Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu !

Du symbole des Apôtres au Concile de Nicée (325) : foi et raison se rencontrent !

Récollections de Foyer 2017-2018 : « la beauté de notre foi » – 4e trimestre 2017 – enseignement 3/3

La foi en Jésus, consubstantiel au Père et notre vie conjugale et familiale.

       Nous avons commencé cette récollection de foyers (cf. les 2 premiers enseignements ICI et ICI) en parlant de la beauté de la Foi et de la joie de croire. Nous avons dit aussi que nos approfondissements sur le développement du dogme ne seraient pas seulement des cours de théologie, mais que nous les actualiserions à votre vie conjugale et familiale. Saint Jean de la Croix enseignait que nous ne devions pas attendre une nouvelle Révélation publique. Elle est, comme aimaient le dire des théologiens, close avec le dernier des apôtres. Jésus, en effet, est la plénitude de la Révélation. Aucun prophète ne peut compléter la Révélation plénière donnée par Jésus, ni rien ajouter. Mais si l’on ne peut rien ajouter au contenu de la Foi, par l’Esprit-Saint nous pouvons entrer dans une compréhension plus grande du mystère de la Foi. Le Magistère de l’Eglise, tout au long de son histoire, a été aidé par l’Esprit-Saint pour trouver les mots plus précis pour dire le mystère. Nos récollections nous permettront de comprendre l’importance du dogme et son développement. Nous devons croire « firma fide » tout ce que le Magistère extraordinaire de l’Eglise a enseigné dogmatiquement. A la fin de chaque définition dogmatique du Magistère extraordinaire, il est dit : « anathema sit ». Voici comment le Site Wikipedia explique cette expression : « Dans le Nouveau Testament, l’anathème devient une sentence de malédiction à l’égard d’une doctrine ou d’une personne, spécialement dans le cadre d’une hérésie. L’anathème est alors retranché de la communauté des fidèles. Ainsi, dans l’épître aux Galates (Ga 1:8), Paul déclare : « Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit anathème ! » La formule « Si quelqu’un dit… qu’il soit anathème. » est employée pour la définition d’un dogme par les conciles. Chez les catholiques et les orthodoxes, l’anathème se traduit par l’excommunication dite «majeure», c’est-à-dire avec plus de force et de cérémonie que les autres types d’excommunication». Anathéma sit pour celui qui nie que le Verbe, le Fils est consubstantiel au Père signifie que ce baptisé ne peut plus participer à la vie de l’Eglise Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Il a fait naufrage dans la Foi. Cela signifie aussi que le dogme n’est pas une opinion parmi d’autres opinions de théologiens, mais il est une Vérité infaillible que personne n’a le droit de remettre en question.

            Autre point à souligner : le symbole des apôtres est très important à apprendre par cœur et à faire apprendre à vos enfants, à réciter ensemble au début du chapelet. Il est notre signe de reconnaissance. Nous sommes les membres d’un même Corps. Nous avons la même Foi ! Ce symbole, nous l’avons vu, a été inspiré par le Saint-Esprit pour mettre en synthèse d’une manière ordonnée les grandes Vérités révélées par Jésus que tout baptisé est tenu de croire  « firma fide ». Mais, comme nous l’avons vu, les apôtres ont été inspirés pour donner la « règle de la Foi » qui permet d’interpréter droitement l’Evangile. Ils n’ont pas été inspirés pour « rendre raison » de la Foi. Les apôtres ont fondé les Eglises particulières en transmettant l’évangile et cette règle de Foi. Mais, peu à peu, l’Eglise a dû répondre aux attaques des philosophes païens, des Juifs, des hommes politiques. Les Pères apostoliques ont ainsi cherché à rendre raison de la Foi. L’Eglise a ainsi progressé dans sa compréhension des Vérités révélées et a trouvé des mots précis pour « dire le mystère » avec des mots humains sans trahir le mystère. Lorsque nous proclamons le symbole des apôtres avec nos enfants, essayons de le faire avec conviction et détermination et non avec routine. Et n’oublions pas la joie de la Foi ! Oui, bienheureux sommes-nous d’avoir la Foi !

