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Le Concile de Constantinople (381) et la Foi en Dieu Trinité

Récollections de Foyer 2017-2018 : « la beauté de notre foi » – 1e trimestre 2018 – enseignement 1/3

L’Esprit-Saint qui procède du Père

Nous essayons, à travers les enseignements donnés lors des récollections de foyers de cette année 2017-2018 de mieux comprendre le développement du dogme dans l’histoire de l’Eglise.

La dernière fois, nous avons vu que les évêques réunis au premier Concile de Nicée n’ont pas amoindri la Foi de l’Eglise en adoptant des mots précis pour affirmer que Jésus est Dieu, de la substance du Père, consubstantiel au Père, mais ils ont, au contraire, rendu raison de leur Foi (Enseignements du 4e Trim. 2017 disponibles ici). Foi et raison ne sont pas en contradiction. Elles sont comme les deux ailes de notre intelligence, disait Jean-Paul II dans son Encyclique Foi et raison (Fides et ratio n°1). Le premier Concile œcuménique qui a eu lieu à Nicée en 325 n’a pas réussi à surmonter la grande crise de l’arianisme. Les évêques, pourtant, avaient condamné l’hérésie d’Arius et adopté un mot grec très précis «homoousios» pour dire que Jésus-Christ était un Seul Être divin avec le Père. Ce mot grec, qui a été traduit en latin par consubstantiel, est très important pour affirmer que nous croyons en UN SEUL DIEU et que ce DIEU EST UN EN TROIS PERSONNES. Une difficulté demeurait encore après Nicée : les mots « nature » et « personne » que nous utilisons aujourd’hui en théologie n’étaient pas encore assez bien définis. Il faudra attendre le Concile de Chalcédoine, en 451, pour qu’ils le soient.

Benoît XVI, le 20 juin 2007, en présentant le grand défenseur de la Foi qu’a été Athanase, disait : « La crise arienne, que l’on croyait résolue à Nicée, continua ainsi pendant des décennies, avec des événements difficiles et des divisions douloureuses dans l’Eglise. Et à cinq reprises au moins – pendant une période de trente ans, entre 336 et 366 – Athanase fut obligé d’abandonner sa ville, passant dix années en exil et souffrant pour la foi. Mais au cours de ses absences forcées d’Alexandrie, l’Evêque eut l’occasion de soutenir et de diffuser en Occident, d’abord à Trèves puis à Rome, la foi nicéenne et également les idéaux du monachisme, embrassés en Egypte par le grand ermite Antoine, à travers un choix de vie dont Athanase fut toujours proche. Saint Antoine, avec sa force spirituelle, était la personne qui soutenait le plus la foi de saint Athanase. Réinstallé définitivement dans son Siège, l’Evêque d’Alexandrie put se consacrer à la pacification religieuse et à la réorganisation des communautés chrétiennes. Il mourut le 2 mai 373 ». Saint Hilaire fut en Occident le grand défenseur du dogme de Nicée. La France, Fille aînée de l’Eglise lui doit beaucoup.

Après avoir davantage étudié les dogmes se rapportant à la Personne divine du Fils, nous commencerons ici par un approfondissement sur la 3e Personne de la Trinité, le Saint-Esprit, à partir du Concile de Constantinople.

 

