évangélisation, croyaient en la conception virginale de Jésus, né de la Vierge Marie mais conçu par l’Esprit Saint et non par un homme. Ils se contentent, là encore, d’affirmer la Foi.

Art 4 : a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli. Les apôtres ont pensé qu’il était important de transmettre fidèlement les évènements de la Passion et de la mort réelle de Jésus dont le corps a été enseveli. Aucune théologie de la rédemption n’est développée, mais les témoins oculaires peuvent attester des évènements qui se sont déroulés sous Ponce Pilate. La Rédemption n’est pas un mythe, mais un évènement historique dont l’Esprit-Saint permettra de mieux comprendre le mystère.

Art 5 : est descendu aux enfers ; le troisième jour est ressuscité des morts. Les apôtres, témoins de la Passion de Jésus, ne l’ont pas été de sa descente aux enfers. Qu’ont-ils voulu signifier par cette expression ? Tout simplement que l’âme spirituelle est immortelle de Jésus, séparée de Son Corps qui reposait dans le tombeau, est allé rejoindre les âmes vivantes de tous les descendants d’Adam et Eve au séjour des morts que l’on appelle les enfers au pluriel. Les apôtres vont ensuite professer le cœur de la Foi chrétienne : Jésus est ressuscité le troisième jour ! La résurrection de Jésus est un fait historique tout en étant un mystère dont les apôtres sont les témoins oculaires et crédibles. Ils ont vu Jésus ressuscité. Ils L’ont touché et entendu. Les apôtres ne font pas de la théologie fondamentale, ils se contentent de professer la Foi en la Résurrection.

Art 6 : est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant. Les apôtres, témoins de l’Ascension, veulent souligner cet autre fait historique : Jésus est monté au Ciel. Les apôtres L’ont vu S’élever et entrer dans la nuée qui, dans l’AT, symbolise la divinité. Les apôtres témoignent ensuite d’un fait dont ils ne sont pas témoins : Jésus avec son Corps ressuscité vit à présent au Ciel. Il siège à la droite de Dieu le Père tout-puissant. Le CEC dit, que par cette profession de foi, Il inaugure son Règne de Messie, c’est l’accomplissement de la prophétie de Daniel sur le Fils de l’Homme. Son Règne n’aura pas de fin !

Art 7 : d’où il viendra juger les vivants et les morts. Les apôtres ont bien compris ce que Jésus a révélé et la parabole du Jugement dernier (Mt 25,40). Le CEC affirme que cet article signifie que le plein droit de juger définitivement les œuvres et les cœurs des hommes appartient à Jésus en tant que Rédempteur du monde. Jésus, pendant sa vie terrestre, a bien dit qu’Il n’est pas venu pour juger mais pour sauver (Jn 3, 17). Dans la parabole du Jugement dernier, Il prophétise bien la séparation des bénis de Son Père et des maudits de Son Père. La grande hérésie de notre temps – tout le monde est sauvé ! – n’a aucun fondement dans l’Ecriture et dans la Règle de la Foi qu’est le symbole des apôtres : l’Enfer existe et il est éternel ! Jésus a tout fait pour sauver les damnés. Ce sont eux qui, par le refus de la grâce et du Saint-Esprit, se damnent pour l’éternité.

Art 8 : Je crois en l’Esprit Saint. Nous pouvons souligner en ce huitième article très bref que les apôtres ont repris pour la troisième fois l’expression : « je crois en », utilisée pour le Père et pour Jésus. L’Esprit-Saint est Dieu. Les apôtres se contentent de le professer sans donner d’autres explications théologiques.

Art 9 : à la sainte Église catholique, à la communion des saints. Nous ne croyons pas en l’Eglise mais à l’Eglise. Le CEC explique ainsi la nuance : « nous faisons profession de croire une Eglise Sainte et non pas en l’Eglise, pour ne pas confondre Dieu et ses œuvres et pour attribuer clairement à la bonté de Dieu tous les dons qu’Il a mis dans son Eglise ». Le CEC dit aussi que l’article sur l’Eglise dépend entièrement de celui sur le Saint-Esprit qui le précède. N’oublions pas que les apôtres ont été les protagonistes de la Pentecôte. Ils savent comment ils ont reçu l’Esprit-Saint et comment ils ont été par l’Esprit un Seul Corps et une Seule Âme. Le CEC précise ensuite que la communion des saints est précisément l’Eglise (CEC 946). Confessons l’œuvre du Saint-Esprit, émerveillons-nous et vivons en vérité le mystère de l’Eglise communion.