            Dernier point : monsieur Gérard Soulages, fondateur de Fidélité et Ouverture, rappelait souvent que les mots du dogme sont toujours en-deçà du mystère. Le mystère de la Foi, même s’il est dit avec des mots précis par le Magistère extraordinaire de l’Eglise, sous le souffle de l’Esprit-Saint, demeurera toujours un mystère. Mais les mots du dogme sont à recevoir comme devant être crus « firma fide ». Nous sommes sûrs qu’ils sont garantis par le charisme d’infaillibilité du Magistère extraordinaire. Ils ne sont pas des opinions que nous pourrions adopter ou non. Nous sommes tenus de croire aux dogmes ! Le mot consubstantiel (homoousios) exprime sans erreur la Vérité révélée sur le Fils unique de Dieu, qui est vrai Dieu comme le Père. Professer sans erreur que le Fils est consubstantiel au Père ne signifie pas « comprendre » parfaitement comment le Père, le Fils et l’Esprit-Saint peuvent être des Personnes distinctes tout en étant UN, un Seul Dieu ! Les mystiques peuvent avoir des lumières qui vont au-delà des mots du dogme, mais souvent ils ne trouvent pas les mots pour exprimer leur expérience mystique. Les mystiques authentiques, c’est évident, malgré l’expérience que Dieu leur permet de vivre, professent firma fide, comme nous, la Foi de l’Eglise !

            Actualisons le dogme à votre vie de foyer : en quoi le dogme de Nicée va-t-il vous aider ?

Au jour de la célébration de votre mariage, vous vous êtes donnés et reçus pour tout le temps de votre vie. Vous avez été les ministres de votre sacrement du mariage dont vos consentements ont été reçus par un prêtre au nom de l’Eglise. Cette présence du prêtre est nécessaire pour la validité du mariage, mais elle révèle aussi que, par le sacrement du mariage, Jésus s’est engagé avec vous. Le prêtre, en effet, vous a bénis au nom de Jésus ! Il est donc important pour chacun de nous de savoir que Jésus est le Verbe incarné dont a parlé Saint Jean dans le prologue de son évangile. Jésus est vrai homme, mais Il est aussi vrai Dieu. Dans le symbole des apôtres, nous professons que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, Son Fils unique. Nous avons souligné précédemment que nous proclamions – pour Jésus comme pour le Père et le Saint-Esprit- : « je crois en ». Il y a une différence entre la phrase : « je crois en une Personne » et : « je crois une vérité ». Les apôtres ont bien perçu cette différence : ils n’ont utilisé l’expression « je crois en » que pour le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Ils voulaient ainsi que les chrétiens ne croient qu’en Dieu Père, Fils et St Esprit. Mais les chrétiens devaient croire aussi à toutes les Vérités révélées par Jésus. Les gnostiques et Arius, malgré le symbole qui remonte aux apôtres, ne croyaient pas que Jésus était le Fils de Dieu, mais Il n’aurait été pour eux que la première créature de Dieu. Le mot homousios, consubstantialis du dogme est donc très important pour confirmer la Foi des apôtres et l’interpréter infailliblement. Jésus, en effet, n’est pas Fils de Dieu par adoption comme l’ont été David et les prophètes, mais Fils de Dieu par nature : Il est Dieu comme le Père et le Saint-Esprit sont Dieu.

Citons à présent certaines déclarations de Jésus :

Si tu crois tu verras la gloire de Dieu (Jn 11, 39-44) ! Ce que Jésus a dit à Marthe se rapproche de ce qu’Il a dit, plusieurs siècles après à Ste Marguerite-Marie : « si tu crois tu verras la Puissance de Mon Cœur ». Saint Paul, émerveillé, écrivait dans sa lettre aux romains au chapitre 8 que ni la mort, ni la vie, ni les anges plus puissants que nous, rien ne pourrait nous séparer de l’Amour du Christ. Le croyons-nous ? Jésus, après avoir posé cette question à Marthe, avait dit à Son Père : « pour moi, je sais que tu m’exauces toujours ». Les temps sont difficiles. Les épreuves peuvent s’abattre sur nous, mais ne nous décourageons jamais : par notre Foi, nous verrons la Gloire du Cœur de Jésus et Sa Puissance !