1. Histoire du premier concile de Constantinople

             Commençons par une brève histoire du premier concile de Constantinople, qui se déroula entre mai et juillet 381. Au début de l’année 380 l’empereur d’Orient Théodose Ier tombe malade, et se fait baptiser. Il professe alors ouvertement la foi de Nicée. Quelques jours plus tard il publie l’Édit de Thessalonique, demandant à tous de suivre la foi de Nicée, condamnant implicitement l’arianisme. Théodose impose l’autorité du Pape Damase, et remplace l’évêque arien de Constantinople par Grégoire de Nazianze. Théodose convoque dans sa capitale Constantinople un concile de tous les évêques de l’Orient. Gratien, Empereur d’Occident convoque, quant à lui, les évêques occidentaux à Aquilée. Le pape n’est pas convoqué à Constantinople. Le Concile commence en mai 381, cent-cinquante évêques sont présents, venus de tout l’Orient de l’empire, sauf d’Égypte. Parmi les personnes présentes, on peut compter Grégoire de NysseGrégoire de NazianzePierre de Sébaste. C’est Mélèce d’Antioche qui préside l’assemblée conciliaire. Après le décès de Mélèce, la présidence échoit à Grégoire de Nazianze. Les évêques qui refusent d’accepter les formules de Nicée n’ont pas le droit de siéger. Trente-six évêques conduits par Marcien de Lampsaque et Eleusius de Cyzique refusent le concile de Nicée et partent sans siéger au concile. Grégoire de Nazianze cherche à préserver l’unité de l’Église pendant ses prêches de la Pentecôte, mais il n’y parvient pas. Grégoire de Nazianze soutient la candidature de Paulin au siège d’Antioche, mais cette candidature échoue et les membres du concile préfèrent le prêtre Flavien. Cette élection est vécue par Grégoire de Nazianze comme un désaveu et il décide donc de démissionner. Dans la mesure où les évêques devaient accepter la foi de Nicée afin de siéger au sein du Concile de Constantinople, les problèmes dogmatiques ne furent pas nombreux au sein du Concile. Le Concile rappela le credo de la foi de Nicée et compléta l’article sur l’Esprit : L’Esprit-Saint y est confessé comme Seigneur, donnant la vie, procédant du Père et recevant avec le Père et le Fils même adoration et même gloire. Il anathématisa également toutes les hérésies qui s’étaient développées durant la controverse arienne.

2. Les mots du dogme de Constantinople

            Analysons maintenant les mots précis du dogme de Constantinople concernant l’Esprit-Saint :

            nous croyons « eis to pneuma to agion » = en l’Esprit le Saint. Le Catéchisme de l’Eglise Catholique dit : « « Saint-Esprit », tel est le nom propre de Celui que nous adorons et glorifions avec le Père et le Fils. L’Église l’a reçu du Seigneur et le professe dans le Baptême de ses nouveaux enfants (cf. Mt 28, 19). Le terme  » Esprit  » traduit le terme hébreu Ruah qui, dans son sens premier, signifie souffle, air, vent. Jésus utilise justement l’image sensible du vent pour suggérer à Nicodème la nouveauté transcendante de Celui qui est personnellement le Souffle de Dieu, l’Esprit divin (Jn 3, 5-8). D’autre part, Esprit et Saint sont des attributs divins communs aux Trois Personnes divines. Mais en joignant les deux termes, l’Écriture, la liturgie et le langage théologique désignent la Personne ineffable de l’Esprit Saint, sans équivoque possible avec les autres emplois des termes  » esprit  » et  » saint « . » (CEC n°691)

            To kurion : « Seigneur ». Pour la Tradition, l’appellation «o kurios» était la caractéristique du Fils, donc l’Esprit est comme le Fils = Dieu, mais Il n’est pas le Fils : on a alors choisi le neutre : «to kurion». Il est à noter que les Pères de Constantinople n’ont pas affirmé que l’Esprit est « omoousios tô Patri » (consubstantiel au Père).

           L’Esprit est encore dit to zôopoion = celui qui donne la vie (toujours au neutre en grec). C’est par l’Esprit-Saint que nous est communiquée la vie divine, la vie éternelle de par les mérites de Jésus. C’est l’Esprit-Saint qui consacre le pain et le vin pour le transformer dans le Corps et le Sang de Jésus et nous donner Jésus en nourriture.

