Les clefs pour un réveil chrétien authentique…

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Les clefs pour un réveil chrétien authentique

 2e enseignement donné lors du WE Jeunes des 27-28 janvier à Saint Pierre de Colombier 

>> Le premier enseignement (les racines de la crise) est disponible ici – Les enseignements suivants seront disponibles sur ce blog dans les semaines à venir !

[Source parfois intégralement citée : Rod DREHER, « Comme être chrétiens dans un monde qui ne l’est plus », édition Artège, 2017]

 

La dernière fois, nous avons fait des constats : à savoir que le christianisme ne fait plus partie du centre de culture ; nous sommes en quelque sorte devenus marginaux. Nous avons essayé de donner une synthèse vous montrant comment nous en étions arrivés à cet état de fait.

Ce matin et cette après midi, nous voulons vous donner quelques clés vous permettant de garder la foi, de continuer à être chrétien et de provoquer un réveil chrétien authentique.

Notre chemin sera éclairé, balisé par Benoît de Nurcie, plus connu sous le nom de st Benoît.

Si nous voulons survivre, il nous faut retourner aux racines de notre foi, dans nos pensées comme dans nos actes. Il va falloir renouer avec des habitudes intérieures que les croyants occidentaux ont délaissées. Il va falloir radicalement changer nos vies, notre vision du monde. En un mot, il va nous falloir être l’Eglise, sans compromis, quel qu’en soit le coût ! Il va falloir collaborer avec les chrétiens de notre entourage pour bâtir des réponses aux défis que ce monde lance à l’Eglise. Pour que le sel ne perde pas sa saveur, nous devons agir.

Arrêter de vouloir colmater les fuites, sauver ce qui est existant. Non ! car bien souvent les structures existantes n’ont plus l’Esprit, elles sont corrompues, elles sont compromises. Il faut créer des structures nouvelles dans lesquelles il n’y pas de compromission, dans lesquelles le monde ne peut faire entrer son venin. C’est un travail passionnant mais aussi c’est un travail qui nécessite des choix radicaux, qui nécessite  de la générosité, des convictions, un changement de vie. Qui nécessite de renoncer parfois à une belle carrière.

Aujourd’hui, il y a des métiers qui ne peuvent plus être exercés : pharmaciens, médecins jusqu’à quand ?

Attention cela ne veut pas dire que l’on sera clos sur nous-mêmes, que nous ferons un repli identitaire.

  • L’exemple de Benoît de Nursie.

Un beau jour de la fin du Vème siècle, un jeune homme du nom de Benoît fit ses adieux à son village natal, Nursie dont son père était le gouverneur. Benoît partait pour Rome là où les jeunes prometteurs allaient compléter leurs études pour se faire une place dans le monde. Ce n’était plus la Rome glorieuse d’antan. 70 ans avant la naissance de Benoît, les Wisigoths avaient mis la Ville éternelle à sac. La capitale de l’Empire romain d’Occident souffrait d’un long déclin. La cité qui avait conquis le monde a été conquise elle-même ! St Grégoire le Grand qui a écrit une biographie en s’appuyant sur le témoignage de 4 de ses disciples disait que Benoît fut si bouleversé et dégouté par le vice et la corruption de Rome qu’il refusa la vie privilégiée à quoi son statut de fils de dignitaire lui donnait droit. Il s’installa dans une grotte à 60 kilomètres à l’ouest de Rome et y vécu en ermite pendant trois ans. Lorsqu’il la quitta, il avait déjà une réputation d’un saint, et une communauté l’avait invité à devenir son abbé. Finalement, Benoît fonda 12 monastères dans la région. Sa sœur Jumelle, Scolastique fit la même chose du côté des femmes. St Benoît rédigea ce que l’on appelle aujourd’hui « la règle de st Benoît ». Sa règle est donc en un sens un manuel scolaire. Il y décrit le monastère comme « une école dédiée au service du Seigneur ». Sa spiritualité n’est pas une haute élévation mystique mais est résolument pratique. Sa règle va permettre à de nombreux hommes et femmes derrière les murs des monastères d’entretenir la foi et l’enseignement, et delà, on évangélisa les peuplades barbares, on leur apprit à prier, à lire, à semer et récolter, à bâtir. Les monastères bénédictions vont contribuer à relever la société ravagées de l’après-Empire Romain d’Occident et va faire naitre une civilisation nouvelle, la civilisation chrétienne. Remarquons que les moines auront à cœur de rassembler tous ce qu’il y avait de meilleurs de la civilisation antiques afin de le conserver, l’assimiler, le purifier à la lumière du christianisme. Une véritable œuvre d’inculturation se fera par le moyen des moines bénédictins. Ce n’était un replis identitaire.