Donne-Moi à boire ! (Jn 4) Jésus a soif ! Il demande à boire à la Samaritaine. Il veut ensuite faire grandir le désir de cette femme afin qu’elle boive l’eau de la vie éternelle. Avons-nous soif de Jésus ? Avons-nous soif de l’eau de la vie éternelle ? Jésus peut donner cette vie éternelle, parce qu’Il est le Fils de Dieu, consubstantiel au Père. Plus nous mettrons l’Eucharistie au cœur de notre vie, tant par la participation à la Messe que par l’adoration, plus nous aurons soif de Jésus et de la Vie éternelle, plus Jésus sera notre vie.

Je le veux sois guéri ! (Marc 1, 40-45) Le lépreux qui supplie Jésus de le guérir est l’image des pécheurs que nous sommes. Notre vie changerait si nous recourions davantage au sacrement de pénitence. Jésus veut nous guérir. Recourons-nous à ce sacrement ? Invitons-nous nos enfants à demander à Jésus le pardon de leurs péchés ? Jésus peut nous pardonner, parce qu’Il est Dieu, consubstantiel au Père.

La paix soit avec vous (Jn 20, 21) ! Les apôtres étaient très découragés après la Passion. Le dimanche soir de Pâques, Jésus leur est apparu. Ses premières paroles n’ont pas été des paroles de reproche, mais des paroles de réconfort pour redonner la paix qu’ils avaient perdue. Combien de fois avons-nous besoin d’entendre Jésus nous dire : « la paix soit avec vous » ! La Vierge Marie, les disciples de Jésus, les saints, tout au long de l’Histoire de l’Eglise, ont connu l’angoisse devant telle ou telle situation tragique, telle épreuve. Pour ne pas se décourager, il est important d’accueillir la paix qui jaillit du Cœur de Jésus !

Mon Seigneur et Mon Dieu (Jn 20) ! L’apôtre Thomas ne voulait pas croire à la Résurrection de Jésus malgré le témoignage des 10 autres apôtres. Après avoir mis ses doigts dans les plaies de Jésus et sa main dans son Côté, il a professé : « Mon Seigneur et Mon Dieu » ! Jésus Consubstantiel au Père est Notre-Seigneur et Notre Dieu ! Répétons souvent cette profession de Foi ! Cela nous aidera à moins douter.

Homme de peu de Foi, pourquoi as-tu douté (Mt 14, 31) ! Pierre était téméraire. Il a été le seul apôtre à demander à Jésus de pouvoir aller à sa rencontre en marchant sur la mer. Mais, voyant les vagues, la profondeur de la mer et le vent, il a douté. Il crie alors vers Jésus : « Seigneur, sauve-moi » ! Jésus lui tend la main. Que de fois avons-nous besoin de saisir la main de Jésus pour ne pas couler, pour garder la Foi en ce temps de christianophobie ! Il est notre Rocher car Il est notre Dieu. Il est notre Sauveur !

C’est moi n’ayez pas peur Mc 6, 45-52 ! Ce sont tous les disciples dans le bateau qui prennent peur en voyant un homme marcher sur les eaux ! Ils sont effrayés, eux qui sont pourtant des pêcheurs chevronnés. Jésus les rassure : c’est moi, n’ayez pas peur. La peur peut souvent nous paralyser. Qui peut nous rassurer et nous donner force et courage sinon Jésus ? Ne nous effrayons pas des vagues qui montent, de la tempête qui menace. Jésus nous dit : « c’est Moi, n’ayez pas peur ». L’expression de Jésus « c’est Moi » peut aussi signifier : « Je suis ». Le dogme «consubstantiel» signifie que Jésus est Yahvé= Je Suis ! N’ayons pas peur !

« Silence »  » Tais-toi. » (Mc 4, 39) Aussitôt le vent tomba et il se fit un grand calme. Puis Jésus se tourna vers ses disciples. Il leur dit: « Pourquoi cette peur? Ne croyez-vous donc pas en moi? » Alors les disciples eurent encore plus peur. Ils se disaient: « Qui est-il celui-là pour que le vent et les eaux lui obéissent? Les disciples essayaient de comprendre. Nous vivons des tempêtes, et nous risquons de vivre une plus grande tempête encore. Ayons confiance. Lorsque Jésus dira à Satan : « tais-toi ! » et à tous ses acolytes : « Silence », le triomphe du Cœur Immaculé viendra ! Croyons en Jésus, le Fils de Dieu.