           To ek tou Patros ekporeuomenon : L’Esprit qui procède du Père. Notons que, dans le texte grec du Concile de Constantinople, il n’est pas dit que l’Esprit-Saint procède du Père et du Fils. Ce sont les latins qui ont ajouté plus tard le fameux « Filioque » qui a été cause de division avec nos frères orthodoxes jusqu’en l’an 2000 ! L’Esprit-Saint n’est pas engendré comme s’il était un second Fils ou la Fille du Père. Les évêques du Concile de Constantinople ont utilisé l’expression de Jésus dans l’évangile selon Saint Jean : « Je vous enverrai l’Esprit qui procède du Père » (Jn 15, 26). Le grec de ce passage «ekporeuomai» signifie «venir de». Ce mot sera considéré à partir de ce Concile comme un mot technique. A Constantinople, il n’était pas question de la bataille qui viendra après entre Occident et Orient : alors que pour la tradition orientale, on disait que l’Esprit procédait seulement du Père (tradition du monopatrisme), en Occident, on disait que l’Esprit procédait du Père et du Fils.

            Te sun Patri kai uiô sumprostunoumenon = adoré avec le Père et le Fils. Ce nouvel ajout signifie que l’Esprit-Saint est Dieu comme le Père et le Fils.

            Kai sundoxazomenon = Il est glorifié avec eux. La doxa en grec se traduit par la gloire, la majesté de Dieu qui se manifeste. Dans sa prière sacerdotale, Jésus dit à Son Père : « Je leur ai donné la Gloire que Tu m’as donnée » (Jn 17, 22). Pour les exégètes, la Gloire est l’Esprit-Saint.

          To lalêsan dia tôv prôphêtôn  = « Il a parlé par les prophètes ». Il était clair que Dieu avait parlé par les Prophètes, mais on n’avait jamais dit que l’Esprit était Dieu. Il est clairement affirmé ici que c’est l’Esprit qui a parlé par les Prophètes.

            Le dogme de Constantinople était loin d’être exhaustif, mais il permettait de garder l’Eglise dans la Foi des apôtres : Dieu est UN et Il est Père, Fils et Saint-Esprit. Après ce dogme, l’Eglise devra clarifier son langage pour proclamer le Mystère en un langage clair : 3 Personnes en une unique divinité. Dans le Tome de Damase du Concile de Rome en 382, il est clairement affirmé que l’Esprit Saint est « du Père vraiment et proprement, comme le Fils, de la divine substance et Dieu Vrai » (FC 215). L’Esprit-Saint est donc bien déclaré, dans le Tome de Damase, consubstantiel au Père comme le Fils.

            Le Père Pelland, Jésuite, qui enseignait le Traité sur la Trinité à la Grégorienne dans les années 80 disait que des théologiens avaient cherché à prendre un exemple anachronique, que les Pères n’avaient pas utilisé : le triangle, qui existe toujours avec 3 angles. Il n’y a pas d’antériorité du triangle sur les 3 angles (le triangle ne « préexiste » pas à ses 3 angles, ils coexistent forcément). Pour les Personnes divines, il n’y a pas non plus d’antériorité de la divinité sur les Personnes divines. Dieu est éternellement Père, Fils et Esprit-Saint. Irénée prenait cette image : Dieu a deux mains : le Fils et l’Esprit. Mais cette image ne peut pas nous faire comprendre parfaitement le mystère !

              Jean-Paul II, dans son Encyclique sur le Saint-Esprit (Dominum et vivificantem), le 18 mai 1986, écrivait : « Dans sa foi en l’Esprit Saint, l’Eglise proclame qu’il est Seigneur et qu’il donne la vie. C’est ce qu’elle proclame dans le Symbole de la foi, dit de Nicée-Constantinople. Il y est dit aussi que l’Esprit Saint «a parlé par les prophètes». Ces paroles, l’Eglise les reçoit de la source même de la foi : Jésus Christ. En effet, selon l’Évangile de Jean, l’Esprit Saint nous est donné avec la vie nouvelle, comme Jésus l’annonce et le promet au grand jour de la fête des Tentes : «Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Selon le mot de l’Ecriture : De son sein couleront des fleuves d’eau vive». Et l’évangéliste explique: «Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui avaient cru en lui». C’est la même comparaison de l’eau que Jésus emploie dans le dialogue avec la Samaritaine, quand il parle de la «source d’eau jaillissant en vie éternelle», et dans le dialogue avec Nicodème, quand il annonce la nécessité d’une nouvelle naissance «d’eau et d’Esprit» pour «entrer dans le Royaume de Dieu». Par conséquent, l’Eglise, instruite par la parole du Christ, puisant dans l’expérience de la Pentecôte et dans son histoire apostolique, proclame depuis le début sa foi en l’Esprit Saint, celui qui donne la vie, celui par qui le Dieu un et trine, insondable, se communique aux hommes, établissant en eux la source de la vie éternelle ».