Art 10 : à la rémission des péchés. Ce dixième article est important. Nul ne pourrait être sauvé sans le pardon des péchés. Jésus, en soufflant sur les apôtres le soir de Pâques, leur a donné le pouvoir de pardonner les péchés. Le CEC (978) enseigne : « en recevant le saint Baptême qui nous purifie, le pardon que nous recevons est si plein et si entier, qu’il ne nous reste absolument rien à effacer, soit de la faute originelle, soit des fautes commises par notre volonté propre, ni aucune peine à subir pour les expier ». Comprenons, en ce temps où la doctrine de Luther déforme les consciences, l’importance donnée par les apôtres à la rémission des péchés avec le sacrement du baptême. Cet article sur la rémission des péchés est aussi un appel à vivre dans la sainteté. L’Eglise de Jésus est Sainte. Elle est, certes, composée de pécheurs pardonnés, mais ces pécheurs pardonnés sont appelés à se déterminer pour la sainteté. On ne peut pas être, en même temps et sous le même rapport, en état de péché mortel et en état de grâce.

Art 11 : à la résurrection de la chair. Cet article signifie que le Salut ne concerne pas seulement l’âme spirituelle. Notre corps ressuscitera comme celui du Christ à la fin des temps. Le CEC dit (991) : « croire à la résurrection des morts a été dès ses débuts un élément essentiel de la foi chrétienne ». « S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité … vide est notre foi » (1 Co 15, 12).

Art 12 : à la vie éternelle. Ce dernier article du symbole des apôtres ne doit pas être négligé. Les apôtres ont bien assimilé les enseignements donnés par Jésus et plus particulièrement celui retransmis par Saint Jean sur la vie éternelle. Cette vie est participation à la Vie de Dieu. L’homme et la femme ne sont pas faits pour vivre éternellement cette vie terrestre, mais pour vivre éternellement en Dieu. Benoît XVI a fait remarquer que la vie éternelle n’était pas seulement la vie dans l’au-delà. Avec le baptême, nous participons dès cette terre à la vie de la grâce, qui est une participation à la vie de Dieu.

Concluons par le concile de Trente, qui a accepté l’origine apostolique du Credo et rappelé Saint Irénée : pour connaître la véritable doctrine, il faut connaître « la Tradition qui vient des Apôtres et la foi annoncée aux hommes ». La Tradition de l’Eglise est unique dans ses contenus fondamentaux que Saint Irénée appelle regula fidei ou veritatis : règle de la Foi ou de la vérité. Elle crée ainsi une unité à travers les peuples, à travers les diverses cultures, un contenu commun comme la vérité, en dépit de la diversité des langues et des cultures.

Benoît XVI, en commençant l’année de la Foi en 2012, avait invité les chrétiens à goûter la joie de croire. Puisse cette première causerie nous permettre de mieux comprendre l’importance du symbole des apôtres. Dans sa dernière homélie si émouvante du mercredi des cendres 2013, Benoît XVI avait à nouveau parlé de la joie. Il était convaincu que le Rocher de l’Eglise, ce n’était pas lui, mais Jésus. Mettons en pratique le conseil de Benoît XVI et goûtons la vraie joie, la joie qui nous vient de Dieu, la joie de croire. C’est une joie de savoir que Dieu existe, qu’Il est Père, Fils et Esprit Saint, notre Créateur, notre Rédempteur et qu’Il nous appelle à vivre en Lui la vie éternelle dans la Vérité et l’Amour ! C’est une joie de savoir qu’au jour de la Résurrection des corps et du Jugement universel le Mal sera définitivement vaincu ! C’est une joie de savoir que nous vivrons éternellement la communion avec les Personnes divines et avec tous les anges et tous les saints ! Que le Ciel sera beau ! Voilà notre joie ! Transmettons cette joie à nos enfants !

>> Pour approfondir : consultez les actes de notre forum de février 2013 : « Le Symbole des Apôtres et le Credo »

Laissez un commentaire