Moi non plus je ne te condamne pas, mais va et ne pèche plus ! (Jn 8,11) Jésus a dit cela à la femme adultère que des hommes voulaient condamner à la lapidation pour obéir à la loi mosaïque. Jésus se révèle, une fois de plus, plus grand que Moïse. Il est Dieu, consubstantiel, mais ne péchons plus gravement !

Il lui a été beaucoup pardonné parce qu’elle a beaucoup aimé ! (Lc 7, 47) Jésus veut faire comprendre que la contrition parfaite ne peut être qu’une contrition d’amour. Notre Fondateur était toujours enthousiaste en nous disant que Marie Magdeleine, la grande pécheresse, est celle qui a le plus aimé Jésus avec la Vierge Marie. Ne soyons pas repliés sur nos péchés, ouvrons-nous à la Miséricorde et aimons beaucoup, beaucoup Jésus, Notre-Seigneur et Notre Dieu. Ne vivons pas dans la crainte mais dans l’amour.

Je ne te dis pas 7 fois mais 70 fois 7 fois (Mt 18, 21-35) Pierre pensait être généreux en demandant à Jésus : combien de fois dois-je pardonner à mon frère, jusqu’à 7 fois ! Non, dit Jésus, mais 70fois 7 fois, donc toujours. Comment pourrions-nous pardonner toujours sans une grâce particulière de Jésus ? Nous qui avons été si souvent pardonnés par Jésus, pouvons-nous refuser le pardon à ceux qui nous le demandent ?

M’aimes-tu ? (Jn 21) Pierre avait renié trois fois Jésus. Notre-Seigneur ressuscité, après la pêche miraculeuse, a posé trois fois à Pierre cette question fondamentale : « M’aimes-tu ? » Notre amour conjugal et notre amour parental croîtront dans la mesure où croîtra notre amour pour Jésus. Demandons la grâce à Notre-Dame des Neiges d’aimer Jésus de tout notre cœur et de tout notre esprit. Saint Jean-Paul II a dit aux jeunes à Lourdes, le 15 août 1983 : « dis-moi quel est ton amour et je te dirai qui tu es » !

Aimez-vous les uns les autres comme Je vous ai aimés ! (Jn 13, 34) Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus savait bien qu’il était impossible d’aimer comme Jésus. Mais Notre-Seigneur l’a commandé ! Elle a compris que c’était possible, parce que Jésus nous donne Son Amour pour aimer ! Cet Amour est l’Amour de Dieu parce que Jésus, consubstantiel au Père, est Dieu Vérité et Amour.

Allez dans le monde entier, proclamez la bonne nouvelle à toute la création (Mc 16, 15-8). L’évangélisation n’est pas une activité humaine parmi d’autres activités, elle est commandée par Jésus. Elle est une mission divine parce que Jésus est consubstantiel au Père. Evangéliser, ce n’est pas être intransigeant mais c’est répondre au grand envoi missionnaire de Jésus adressé à Son Eglise avant l’Ascension.

Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps ! (Mt 28, 20) Cette promesse de Jésus est très importante. Nous pourrions dire à Jésus, en effet : mais nous ne sommes pas capables d’évangéliser, nous ne savons pas parler, nous sommes timides. Ayons confiance : Jésus est avec nous et Il le sera jusqu’à la fin de notre vie. Alors avec Jésus, le Fils de Dieu, que craignons-nous ! Pas de timidité, relent d’amour, disait Mère Marie-Augusta. Fonçons, témoignons de Jésus avec zèle mais aussi discernement bien sûr !

Ma puissance se déploie dans la faiblesse (2Co12,9) ! Cette affirmation de Jésus est très importante pour chacun de nous. Elle révèle davantage encore l’importance du mot dogmatique consubstantiel. Jacob est devenu « fort de la force de Dieu ». Il a reçu pour cela le nom d’Israël. David, les prophètes et les saints ont compris que, dans leur faiblesse, la puissance de Jésus se déployait et cette puissance est divine !