3. L’importance des Pères Cappadociens

            On ne peut pas parler du dogme de Constantinople sans noter l’importance des trois grands Pères Cappadociens (la Cappadoce se trouve en Turquie) : Saint Basile, Saint Grégoire de Nazianze et Saint Grégoire de Nysse.

  • Saint Basile (330-379) est devenu évêque de Césarée de Cappadoce, sa ville natale. Il est appelé saint Basile le Grand et est considéré par les chrétiens d’Orient comme le premier des grands docteurs œcuméniques ; ceux d’Occident le rangent parmi les principaux docteurs de l’Église. Son influence a été considérable dans le développement de la théologie de la Trinité, dans l’organisation de la vie monastique, dans l’exposition de la morale et de la doctrine sociale chrétiennes ainsi que dans la formation de la liturgie. Bien qu’il appartienne à une famille depuis longtemps chrétienne, Basile n’est baptisé que vers l’âge de vingt-cinq ans. Ses frères Grégoire et Pierre deviennent évêques, le second à Sébaste, le premier à Nysse, où il se montre un piètre administrateur, mais un remarquable théologien et surtout un mystique. Basile fait de solides études à Césarée, à Constantinople, enfin à Athènes où il se lie d’amitié avec son compatriote Grégoire de Nazianze, grand poète et grand théologien. La valeur littéraire de Basile est reconnue par ses contemporains. Il est hors de doute que la perfection de la forme valut à Basile une audience considérable.

Pour expliquer le mystère de l’Esprit-Saint, Saint Basile distingue les actions de Dieu en faveur des hommes dans l’œuvre du Salut (ce qu’il appelle « économie du Salut ») pour en déduire les caractéristiques qu’il nomme « théologiques » de Dieu, et plus particulièrement de l’Esprit-Saint. Saint Basile dit : « l’économie (oίκονοµία) de Dieu, notre Sauveur, sur l’homme, consiste à le ramener de son exil, à le faire revenir dans l’intimité de Dieu en le sortant de l’inimitié créée par sa désobéissance. » (Traité Sur le Saint-Esprit). Pour l’évêque de Césarée l’« économie » fait référence à l’œuvre de bonté des Personnes divines dans le monde tandis que la « théologie » regarde strictement le mystère indicible et éternel de la nature divine de la Trinité sans aucune référence au monde. La distinction entre l’«économie » et la « théologie » est importante, car elle est à la base même du traité Sur le Saint-Esprit. La nature de l’Esprit est inaccessible, dit Basile, mais on peut la connaître à travers son œuvre de bonté car c’est un unique et même Esprit qui dispense ses grâces à l’homme et qui possède la nature inaccessible du Père et du Fils. L’homme ne raisonne pas simplement sur l’Esprit mais il entre en relation intime et vitale avec Lui.