Le système romain d’après la chute était en trop mauvais point pour être sauvé. St Benoît l’avait compris en voyant Rome. Il a agit avec sagesse en quittant la société pour créer une nouvelle communauté dont les pratiques préserveraient la foi dans les épreuves à venir. Les chrétiens doivent quitter Babylone, s’en séparer soit  métaphoriquement soit littéralement, sans quoi leur foi ne tiendra plus guère dans quelques temps.

Ces chrétiens apprennent à survivre avec foi et inspiration, à approfondir leur vie de prière, à changer leur manière d’être, à se recentrer sur leur famille et leur communauté, à construire des écoles des institutions dans lesquelles la foi chrétienne pourra survivre et s’épanouir en ce temps de déluge. C’est une attitude biblique : trouver refuge dans l’arche de Noé.

Tout partit de la graine de sénevé plantée par un jeune homme plein de foi, qui ne souhaitait que chercher Dieu et le servir dans une communauté construite pour affronter le chaos, la décadence alentour et construire du beau. L’exemple de saint Benoît nous donne de l’espoir que se lève aujourd’hui des petits groupes de croyants qui répondent avec créativité aux défis de leurs temps. Benoît XVI a souvent rappelé l’exemple de st Benoît et le rôle des monastères bénédictins pour diffuser une nouvelle culture. C’est pourquoi, il nous a appelé à devenir des « minorités créatives » au milieu d’un monde déchristianisé. Notre père fondateur nous parlait souvent de l’importance des centres spirituels car c’est à partir d’eux que la foi pourra être gardée, transmise dans son intégralité et porter de beaux fruits spirituels et civilisationnels.

  • Différentes clés du réveil

1- Retrouver le chemin de la vertu et de l’Ascèse.

L’Occident a abandonné la raison et la tradition des vertus pour se tourner vers le relativisme qui a complètement subverti ce monde. Nous sommes ni gouverné par la foi ou la raison, ou encore un mixte des deux. Nous sommes gouvernés par l’émotivisme, soit l’idée que les choix moraux ne sont autre chose que l’expression de ce qu’un individu ressent comme juste lorsqu’il a à le choisir.

La vertu et l’ascèse dans notre société hédoniste et de l’émotivité sont très mal vus ; termes qui connotent les notions d’autrefois, pénibilité, inutilité, devoir, contrainte, limite à notre liberté. L’ascèse vient du grec askêsis « exercice ». L’ascèse n’est pas avant tout vécu pour obtenir un mérite spirituel mais pour celui qui connaît tant soit peu l’homme, il sait que le cœur de l’homme et ses passions ne peuvent être contenus en s’astreignant à la discipline. L’ascétisme est l’anti dote au poison de « l’égotisme », si répandu dans nos sociétés qui nous fait croire que nous atteindrons le bonheur en satisfaisant nos pulsions et en allant de sensation en sensation. Le chrétien qui pratique l’ascèse s’exerce à dire non à ses désirs et oui à Dieu, une mentalité qui a tout à fait disparu en Occident. Nous nous sommes tournés vers le seul confort, nous désirons une religion confortable, une religion où il n’y a pas trop de contrainte, où l’on puisse prendre à l’occasion du large avec les commandements, une religion qui ne condamne pas, une religion qui n’interdit pas, une religion qui permet de recevoir la grâce de Dieu tout en restant dans ma situation de péché, une religion qui ne met aucune limite à la communion sacramentelle : c’est moi qui doit décider si je peux ou non communier.

Ne jeunant pas, n’étant jamais ascètes, nous devenons incapables de refuser que le cœur satisfasse à ses pulsions. Il est important de retrouver l’ascèse chrétienne pour nous et pour les autres chrétiens pour résister à l’hédonisme et à la surconsommation qui forment l’âme de la culture contemporaine. Si je ne mets pas de frein aux désirs matériels, les plus tangibles, comment puis-je espérer avoir la moindre discipline morale et spirituelle, comment puis-je espérer contrôler mes passions spirituelles : la colère, l’envie, l’orgueil une règle ? Redisons-le, le but est de s’abstenir, non pour se conformer à des règles mais pour briser le pouvoir qu’ont sur nous les désirs du corps. Réfréner ses désirs pour grandir spirituellement revient à refuser de permettre au corps qu’il serve ce qui n’est pas digne de lui.