Celui qui M’aime, mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui et nous ferons chez lui notre demeure (Jn 14,23) ! Sainte Elisabeth de la Trinité a eu l’intuition du mystère de l’inhabitation de la Trinité en son âme. Méditons ce mystère et développons davantage l’activité intérieure intense. Quoique nous fassions, faisons-le avec Jésus ! Mère Marie-Augusta disait : « ce qui fait un apôtre de l’Amour, c’est son activité intérieure intense beaucoup plus que son activité extérieure mais cependant il faut les deux ».

             Qui me voit, voit le Père (Jn 14, 9) ! C’est sur cette dernière citation que nous voulons nous arrêter dans ces phrases de Jésus. Elle révèle encore que le dogme de Nicée n’est pas exagéré. Jésus est bien consubstantiel au Père, parce que celui qui Le voit, Lui, Jésus, voit le Père ! Il est bien évident que Jésus ne veut pas parler de la vision de son corps, car Dieu le Père n’a pas de corps, Il est pur Esprit. Notre-Seigneur veut révéler à Philippe et à ses apôtres qu’en voyant son être, ses paroles, ses actions, ils voient le Père. Il est, en effet, dans le Père et le Père est en Lui (Jn 14, 10).

Cette déclaration de Jésus nous ouvre à un dernier approfondissement sur le Concile de Nicée :

Jésus révèle le vrai visage du Père Les historiens ne retiennent du Concile de Nicée que la crise arienne et ne se concentrent que sur la question du « consubstantiel ». Nous avons beaucoup développé, nous aussi, cette question essentielle, mais nous ne devons pas oublier que le Credo de Nicée a aussi complété le symbole des apôtres sur le premier article et nous permet de mieux adorer encore notre Père céleste. N’oublions pas ce Père dont Jésus a révélé le vrai visage. Nous disons si souvent la prière du Notre Père, mais avons-nous vraiment conscience de parler à Celui que Jésus et l’Esprit-Saint nous permettent d’appeler « Papa ». Tout est dit dans la prière du Notre-Père :

Notre Père qui es aux cieux ! (Mt 6, 9)

               Méditons avec un cœur d’enfant reconnaissant ces méditations du CEC (2781-2785) : « Avant de faire nôtre ce premier élan de la Prière du Seigneur, il n’est pas inutile de purifier humblement notre cœur  de certaines fausses images de « ce monde-ci ». La purification du cœur concerne les images paternelles ou maternelles, issues de notre histoire personnelle et culturelle, et qui influencent notre relation à Dieu. Dieu notre Père transcende les catégories du monde créé. Transposer sur lui, ou contre lui, nos idées en ce domaine serait fabriquer des idoles, à adorer ou à abattre. Prier le Père c’est entrer dans son mystère, tel qu’Il est, et tel que le Fils nous l’a révélé.

Quand nous prions le Père, nous sommes en communion avec lui et avec son Fils, Jésus-Christ (1Jn 1,3). C’est alors que nous le connaissons et le reconnaissons dans un émerveillement toujours nouveau. La première parole de la Prière du Seigneur est une bénédiction d’adoration, avant d’être une imploration. Car c’est la Gloire de Dieu que nous le reconnaissions comme « Père », Dieu véritable. Nous lui rendons grâce de nous avoir révélé son Nom, de nous avoir donné d’y croire et d’être habités par sa Présence.

Nous pouvons adorer le Père parce qu’il nous a fait renaître à sa Vie en nous adoptant comme ses enfants dans son Fils unique: par le Baptême, il nous incorpore au Corps de son Christ, et, par l’Onction de son Esprit qui s’épanche de la Tête dans les membres, il fait de nous des « christs »: L’homme nouveau, qui est rené et rendu à son Dieu par la grâce, dit d’abord « Père! », parce qu’il est devenu fils (S. Cyprien).

