à la suite de Jésus et Marie, redisons notre « ecce » !

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2 février 2018 – Fête de la présentation de Jésus au Temple (Fr. Jean-Régis)

 

Dans son récit de l’enfance de Jésus, saint Luc souligne que Marie et Joseph étaient fidèles à la loi du Seigneur. Avec une profonde dévotion, ils accomplissent tout ce qui est prescrit après la naissance d’un garçon premier-né : la purification de la mère et le rachat de l’enfant. Saint Luc précise que Marie et Joseph offrirent le sacrifice des pauvres, pour souligner que Jésus est né dans une famille de gens simples, humble mais très croyante. Il est important d’observer que pour ces deux actes — la purification de la mère et le rachat de l’enfant — il n’était pas nécessaire d’aller au Temple. Pourtant, Marie et Joseph veulent tout accomplir à Jérusalem, et saint Luc montre comment toute la scène converge vers le Temple, et se concentre ensuite sur Jésus qui y entre. Et voici que, précisément à travers les prescriptions de la Loi, l’événement principal devient la Présentation de Jésus au Temple. En accomplissant ce que prescrivait la Loi, Jésus enfant instaure déjà un culte nouveau : par les mains de la Vierge marie, il s’offre lui-même à son Père et vient à la rencontre des hommes.

Ce récit de l’évangéliste trouve un écho dans les paroles du prophète Malachie que nous avons entendues dans la première lecture : « “Soudain il entrera dans son sanctuaire, le Seigneur que vous cherchez ; et l’Ange de l’alliance que vous désirez, le voici qui vient !” dit le Seigneur… Il purifiera les fils de Lévi… et ils deviendront pour le Seigneur ceux qui présentent l’offrande selon la justice » (3, 1.3). Il est clair qu’on ne parle pas ici d’un enfant, et pourtant, cette parole trouve un accomplissement en Jésus, parce que « soudain », grâce à la foi de ses parents, Il a été amené au Temple ; et dans l’acte de sa « présentation », ou de son « offrande » personnelle à Dieu le Père, transparaît clairement le thème du sacrifice et du sacerdoce, comme dans le passage du prophète. L’enfant Jésus, qui est présenté au Temple, est le même qui, une fois adulte, purifiera le Temple et surtout deviendra le grand prêtre de la nouvelle et éternelle alliance en s’offrant lui-même en sacrifice sur l’autel de la croix pour le rachat du monde.

La première personne qui s’associe au Christ sur le chemin de l’offrande et de l’obéissance, de la foi éprouvée et de la douleur partagée, est la Vierge Marie, sa mère. Le texte évangélique nous la montre dans l’acte d’offrir son Fils : une offrande inconditionnelle qui l’implique à titre personnel : Marie est la Mère de Celui qui est « gloire de son peuple Israël » et « lumière pour éclairer les nations », mais aussi « signe en butte à la contradiction ». Et elle-même, dans son âme immaculée, devra être transpercée par l’épée de douleur, démontrant ainsi que son rôle dans l’histoire du salut ne se limite pas au mystère de l’Incarnation, mais se complète dans la participation pleine d’amour et de douleur à la mort et à la résurrection de son Fils. En amenant son Fils à Jérusalem, la Vierge Marie l’offre à Dieu en tant qu’Agneau véritable qui ôte les péchés du monde ; elle le tend à Syméon et à Anne comme annonce de rédemption ; elle le présente à tous comme lumière pour une marche assurée sur le chemin de la vérité et de l’amour.

En cette fête, nous célébrons la Journée de la Vie consacrée. Pleins de confiance et de reconnaissance, nous voulons en ce jour renouveler nous aussi notre geste d’offrande totale de nous-mêmes en nous présentant au Seigneur, en nous approchant du Dieu trois fois saint, pour offrir notre vie et notre mission, personnelle et communautaire. Nous accomplissons ce geste intérieur en intime communion spirituelle avec la Vierge Marie : en la contemplant dans l’acte de présenter l’Enfant Jésus au Temple, nous la vénérons comme la première et parfaite consacrée, portée par ce Dieu qu’elle porte dans ses bras ; Vierge, pauvre et obéissante, entièrement dévouée à nous, parce que toute à Dieu. A son école, et avec son aide maternelle, renouvelons en ce jour notre donation totale à Dieu en redisant notre « ecce », notre « fiat » et notre « Magnificat ».

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