Il faut ajouter que l’ascèse peut agir comme un réveil pour celui qui s’est endormi spirituellement. L’ascèse est un efficace rappel à la réalité ; ce n’est pas du tout une punition !

Une personne obèse qui fait un régime ne le fait pas pour se punir d’être gros, mais pour être en meilleur santé. Réapprendre l’ascétisme, c’est-à-dire souffrir pour la foi est un exercice indispensable aux chrétiens d’aujourd’hui.

L’ascèse quotidienne peut consister à se fixer un agenda de prière, à lire chaque jour les Ecritures, à se retrouver le soir pour dîner à une heure fixe en aillant préparé un repas équilibré, à décider de l’heure à laquelle on éteint l’ordinateur, le portable. Avec le temps, ces exercices se font sans effort. Il faut que la discipline devienne une seconde nature, qu’il n’est plus besoin de s’efforcer à acquérir. L’homme qui contrôle ses désirs est libre. L’homme qui fait tout ce qui lui passe par la tête est un esclave. Nous sommes dans culture de l’éphémère du jetable. On passe d’une sensation à une autre sensation. Je suis frappé de voir combien aujourd’hui on change facilement d’orientation. On fait des études et à la fin des études on change d’orientation, on veut apprendre un autre métier. Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas bon de changer, les circonstances parfois sont là. Mais bien souvent ces changements viennent de la versatilité de nos désirs que nous n’avons pas appris à maîtriser par une certaine ascèse.

Le jeûne numérique comme ascèse moderne :

En tant que chrétiens, nous nous comportons avec vertu non seulement parce que Dieu le commande mais parce que la vertu nous aide à voir le Christ, plus clairement. L’Eglise -primitive ne cherchait qu’une chose : contempler la face de Dieu, tout le reste était secondaire.

La clé pour vivre en hommes libres dans la modernité post-chrétienne est de cultiver une vie contemplative authentique en faisant preuve de contrôle cognitif. La première étape pour retrouver un contrôle cognitif sur soi-même consiste à se créer un espace de silence dans lequel on peut penser. Rod Dreher écrit dans son livre qu’au cours de sa vie pour faire fasse à une crise spirituelle profonde se manifestant entre autre par une grande anxiété, son directeur spirituel lui imposa une prière contemplative quotidienne. S’astreindre à prier une heure durant était incroyable difficile. Mais finalement, cette oraison répétée à permis à l’Esprit-Saint de profiter de ce tête à tête pour calmer ses orages intérieurs (cf. film sur st Ignace et sa méthode d’oraison).

Il est un jeûne qui aujourd’hui devient nécessaire et est particulièrement bienfaisant pour renouer avec la vraie contemplation : le jeûne numérique. Une organisation juive, Reboot, prône le sabbat numérique ! C’est un jour de repos au cours duquel les gens se déconnecte de la technologie en particulier du numérique ce qui permet de se reconnecter au monde réel. Cela permet de se retrouver soi-même, de se retrouver avec Dieu, de  renouer avec des relations directs avec les autres. Souvent internet qui, au demeurant est un outil extraordinaire, nous disperse et nous pousse à nous abandonner aux pulsions et aux passions. Si nous n’opposons pas une force égale à celle d’internet exerce sur nous, nous ne pourrons que perdre pied, nous laissons entrer la frénésie dans nos âmes.

2- Retrouver le chemin de la raison.

Grande pauvreté de la pensée. On vend des slogans, du sentiment, de l’émotivité mais on ne donne pas de raisonnements étayés, ayant une grande rigueur. La philosophie n’est plus vraiment une recherche de la Vérité mais une expression de ce qui est la vérité du moment.

Face aux grandes questions actuelles : mariage pour tous, euthanasie, recherche bioéthique : la clé de lecture est la situation du moment, l’émotion. On ne va pas plus loin dans la réflexion.

Aujourd’hui, on redoute l’argumentation sur la PMA GPA, l’euthanasie. On redoute le débat.