            C’est ainsi que, par la Prière du Seigneur, nous sommes révélés à nous-mêmes en même temps que le Père nous est révélé (GS 22): Ô homme, tu n’osais pas lever ton visage vers le ciel, tu baissais les yeux vers la terre, et soudain tu as reçu la grâce du Christ: tous tes péchés t’ont été remis. De méchant serviteur tu es devenu un bon fils…. Lève donc les yeux vers le Père qui t’a racheté par son Fils et dis: notre Père… Mais ne te réclame d’aucun privilège. Il n’est le Père, d’une manière spéciale, que du Christ seul, tandis que nous, il nous a créés. Dis donc toi aussi par grâce: notre Père, pour mériter d’être son fils (S.Ambroise)». Faisons nôtres ces paroles si profondes et si vraies! Ce don gratuit de l’adoption exige de notre part une conversion continuelle et une vie nouvelle. Un cœur humble et confiant nous fait « retourner à l’état des enfants » (Mt 18,3). Notre Père: ce nom suscite en nous, tout à la fois, l’amour, l’affection dans la prière, et aussi l’espérance d’obtenir ce que nous allons demander … Que peut-il en effet refuser à la prière de ses enfants, quand il leur a déjà préalablement permis d’être ses enfants? (S. Augustin).

Notre Père … que ton nom soit sanctifié ! Méditons encore ces autres richesses du CEC (2807-2815): «Le terme « sanctifier » doit s’entendre ici, non d’abord dans son sens causatif (Dieu seul sanctifie, rend saint) mais surtout dans un sens estimatif : reconnaître comme saint, traiter d’une manière sainte. Lui demander que son Nom soit sanctifié nous implique dans « le Dessein bienveillant qu’il avait formé par avance » pour que « nous soyons saints et immaculés en sa présence, dans l’amour » (Ep 1,9 1,4). Qui pourrait sanctifier Dieu, puisque lui-même sanctifie ? Nous inspirant de cette parole «Soyez saints, parce que moi je suis Saint », nous demandons que, sanctifiés par le baptême, nous persévérions dans ce que nous avons commencé à être (S. Cyprien).

Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite ! Ces deux demandes du Notre Père révèlent cet autre aspect de la sainteté de Dieu qu’est la justice. Dieu Juste et Bon ne peut pas pactiser avec le Mal ! Il est dit dans le CEC: «La venue du Règne est l’œuvre de l’Esprit du Seigneur « qui poursuit son œuvre dans le monde et achève toute sanctification ». « Le Règne de Dieu est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint » (Rm 14,17). Les derniers temps où nous sommes sont ceux de l’effusion de l’Esprit Saint. Dès lors est engagé un combat décisif entre « la chair » et l’Esprit (Ga 5,16-25): Seul un cœur pur peut dire avec assurance: ‘Que ton Règne vienne’. Il faut avoir été à l’école de Paul pour dire: ‘Que le péché ne règne donc plus dans notre corps mortel’ (Rm 6,12). Celui qui se garde pur dans ses actions, ses pensées et ses paroles, peut dire à Dieu: ‘Que ton Règne vienne!’ (S. Cyrille de Jér.) (CEC 2018-19)». «Nous demandons à notre Père d’unir notre volonté à celle de son Fils pour accomplir sa Volonté, son Dessein de salut pour la vie du monde. Nous en sommes radicalement impuissants, mais unis à Jésus et avec la puissance de son Esprit Saint, nous pouvons lui remettre notre volonté et décider de choisir ce que son Fils a toujours choisi: faire ce qui plaît au Père (Jn 8,29): En adhérant au Christ, nous pouvons devenir un seul esprit avec lui, et par là accomplir sa volonté; de la sorte, elle sera parfaite sur la terre comme au ciel (Origène)». Dieu le Père Saint est aussi le Tout-Puissant, qui règnera malgré Lucifer, les anges révoltés et tous ceux qui militent contre Sa Loi d’Amour. Dans la vie éternelle du Royaume, le Mal, le péché et la mort seront définitivement vaincus !

N’oublions jamais ce premier et important article de la Foi : Nous croyons, professe le Concile de Nicée, en UN SEUL DIEU LE PERE TOUT PUISSANT (Pantocrator), CREATEUR DE TOUS LES (ÊTRES) VISIBLES ET VISIBLES. Dieu le Père est le Principe de la génération éternelle du Fils et de la spiration éternelle du Saint-Esprit, mais aussi de la Création par le Fils et dans l’Esprit-Saint des esprits purs (les anges et ceux qui se révolteront contre lui et qui deviendront des démons), de tout le monde créé et des hommes et des femmes au sommet de la création. Dieu le Père est donc L’ÊTRE dont tous les autres êtres dépendent dans leur existence. Puisse notre Foi en ce Dieu Créateur Tout-Puissant nous aider à traverser sereinement toutes les tempêtes ! Puisse cette même Foi nous faire grandir dans la confiance en la divine Providence qu’est la sollicitude de notre Père des cieux. Nos Fondateurs, à la suite de Saint François d’Assise, avaient cette confiance et nous invitaient souvent à méditer Mt 6, 25-33). Ne nous inquiétons pas pour demain, ne nous soucions pas de ce que nous mangerons. Notre Père s’en occupe bien mieux encore qu’Il s’occupe des fleurs des champs et des animaux. Une seule chose est importante : recherchons, nous dit Jésus, le Royaume de Dieu et la Justice de Dieu et tout le reste nous sera donné par surcroît !