  • Saint Grégoire de Nazianze (330- 390) est né à Arianze, près de Nazianze, en Cappadoce. Il est, avec Basile de Césarée et Grégoire de Nysse, l’un des trois Cappadociens qui ont donné à la théologie orthodoxe, aussi bien orientale qu’occidentale, sa première systématisation et sa première formulation classique. Il reçoit, à Nazianze, les premiers éléments de l’éducation et entreprend ensuite un long périple studieux qui le fait passer par Césarée de Cappadoce, puis Césarée de Palestine et Alexandrie, pour le conduire en dernier lieu à Athènes, la « ville d’or », la « mère des belles choses », comme il dira lui-même. Il y reste plusieurs années, y écoute les leçons des rhéteurs et y fait la rencontre de Basile de Césarée, avec qui il nouera une belle, pure et très grande amitié spirituelle « un seul cœur et une seule âme ».
  • Saint Grégoire de Nysse (330-395) est le frère de Saint Basile. Il deviendra évêque de Nysse en Cappadoce. Il a laissé une œuvre théologique et mystique qui connaît un regain d’actualité parmi les théologiens modernes. Comme Saint Augustin, il fait apparaître dans l’histoire une nouvelle conception de l’homme : l’homme de Grégoire de Nysse est indéfinissable, parce qu’il est l’image d’un Dieu infini et indéfinissable, et parce qu’il est entraîné perpétuellement hors de ses limites dans la poursuite d’un infini qui échappe éternellement à ses prises. À l’infinité de plénitude qui est le propre de Dieu répond l’infinité de capacité, de renouvellement, de progrès et d’amour, qui est le propre de l’homme. Grégoire de Nysse, issu d’un milieu familial qui était déjà entièrement chrétien, subit fortement l’influence de ses deux aînés : sa sœur Macrine, convertie depuis longtemps à l’idéal de la vie monastique, qui fut, dit-il, son « institutrice » et dont il fut lui-même le biographe ; son frère Basile, évêque de Césarée, avec lequel les rapports ne seront pas toujours faciles. Grégoire connut pourtant une période de vie « mondaine », comme il le dit lui-même, en ce sens que, renonçant à la carrière ecclésiastique dont il avait commencé à gravir les degrés, il choisit la profession de rhéteur (qui avait été celle de son père) et se maria (vers 364). Sous l’influence de Basile, Grégoire revint assez vite à une vie d’austérité. À sa demande, il compose un éloge de la virginité en 371 et, grâce à l’intervention du même Basile, est élu évêque de Nysse en 372.

            Nous ne pouvons que rendre grâce à l’action de la divine Providence qui a permis à des Saints de tenir bon dans les tempêtes pour garder la Foi de l’Eglise dans la fidélité à l’enseignement de Jésus. Admirons l’action de l’Esprit-Saint en ces Pères Cappadociens ! Puisse tout cela nous garder dans la sérénité en ces temps de confusion et de crise !

4. Les révélations de Jésus à Conchita

           Conchita, la fondatrice des missionnaires du Saint-Esprit au Mexique, a reçu dans la première moitié du vingtième siècle des révélations privées de Jésus sur le Saint-Esprit.

          Citons ces extraits (Conchita, Journal spirituel d’une mère de famille, Desclée De Brouwer 1974, pages 143-147) : « Pour beaucoup de chrétiens l’Esprit-Saint est un inconnu. Le Seigneur révèle à Conchita son identité personnelle au sein de la Trinité où il est l’Amour, et sa mission sur la terre : conduire les âmes au foyer de l’Amour; d’où la nécessité du règne du Saint-Esprit et l’urgence d’une rénovation de son culte.

        La phrase nous rappelle que sa mission dans le ciel, sa Vie, son être : c’est l’Amour. Il existe un trésor caché, une richesse demeurée inexploitée et nullement appréciée à sa vraie valeur, qui est cependant ce qu’il y a de plus grand dans le ciel et sur la terre : l’Esprit-Saint. Le monde des hommes lui-même ne le connait pas comme il convient. Il est la Lumière des intelligences et le Feu qui embrase les cœurs. S’il y a de la tiédeur, du refroidissement, de la fragilité, et tant d’autres maux qui affligent le monde spirituel et même mon Eglise, c’est parce que l’on ne recourt pas à l’Esprit-Saint. Sur la terre, sa mission consiste à acheminer les âmes vers ce foyer de l’Amour qui est Dieu. Avec Lui, on possède tout ce que l’on peut désirer. S’il y a de la tristesse, c’est parce que l’on ne recourt pas à ce divin Consolateur, Lui qui est la joie spirituelle parfaite. S’il y a de la fragilité, c’est parce que l’on ne s’appuie pas sur Celui qui est la Force invincible. S’il y a des erreurs, c’est parce que l’on méprise Celui qui est la Lumière. La foi s’éteint par absence du Saint-Esprit.

