Vraiment, le Seigneur est juste : les hommes droits le verront face à face !

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En parcourant l’Ecriture… à la découverte des psaumes ! (4/8)

 

Commentaire sur le psaume 10

Nous n’avons rien à craindre devant les attaques du démon et notre salut n’est pas dans la fuite, car Dieu protège le juste.

I- Le texte du Psaume[1]

01 Auprès du Seigneur j’ai mon refuge.

Comment pouvez-vous me dire : Oiseaux, fuyez à la montagne !

02 Voici que les méchants tendent l’arc :

ils ajustent leur flèche à la corde pour viser dans l’ombre l’homme au cœur droit.

03 Quand sont ruinées les fondations, que peut faire le juste ?

04 Mais le Seigneur, dans son temple saint,

le Seigneur, dans les cieux où il trône, garde les yeux ouverts sur le monde.

Il voit, il scrute les hommes ;

05 le Seigneur a scruté le juste et le méchant : l’ami de la violence, il le hait.

06 Il fera pleuvoir ses fléaux sur les méchants,

feu et soufre et vent de tempête ; c’est la coupe qu’ils auront en partage.

07 Vraiment, le Seigneur est juste ;

il aime toute justice : les hommes droits le verront face à face.

II – Un drame en deux actes…

Au lever du rideau, le psalmiste est en scène, face à son entourage. Il s’adresse à ses amis, dans une sorte d’invective : (cf. v.1-3) « Dans le Seigneur j’ai trouvé mon refuge, comment pouvez-vous me dire de fuir dans la montagne comme l’oiseau poursuivi par un chasseur ? ». Car ce que voient les amis, c’est le ciel qui s’obscurcit pour le juste : les impies se tiennent dans l’ombre pour le faire périr… et pour eux, il n’y a plus d’autre solution que de fuir, tout est ruiné…

Mais voilà que brusquement le ton change (cf. v. 4-7) : nous sommes transportés au Ciel, où siège le Seigneur ; de là, Il regarde le monde, et Il voit. Il voit même bien plus loin que les hommes : Il voit leurs cœurs, et juge leurs actes avec justice. Juge attentif, il fera pleuvoir sur les méchants, comme jadis à Sodome, « feu et soufre et vent de tempête » : ce second acte qui met en scène le « jugement de Yahvé » justifie donc pleinement la confiance du juste, même si, pour le moment, il reste dans le monde : « Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. » dit Jésus dans sa prière du Jeudi Saint (Jn 17,15) et encore : « Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. » (Jn 16,33)

« Non, il ne dort pas, ne sommeille pas, le gardien d’Israël. Le Seigneur, ton gardien, le Seigneur, ton ombrage, se tient près de toi. » (Ps. 120, v.4-5)

III – Les paupières de Dieu : sa Providence

Pour plusieurs Pères de l’Eglise, les paupières de Dieu (on peut traduire au verset 4 : « ses paupières scrutent les hommes ») sont comme la Providence de Dieu, qui scrute les hommes, attentif à leurs besoins et à leurs actes. Ainsi, Saint Cyrille d’Alexandrie dit « En regardant, Dieu sauve », et Origène : « [Le Seigneur] voit tout, et gratifie le pauvre de la faveur que donne ce regard, protégeant magnifiquement. ». Eusèbe commente ainsi : « Dieu fait au pauvre cette grâce, que la puissance de Dieu (ses paupières) le protège en le regardant. Mais les paupières scrutent et il est bon que Dieu scrute aussi le pauvre pour qu’il ne tombe pas dans le péché. »

IV- Avec Jean-Paul II…

Extraits de son audience générale sur le Psaume 10 [2]

« La tonalité spirituelle du chant tout entier est bien exprimée dans le verset de conclusion: « Yahvé est juste, il aime la justice ». C’est le fondement de toute confiance et la source de toute espérance, au jour de l’obscurité et de l’épreuve. Dieu n’est pas indifférent à l’égard du bien et du mal, c’est un Dieu bon et non un destin obscur, indéchiffrable et mystérieux.[…]

 

Le Seigneur, assis sur le trône céleste, embrasse de son regard pénétrant tout l’horizon humain. De cette position transcendante, signe de l’omniscience et de la toute-puissance divine, Dieu peut scruter et juger chaque personne, en distinguant le bien du mal et en condamnant avec vigueur l’injustice (cf. vv. 4-5).

 

L’image de l’œil divin, dont la pupille est fixée sur nos actions, leur portant attention, est très suggestive et réconfortante. Le Seigneur n’est pas un Souverain lointain, enfermé dans son monde doré, mais une Présence vigilante rangée du côté du bien et de la justice. Il voit et prend des mesures, en intervenant à travers sa parole et son action.

 

Le juste prévoit que, comme cela s’était produit à Sodome (cf. Gn 19, 24), le Seigneur « fera pleuvoir sur les impies charbons de feu et soufre » (Ps 10, 6), symboles du jugement de Dieu qui purifie l’histoire, condamnant le mal. L’impie, frappé par cette pluie ardente, qui préfigure son sort final, se rend finalement compte que « oui, il est un Dieu qui juge sur terre! » (Ps 57, 12).

 

Le Psaume ne se conclut cependant pas sur cette scène tragique de punition et de condamnation. Le dernier verset ouvre l’horizon à la lumière et à la paix destinées au juste qui contemplera son Seigneur, juge juste, mais surtout libérateur miséricordieux : « Les cœurs droits contempleront sa face » (Ps 10, 7). Il s’agit d’une expérience de communion joyeuse et de confiance sereine dans le Dieu qui libère du mal.

 

Au cours de l’histoire, d’innombrables justes ont vécu une expérience semblable. De nombreux récits décrivent la confiance des martyrs chrétiens face aux tourments et leur fermeté face à l’épreuve qu’ils ne cherchaient pas à éviter.

 

Dans les Actes d’Euplos, diacre de Catane, mort vers 304 sous Dioclétien, le martyr prononce spontanément cette séquence de prière: « Merci, ô Christ : protège-moi car je souffre pour toi… J’adore le Père, le Fils et l’Esprit Saint. J’adore la Sainte Trinité… Merci, ô Christ… Viens à mon aide, ô Christ ! Pour toi je souffre, Christ… Grande est ta gloire, ô Seigneur, dans les serviteurs que tu as daigné appeler à toi! … Je te rends grâce, Seigneur Jésus Christ, car ta force m’a réconforté; tu n’as pas permis que mon âme périsse avec les impies et tu m’as accordé la grâce de ton nom. A présent, je confirme ce que tu as fait en moi, afin que l’impudence de l’Adversaire soit confondue » (A. Hamman, Prières des premiers chrétiens, Milan 1955, pp. 72-73). »

V- Oraison psalmique

Seigneur, Dieu de sainteté, rien n’échappe à ton regard, et tu sais discerner le juste de l’impie : donne à ceux que tu éprouves à cause de ton amour de trouver en toi leur abri, afin qu’au jour du jugement, ils contemplent ta Face pour les siècles des siècles. Amen.

[1] Avec l’aimable autorisation de l’AELF (http://www.aelf.org)

[2] Jean-Paul II – Audience générale du 28 janvier 2004 :

http://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/audiences/2004/documents/hf_jp-ii_aud_20040128.html

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