Les approfondissements sur la beauté de la Foi concernent bien votre vie conjugale et votre mission d’éducateurs de vos enfants. Elles concernent aussi votre mission de baptisés dans le monde.

«Nous devons rester sur cette terre, disait Mère Marie-Augusta, pour la GLOIRE du Père. Jésus veut nous donner sa force pour demeurer sur cette terre de larmes et pour y souffrir, pour y aimer, pour Le faire aimer, pour travailler à la GLOIRE du Père. Nous devons travailler à la GLOIRE du Père en éduquant les cœurs de ses enfants. Mais il faut un enfantement douloureux ; il faut un travail de formation difficile ; il faut le désintéressement, avec comme unique but : la GLOIRE du Père Céleste. Faire la volonté de Dieu, c’est faire sa GLOIRE. Glorifions le Père Céleste par notre obéissance, notre abandon et par l’exercice de toutes les vertus. Apprenons le recueillement, l’union de notre cœur au Cœur de Jésus ; cela nous permettra de ne pas cesser de faire la GLOIRE du Père en adorant son Fils. Notre Père Céleste fait plus grand cas du temple intérieur qui nous propose sans cesse la prière : état de vies consacrées, source de glorification, de force, de joie, source d’amour surtout. Soyons des missionnaires qui luttent sur les frontières de l’Église, en partisans, sans paie, sans uniforme, rien que pour la GLOIRE éternelle, donnant des coups à l’ennemi et en recevant, souffrant, traqués par la maladie, accablés de soucis… Nous devons souffrir pour la GLOIRE de Jésus et la GLOIRE du Père ».

 Conclusion : Au cours de l’audience du mercredi 30 oct. 1968, Paul VI disait : « La foi est notre premier devoir; la foi est pour nous une question vitale; la foi est le principe irremplaçable du christianisme. C’est la source de la charité, le centre de l’unité, la raison d’être fondamentale de notre religion. Aujourd’hui, contrairement à  ce qui devrait arriver avec le progrès humain, la foi, disons l’adhésion à la foi, est devenue plus difficile. Philosophiquement, à cause de la contestation croissante des lois de la pensée spéculative, de la raison naturelle, de la valeur des certitudes humaines; le doute, l’agnosticisme, le sophisme, l’absence de préjugés devant l’absurde, le refus de la logique et de la métaphysique, etc. … bouleversent l’esprit des modernes. Si la pensée n’est plus respectée dans ses exigences rationnelles intrinsèques, la foi aussi — qui, rappelons-le bien, exige la raison, la dépasse, mais l’exige — en souffre; la foi n’est pas un fidéisme, c’est-à-dire une croyance privée de bases rationnelles; elle n’est pas seulement une recherche obscure de quelque expérience religieuse; elle est possession de la vérité, certitude. « Si ton œil est malade, dit Jésus, tout ton corps sera dans les ténèbres » (Mt 6, 23)… Les remèdes qui sont recherchés de tant de côtés pour résoudre les crises modernes de la foi, sont souvent illusoires. Il en est qui pour redonner de la force au contenu de la foi le restreignent à quelques propositions de base, qu’ils pensent être la signification authentique des sources du christianisme et de l’Ecriture Sainte elle-même; il n’est pas nécessaire de dire combien est arbitraire, même s’il est revêtu d’apparence scientifique, et combien désastreux, un tel procédé. Il y en a d’autres, au contraire, avec des critères d’un empirisme déconcertant, qui s’arrogent le droit de faire un choix entre les nombreuses vérités enseignées par notre credo pour repousser celles qui ne plaisent pas et pour en retenir quelques-unes plus agréables. D’autres enfin cherchent à adapter la doctrine de la foi à la mentalité moderne faisant même de cette mentalité, qu’elle soit profane ou spiritualiste, une méthode et une mesure de la pensée religieuse: l’effort, bien digne par lui-même de louange et de compréhension, accompli par ce système, pour exprimer les vérités de la foi en termes accessibles au langage et à la mentalité de notre foi, a parfois cédé au désir d’un succès plus facile, taisant, tempérant ou modifiant certains dogmes difficiles. Tentative dangereuse, encore qu’elle soit nécessaire; elle mérite un accueil favorable seulement lorsqu’elle conserve dans la présentation la plus accessible de la doctrine sa plus sincère intégrité; « que votre parole — dit le Seigneur — soit oui, oui, non, non » (Mt 5, 37; Je 5, 12), en excluant toute ambiguïté artificielle ».