Il faut se former sur ces questions éthiques : Alliance Vita

Il faut connaître sa foi : la foi n’est pas un sentiment, elle a un contenu qui n’est pas arbitraire, il est intelligible, raisonnable même si le Mystère dépasse les forces de notre raisons. L’aspect raisonnable de notre foi est une caractéristique du christianisme. Dans la plus part des religions, il n’en est pas ainsi : Islam, religions animistes, religions orientales.

L’ignorance est le pire ennemi de la foi disait JP II.

Prendre les moyens de connaître notre foi. Personnellement, j’ai pratiqué un catéchisme de persévérance, Mgr Aupetit a suivi les formations avec Jean Daujat ce qui l’a structuré.

Prendre les moyens pour cela : études CEC, les lettres de vie de saints de l’Abbaye de Flaviny qui ont soin de mettre en lien avec les documents du magistère, les sessions Domini, les homélies des messes Domini. Attention aux ouvrages progressistes !

3- Remettre en question le progrès  ou du bon usage de la technologie.

Il faut que le chrétien retrouve une vraie claire voyance sur la notion de progrès. Les prouesses technologiques jettent de la poudre aux yeux et nous font idolâtrer le progrès. Le progrès technologique n’est pas le progrès moral ; en réalité, il peut même en être le complet opposé.

La technologie nous prive de notre capacité à nous penser nous-mêmes autrement qu’en termes technicistes. Au début du XXème siècle, les progressistes occidentaux ont embrassé l’eugénisme qui avait pour but d’améliorer la race en contrôlant la génération. Certaines figurent religieuses clamaient également que la science appliquée ferait progresser la société. Seuls les catholiques et les fondamentalistes protestants se sont opposés à cette doctrine au nom de la dignité de l’homme. L’eugénisme est passé de mode après que le monde ait découvert les horreurs nazis. Au XXIème siècle, retour en force de l’eugénisme avec les avancées de la biotechnologie qui nous promet de confectionner l’enfant sur mesure. Les chrétiens seront-ils s’y opposer publiquement ? On peut se poser des questions quand on lit certains articles du journal La Croix ; quand on voit le peu de prise de positions d’hommes  d’Eglise en France sur ces questions. Il faudrait tonitruer. Il faudrait que les fondations comme celle de Jérôme Lejeune soient beaucoup plus soutenues ; elles ne le sont pas toujours par des hommes d’Eglise. Combien de prises de position en apparence assez droites mais dont toute la force de condamnation est détruite à cause de la présence d’une nuance qui veut monter une ouverture.  Combien de chrétiens, d’hommes d’Eglise se sont laissés séduire par l’impératif technologique : « on ne peut pas mais dans certains cas, lorsque c’est bien encadré pourquoi pas ; il en va du bonheur d’un couple » !

L’esprit de l’homme technologique est inapte à réprimer ses désirs : c’est sa culture qui lui a appris à ne jamais les remettre en question. Il en vient à croire que l’étendue de ce qu’il peut faire à la nature n’est limitée que par sa capacité à la soumettre à sa volonté. Les chrétiens doivent s’opposer fermement à cet état d’esprit : ce n’est pas parce que devient réalisable  telle chose que l’on peut le faire. Dieu est notre créateur, il a donné des lois à la nature nous devons les respecter. Nous ne pouvons pas désobéir à ses lois car c’est mettre en péril l’homme et l’humanité. Il y a des actes qui sont intrinsèquement mauvais et qui le restent quelques soient les circonstances. Le mariage sera toujours indissoluble, l’adultère sera toujours un mal grave. Une FIV ne sera jamais moralement bonne même si c’est pour une bonne finalité car la fin ne justifie pas les moyens. Il ne sera jamais moralement bon de faire de la recherche sur embryon en vue d’améliorer un problème. Il n’y a pas des avortements possibles en certaines circonstances ; cela reste toujours la suppression d’une vie humaine.