       En chaque cœur et dans l’Eglise entière, on ne rend pas à l’Esprit-Saint le culte qui lui est dû. La plupart des maux que l’on déplore dans l’Eglise et dans le champ des âmes vient de ce que l’on n’accorde pas à l’Esprit-Saint la primauté que Moi J’ai donnée à cette Troisième Personne de la Trinité qui a pris une part si active à l’Incarnation du Verbe et à la fondation de l’Eglise. On l’aime avec tiédeur, on l’invoque sans ferveur et en beaucoup de cœurs, même parmi les miens, on ne se souvient même pas de Lui. Tout cela afflige profondément mon Cœur ».

     Prenons très au sérieux ces paroles du Cœur de Jésus à Conchita et entrons dans une vraie relation avec l’Esprit-Saint qui veut nous communiquer Sa Joie Spirituelle, Sa Force et Ses autres dons !

5. Esprit-Saint et sainteté

            « Le but de la vie chrétienne, c’est l’acquisition de l’Esprit-Saint » enseignait en Russie Saint Séraphin de Sarov. Les spécialistes de la théologie spirituelle disent : « Si Dieu le Père est «source de toute sainteté», Celui qui le premier donne vie à tout ce qui existe, c’est par l’Esprit, Personne divine, vivante et agissante dans le monde, que cette sainteté nous est communiquée. En se donnant totalement, Jésus a répandu l’Esprit sur le monde et depuis la Résurrection et la Pentecôte nous vivons dans le temps de l’Esprit. Depuis St Paul, nous sommes invités à nous laisser guider par l’Esprit. « Et voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi : contre de telles choses, il n’y a pas de loi… Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi sous l’impulsion de l’Esprit (Ga 5,22-25)».

            La Vierge Marie est le parfait modèle de la vie dans l’Esprit. Saint Maximilien Kolbe a eu l’intuition du lien unique entre la Vierge Marie et l’Esprit-Saint en méditant le nom que la Vierge Marie s’est donné à Lourdes : « Je suis l’Immaculée Conception ». Elle n’a jamais contristé l’Esprit-Saint. Elle est vraiment le sanctuaire de l’Esprit-Saint. Par Don Stefano Gobbi, le Cœur Immaculé de Marie nous a invités à utiliser cette prière: « Venez Esprit-Saint, venez par la puissante intercession du Cœur Immaculé de Marie ».

            Puisse ce premier enseignement nous aider à nous émerveiller devant la beauté de notre Foi. Les apôtres, redisons-le, après la Pentecôte, étaient convaincus que l’Esprit-Saint était Dieu et qu’ils L’avaient reçu au jour de Pentecôte. Saint Luc, dans les Actes, consacre deux chapitres (11 et 12) au don de l’Esprit-Saint aux païens qui fait dire à Saint Pierre : « pouvais-je refuser l’eau du baptême à ceux qui avaient reçu comme nous l’Esprit-Saint ? » Dans la nouvelle évangélisation, avons-nous suffisamment confiance en l’action de l’Esprit-Saint ? Pourquoi avoir peur d’évangéliser des personnes d’autres religions sous prétexte de tolérance et de respect de leur liberté ? Nous n’avons pas à rougir de Jésus et de l’Évangile et nous devons croire que l’Esprit-Saint peut être donné à des Juifs, à des Musulmans, à des athées au moment où nous leur annonçons l’évangile. Cela s’est réalisé dans la maison de Corneille, cela peut aussi se réaliser en notre temps. Saint Jean-Paul II disait : la mission est la mesure de notre Foi !

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