Puissent les thèmes de nos récollections de foyers en ce temps de grave apostasie nous aider à comprendre l’importance du lien entre la Foi et la Raison ! Remercions Loïc et Béatrice Bertrand, Présidents des Foyers amis de Notre-Dame, qui nous ont inspiré le thème de nos récollections actuelles de Foyers : la beauté de la Foi. Oui, goûtons la joie de croire. C’est une joie de savoir que Dieu existe, qu’Il est Père, Fils et Esprit Saint, Mon Créateur, Mon Rédempteur et qu’Il m’appelle à vivre en Lui la vie éternelle dans la Vérité et l’Amour ! C’est une joie de savoir qu’au jour de la Résurrection des corps et du Jugement universel le Mal sera définitivement vaincu ! C’est une joie de savoir que nous vivrons éternellement la communion avec les Personnes divines et avec tous les anges et tous les saints! Que le Ciel sera beau! Voilà notre joie! Alléluia ! Amen, Amen, Alléluia !

Excursus : quelques conseils pour le moment d’actualité de l’Eglise et du monde.

A cause de la situation actuelle dans l’Eglise, nous devons être prudents. Aussi, voici comment nous pourrions garder le thème donné par Loïc et Béatrice afin de donner foi, espérance et joie aux foyers que nous accueillons sans tomber dans le « béni oui oui » ou « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Il me semble que nous pourrions ainsi développer ce petit moment :

Le dogme de Nicée nous appelle à être les témoins de Dieu Créateur en notre monde marqué par l’absence de Dieu. Nous devons être courageux pour annoncer la vérité sur le plan de Dieu sur la famille, la sacralité de la vie (toute vie humaine est sacrée parce que don de Dieu), la Loi naturelle, l’être créé, la liberté

Le dogme de Nicée professe avec conviction que Jésus est Dieu. Dans nos relations avec nos frères Juifs, nous devons être clairs et précis : Jésus est le plus beau fruit du Peuple de Dieu. Il n’est pas un prophète comme les autres prophètes, mais Il est vrai Dieu et vrai homme. Le Concile de Chalcédoine donnera de nouvelles précisions : Il peut être Dieu et homme parce qu’Il est une seule personne : la Personne divine et qu’Il « possède » deux natures : la nature humaine et de la nature divine.

Le dogme de Nicée doit aussi nous aider dans nos relations avec les musulmans. Sachons leur faire comprendre qu’il n’existe pas trois Dieux, mais comme il est dit dans le premier article du Credo : nous croyons en un seul Dieu le Père tout-puissant. Il n’est pas contradictoire d’être UN et TROIS. Les TROIS ne sont pas trois Dieux mais trois personnes. Dieu est UN parce qu’il n’y a qu’une seule nature divine, qu’un seul Être divin, qu’une seule ousia ou substance partagée par Trois Personnes !

Le dogme de Nicée est enfin nécessaire pour un vrai « vivre ensemble ». Le « vivre ensemble » prôné par la maçonnerie risque de vouloir dire : « tolérance car toutes les religions se valent ». Le  « vivre ensemble » selon l’esprit d’Assise et de Benoît XVI : le dialogue interreligieux est nécessaire, mais le seul fondement qui le légitime : que tous soient ouverts à la vérité ! N’ayons pas honte de Jésus ni de son Eglise.

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