Si les chrétiens ne font pas front, fermement campés sur une fidélité à la Tradition séculaire de l’Eglise, fidélité au Credo, fidélité aux sacrements, fidélité à la morale, fidélité au Magistère de l’Eglise à travers les siècles alors les chrétiens se laisseront submerger ; leur foi se dissoudra. Ils n’auront plus rien à quoi se raccrocher. Non ! Accrochons-nous à cet ordre sacré révélé et transmis dans la fidélité et continuité par la Tradition de l’Eglise, n’ayons pas honte de ce trésor. Même si on se moque de nous, si on nous ridiculise, nous savons que nous avons un trésor, qu’il est la clé de la sagesse, du bonheur. Le chrétien doit s’opposer non à la technologie mais à l’esprit technologiste qui lui fait croire que toute technologie est forcément bonne car lui permet d’accéder à tous ses désirs, de se libérer de toute limite et de toute obligation non choisie ! Chaque fois que le chrétien et parfois des hommes d’Eglise se soumettent aux tendances du monde, se laisse pénétrer par la mentalité technologique alors le christianisme se défigure.

Notre rôle est de résister à cette mentalité, de ne faire aucune compromission, d’être au clair sur ce qui est moralement bon ou non. Être chrétien dans un monde qui ne l’est plus c’est s’opposer à toute forme de pacte avec la mentalité techniciste ! Aujourd’hui cette attitude est plus que d’actualité avec les assises de la bioéthique. On ne veut pas que la vérité soit dite.

4- Retrouver les assises de la stabilité pour sortir de la mentalité liquide.

a- Redécouvrir le passé

Nous ne devons rester figer sur la passé, mais nous devons le redécouvrir. Nous devons connaître nos racines, ce qui nous a construits et nous fait vivre. La modernité est toujours à la recherche du nouveau, elle idolâtre la nouveauté. Nous nous devons, au contraire, prendre de la hauteur, juger, discerner pour voir si ce qui est nouveauté n’est pas un leurre. Souvent nous avons cru que les anciennes manières de servir Dieu, transmises par nos prédécesseurs, représentaient un frein à l’authenticité. On a réinventé des signes liturgiques ; on s’est moqué de certaines prudences : dans la relation hommes-femmes, des expressions ou mots comme « garde du cœur », « pudeur ». On a laissé tomber l’habit religieux et ecclésiastique. On a réinventé la manière d’interpréter l’Ecriture = la Bible en relativisant l’historicité. On ne parle plus de l’Histoire Sainte ou Histoire du Salut. On a réinventé la catéchèse : on se moque des catéchismes avec questions et réponses. On s’est moqué des formes populaires de dévotions : chapelet, litanies, procession, chemin de Croix… On s’est moqué de vieux livres de spiritualité comme de l’Imitation de Jésus-Christ, de la lecture de la vie des saints (pourtant c’est un excellent moyen de garder la rectitude de la foi et de la morale). En ignorant la façon dont nos ancêtres dans la foi priaient, vivaient et rendaient un culte à Dieu nous nous coupons de la sagesse de nos ancêtres qui leur venaient de leur juste rapport à Dieu et au monde.

Au XXème siècle, tous les gouvernements totalitaires savaient qu’ils soumettraient les peuples en contrôlant leur accès à la mémoire culturelle. Si nous avons accès à certains passage de notre Histoire ce n’est que pour s’autoflageler : Moyen-âge = obscurantisme, Inquisition, se termine par l’affaire Galilée, les guerres de religion. On ignore tout ce que l’Eglise a fait de bien dans les soins, l’éducation, les sciences.

On doit réinvestir notre histoire. Il est important d’étudier l’Histoire de France et de ne pas la faire commencer uniquement à la Révolution ! Importance de connaître la vraie Histoire des Roi de France, de connaître le véritable esprit du Moyen-Age, de connaître les 1500 ans de l’histoire chrétienne, entre la fin du NT et la Réforme protestante. Faire cela ne procède pas d’une attitude de replis identitaire mais tout simplement du bon sens. Louons l’action extraordinaire de Philippe de Villiers qui à travers ses romans, ses spectacles du Puy du Fou fait connaître notre histoire, notre culture chrétienne et nous redonne un sentiment de juste fierté. Il dévoile ainsi ce que l’idéologie du moment veut vous cacher (cf. aussi JP II). Jean Sevilla. Toute personne a un besoin naturel de connaître ses racines (cf. tous ceux qui sont à la recherche de leur arbre généalogique). L’attitude contraire est contre-nature. Nous ne pouvons pas être des déracinés, ni des déshérités. L’acte de transmission est essentiel et constitutif de l’homme. L’homme s’éduque, il ne nait pas naturellement bon (cf.  Erreur de  JJ. Rousseau).

b- Redécouvrir la liturgie

La liturgie donne accès à la contemplation dont l’homme à tant besoin.

