Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?

Homélie du deuxième dimanche de carême – Montpezat (P. Bernard)

En ce deuxième dimanche de Carême, l’Eglise nous invite à contempler Jésus dans le mystère de Sa Transfiguration et à participer à la joie de Pierre, Jacques et Jean en contemplant davantage Jésus. Chaque jour, si nous le voulons, nous pouvons monter sur le Mont Tabor, en venant L’adorer auprès du tabernacle de cette église, dans le Sacrement de Son Amour, le Saint-Sacrement. N’ayons pas peur de prier davantage. Vous avez la grâce d’avoir en cette église la statue devant laquelle venait prier, chaque jour, la petite Marie Rivier, infirme. Demandons à celle qui est native de votre village de Montpezat la grâce de la prière et de la joie.

La première lecture choque les incroyants ou les mal croyants. Il faut la lire avec l’interprétation inspirée des Pères de l’Eglise. Ainsi, nous ne ferons pas de contre-sens. Dieu, c’est évident, ne veut pas que l’on tue ! Son 5e commandement est très clair : « Tu ne tueras pas ! » Dieu a retenu le bras d’Abraham afin qu’il ne sacrifie pas son fils Isaac. Cette épreuve a permis à Abraham de donner la preuve de sa foi héroïque. Il mérite en vérité d’être appelé le Père des croyants. En sa descendance, comme Dieu le lui a promis, toutes les Nations de la terre seront bénies. Demandons à Abraham la grâce de grandir dans la Foi de nos parents et grands parents.

La deuxième lecture est un extrait de la lettre de Saint Paul aux romains. Ce que dit l’apôtre des Nations nous aide à mieux comprendre qu’Abraham, prêt à sacrifier son fils Isaac, est la figure de Dieu le Père, qui n’a pas refusé son propre Fils et l’a livré pour notre Salut. Isaac, quant à lui, est la figure de Jésus. Il est important, cependant, de faire remarquer que Dieu n’a pas sacrifié son Fils et ne L’a pas cloué sur la Croix. Ce sont les hommes pécheurs qui L’ont crucifié ! Saint Ignace de Loyola, dans sa méditation sur le mystère de l’Incarnation, dit que Dieu le Père céleste, pour sauver l’humanité pécheresse, décide une œuvre qu’aucun ange ne pouvait imaginer : son Fils unique se fera homme pour expier, au nom de tous les hommes pécheurs, et pour les réconcilier avec Lui en leur permettant de devenir ses enfants bien-aimés en Son Fils unique, le Bien-Aimé ! Saint Paul s’émerveille : l’incarnation est une folie d’amour ! « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous, écrit Saint Paul ? Il n’a pas refusé son propre Fils, comment pourrait-Il avec Lui ne pas nous donner tout ? Ayons confiance en ces paroles de Saint Paul, ne doutons pas de Jésus !

            L’évangile de la Transfiguration est un appel à accueillir avec confiance le témoignage de Dieu le Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Ecoutez-le ! » Benoît XVI, dans son livre sur Jésus, a fait une analyse fouillée, précise et rigoureuse des témoignages des évangélistes. Saint Marc ne nous dit pas le contenu des échanges entre Elie, Moïse et Jésus. Saint Luc, par contre, précise : « ils parlaient de sa mort qu’il avait à subir à Jérusalem ». L’événement historique de la Transfiguration se déroule quelques jours après la profession de Foi de Pierre à Césarée de Philippe et la première annonce de Jésus à ses apôtres, concernant sa Passion. Cette dernière annonce les avait déconcertés. Pierre, prenant à part Jésus, l’avait même réprimandé. Il ne pouvait pas comprendre que Jésus, le Messie, puisse être vaincu par ses adversaires et mourir ! Notre-Seigneur lui avait dit, devant les 11 autres : « arrière de moi, Satan ! ». La grâce de la Transfiguration a été donnée à Pierre, Jacques et Jean afin qu’ils ne se découragent pas complètement au moment de Sa Passion. Puisse cet évangile de la Transfiguration nous affermir dans la Foi, en ces temps où la Foi chrétienne est combattue. Ne nous laissons pas influencer par les démons menteurs et imitons la fidélité des glorieux martyrs et des saints. Benoît XVI avait dit aux jeunes lors des JMJ de Madrid : n’ayez pas honte du Seigneur, n’ayez pas peur d’être catholiques. Demandons à la Vierge Marie de nous obtenir la grâce de la fidélité à Jésus. Jésus est plus qu’un prophète, Il est le Fils unique du Père ! Ne nous laissons pas voler notre espérance, a dit le Pape François : l’Esprit Saint nous donne la grâce d’être forts dans la Foi et fidèles, courageux pour aimer comme Jésus et pardonner. Mettons en pratique le message de carême du Pape François : en notre monde, beaucoup ont le cœur froid et indifférent. Puisse ce temps de grâces qu’est le carême nous obtenir un cœur brûlant d’amour, grâce à notre contemplation de Jésus sur la montagne du Tabor. Avec la Vierge Marie, prions le Cœur de Jésus et disons-Lui : Cœur de Jésus, brûlant d’Amour, brûlez notre Cœur au Feu du vôtre !

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