Sachons voir dans le malade, image de Dieu et fils de Dieu, le prix de la vie et son caractère sacré

Dimanche 11 février 2018 : 6e dimanche du temps ordinaire (P. Bernard)

Bien chers amis, nous célébrons, en ce dimanche, la journée mondiale du malade en fêtant Notre-Dame de Lourdes.

Les lectures de ce dimanche sont vraiment adaptées à cette journée du malade.

Le passage du livre du lévitique est difficile à comprendre pour les hommes de notre temps. L’exclusion des lépreux de la vie sociale d’Israël est troublante : ils devaient vivre à l’écart, car ils étaient impurs. Toucher un lépreux rendait impur et empêchait de participer au culte. Jésus est allé à contre-courant de cette pratique. Il n’a pas eu peur de toucher des lépreux et de les guérir. A la fin du XIXe siècle, les lépreux de l’Île de Molokaï dans le Pacifique étaient dans la même situation que les lépreux du temps de Jésus ! Ils vivaient eux aussi sans aucun contact avec les autres humains. Cette île était devenue un enfer. Un religieux prêtre belge, le Père Damien, a été héroïque pour venir au secours de ces lépreux isolés sur leur île. Le Père Damien décida de vivre en cette île avec les lépreux. Il s’est tellement fait lépreux avec les lépreux qu’il est mort lépreux, le 15 avril 1889 ! Quel héroïsme, quel amour de charité !

Le psaume 31 est comme le cri du lépreux qui supplie Dieu de ne pas Lui cacher sa face. II est aussi le cri des pécheurs, qui souffrent de l’absence de Dieu, mais qui gardent l’espérance en ce Dieu Miséricordieux qui se penche du Ciel et regarde la terre. Notre-Dame de Lourdes, que nous fêtons en ce 11 février, au Nom de Dieu, se penche maternellement sur les malades et les pauvres pécheurs que nous sommes. Elle les regarde de son sourire maternel, disait Benoît XVI à Lourdes le 15 septembre 2008, et elle les aide à se tourner avec confiance vers Dieu.

L’évangile révèle que Jésus n’est pas insensible à la détresse du lépreux qui le supplie avec Foi et confiance : « Si tu le veux, tu peux me purifier ! » La Foi de ce lépreux est grande ! Jésus touche ce lépreux et révèle sa liberté de Fils unique de Dieu. Les pharisiens sont scandalisés : Il a touché un lépreux ! Jésus, le Fils de Dieu, veut révéler la compassion de Dieu et sa volonté de sauver tous les hommes pécheurs dont les lépreux. Notre-Seigneur veut aussi révéler sa puissance divine : « Je le veux, sois purifié ! ». Ce nouveau miracle fait grandir sa réputation : de partout on venait à Lui ! Jésus demande au lépreux d’obéir à la Loi : « va te montrer au prêtre et donne pour ta purification ce que Moïse prescrit. » Notre-Seigneur n’est pas un révolutionnaire, Il n’est pas venu abolir la Loi mais l’accomplir. La Loi donnée par Moïse comporte des commandements qui valent pour tous les hommes et pour tous les siècles : les 10 commandements = la Loi naturelle qu’aucune autorité humaine ne peut remettre en question. La Loi de Moïse comportait aussi des prescriptions liées à la condition historique du Peuple de Dieu et qui ont été abolies : la circoncision, les lois concernant les pertes de sang, les aliments interdits, les lépreux.

En ce 11 février, il est important que nous comprenions mieux ce que doit être la journée mondiale du malade. Jean-Paul II a institué cette journée mondiale, qui a été célébrée pour la première fois, le 11 février 1993. Il voulait qu’elle réponde à cette attente très vive de tous : l’humanisation de la médecine et de l’assistance de santé en mettant en lumière chez le malade, image de Dieu et fils de Dieu, le prix de la vie et son caractère sacré. La maladie et la douleur concernant tous les humains, écrivait Jean-Paul II dans son premier message, l’amour envers les souffrants devient alors signe et mesure du degré de civilisation et de progrès d’un peuple. La journée mondiale du malade ne devait pas être une journée où l’on parle des malades, mais la journée du malade, de chaque malade, protagoniste de cette Journée mondiale. Jean-Paul II, qui a écrit une lettre très importante sur le sens de la souffrance, lorsqu’elle est unie à celle de Jésus, voulait que cette journée soit l’occasion d’annoncer la présence vivante et réconfortante du Seigneur auprès des malades : «vos souffrances, accueillies dans la foi et confortées par cette même foi inébranlable, unies à celles du Christ représentent une valeur incommensurable pour la vie de l’Eglise et pour le bien de l’humanité». Merci à Jean-Paul II d’avoir eu le courage de rappeler que la souffrance n’était pas inutile et qu’elle était l’évangile supérieur, lorsque le malade unit sa souffrance à celle du Christ Rédempteur : elle collabore au salut des âmes ! La journée mondiale du malade s’adresse aussi à tout le personnel de la santé. Jean-Paul II, dans son premier message, disait que les médecins et tout le personnel de la santé étaient appelés à donner un témoignage méritoire et exemplaire de justice et d’amour : que cette Journée soit une invitation pressante à poursuivre votre délicat service dans une ouverture généreuse aux valeurs profondes de la personne, dans le respect de la dignité humaine et dans la défense de la vie depuis son premier instant jusqu’à son terme naturel !» Jean-Paul II, enfin, a voulu que la journée mondiale du malade stimule tous les pasteurs et tous les baptisés à poursuivre avec un engagement renouvelé la voie du service envers l’homme éprouvé et souffrant ! Il concluait ainsi : « En la fête de Notre-Dame de Lourdes, nous nous tenons près des croix faites de la douleur et de la solitude de tant de frères et de sœurs que nous voulons réconforter, dont nous voulons partager la souffrance pour la présenter au Seigneur de la Vie, en communion spirituelle avec l’Eglise tout entière. Que Marie, « Santé des Infirmes » et « Mère des vivants », soit notre soutien et notre espérance ». Saint Jean-Paul II, aidez-nous à soutenir les malades. Notre-Dame de Lourdes, bénissez-les !

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