Dans la liturgie, Dieu se communique à l’homme. C’est le Christ qui agit directement. La liturgie ne s’invente pas, c’est Dieu qui nous dit comment le célébrer : « Faites ceci en mémoire de Moi ». Cf. le peuple hébreu après la sortie d’Egypte reçoit des instructions très précises pour le culte à Dieu. Dieu est mécontent quand on change les règles de culte : cf. l’épisode du Veau d’or.

N’acceptez pas des liturgies laides, humaines où l’homme s’autocélèbre. Dimanches autrement qui changent l’ordre de la messe ! Les messes spectacles, show. N’allez pas, sauf si vous ne pouvez pas faire autrement, dans des liturgies où l’on délivre un évangile dénaturé, sans saveur, frelaté, où l’on vous présente un Dieu dont la miséricorde est à bon marché c’est-à-dire sans exigence de conversion. N’allez pas dans les liturgies où l’on ne prêche jamais la conversion (dans tout les domaines : dans l’accueil du plus faible mais aussi morale !). N’accepter pas la présentation d’un Dieu bisounours qui est une défiguration de l’amour de Dieu !

Allez souvent à la messe. Vous ne devez pas vivre un weekend sans messe, sinon c’est un temps vide, sinon c’est un péché grave (on se moque trop facilement de ce que disaient les anciens à ce propos. Ils avaient raisons. Les martyrs d’Abitène disaient : nous ne pouvons vivre sans l’Eucharistie, sans le Jour du Seigneur.

Témoignage de Roumains qui allaient à la messe à 5h 30 en semaine et le dimanche car les agents n’étaient pas. L’Eglise était bondée. Ce qui leur permettait de résister, de ne pas se laisser prendre par les mensonges de la propagande communiste.

Sans participation à l’Eternel, c’est-à-dire sans conscience que le monde matériel et le temps sont profondément enracinés dans l’Etre de Dieu alors le chrétien est incapable de résister aux courants liquide de la société.

Sortir de la peur.

Sortir du conformisme et de la compromission.

En conclusion :

La triste vérité est que le monde, en nous regardant, ne voit pas de différence avec les non-croyants. Pour que les chrétiens survivent à ce nouvel Age sombre, ils doivent cesser d’être déconcertants pour nos contemporains.

Rien n’est plus important que d’assurer la liberté, pour les institutions chrétiennes, de faire grandir les générations futures dans la foi. (Liberté de l’enseignement catholique, des mouvements chrétiens : MRJC, Action Catholique, scouts !!!). Vu notre faiblesse, c’est la priorité, et le reste attendra.

Il faut commencer par vivre en chrétiens, par accepter qu’il n’y ait pas d’entre-deux possible. Nous devons être des catholiques désireux de vivre une foi qui ne soit pas un déisme éthico-thérapeutique c’est-à dire croire à un Dieu qui a créé le monde, le régit et veille sur les hommes mais cependant ne les embête pas trop et ne soit pas trop exigeant. Où Dieu attend que les hommes soient gentils, justes envers les autres, tolérants. Que le but premier de notre vie est d’être heureux, de se sentir en paix et sincère avec soi-même (là est le critère de vérité). Qu’il bénit tout ce qui peut nous donner le sentiment d’être heureux. Que Dieu ne soit pas juge mais miséricordieux c’est-à-dire qu’il accepte que je continue à vivre selon certains écarts à ses commandements car il est tolérant ! L’enseignement du Christ doit diriger notre vie toute entière et non seulement la case religieuse. « Si tu reconnais qu’il est le Seigneur de toute chose, tout changera dans ta vie ».

Fondamentalement, nous n’avons rien à inventer mais à redécouvrir une tradition qu’on a enfermé dans un coffre et jetée au loin.

En redécouvrant notre passé, en renouant avec la liturgie et l’ascèse, en recentrant notre existence quotidienne sur une vie vraiment chrétienne en lien avec d’autre chrétien nous pourrons redevenir avec l’aide de Dieu, ces personnes étranges aux yeux du monde mais interpellent par leur manière de vivre. Nous redeviendrons sel de ce monde. Le cœur de l’homme contemporain attend cela de nous !

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