La Vierge Marie, collaboratrice à l’oeuvre du Salut !

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En parcourant l’Ecriture… Les figures de la Vierge Marie dans l’Ancien Testament (1/8)

Introduction

« Ce que la foi catholique croit au sujet de Marie se fonde sur ce qu’elle croit au sujet du Christ, mais ce qu’elle enseigne sur Marie éclaire à son tour sa foi au Christ. » dit le Catéchisme de l’Eglise Catholique (n°487).

Or, le temps pascal est le temps où nous commémorons ce qui fait le cœur de notre Foi : le kérygme, c’est-à-dire la mort et la Résurrection de Jésus-Christ, le Fils de Dieu fait homme[1]. Il nous parait donc intéressant de commencer maintenant un approfondissement sur les différentes figures de la Vierge Marie dans l’Ancien Testament, comme autant de préparations divines à la venue de son Fils sur la terre, avec la collaboration de Marie.

Cette nouvelle série nous conduira donc jusqu’au mois de mai, mois de Marie : nous pourrons alors admirer encore davantage toutes les perfections qui se trouvent en notre Mère du Ciel à travers celles qui l’ont préfigurée au cours des siècles !

I – La « prédestination » de Marie

Le Catéchisme de l’Eglise Catholique dit encore : «  » Dieu a envoyé son Fils  » (Ga 4, 4), mais pour lui  » façonner un corps  » (cf. He 10, 5) il a voulu la libre coopération d’une créature. Pour cela, de toute éternité, Dieu a choisi, pour être la Mère de Son Fils, une fille d’Israël, une jeune juive de Nazareth en Galilée,  » une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David, et le nom de la vierge était Marie «  (Lc 1, 26-27) : le Père des miséricordes a voulu que l’Incarnation fût précédée par une acceptation de la part de cette Mère prédestinée, en sorte que, une femme ayant contribué à l’œuvre de mort, de même une femme contribuât aussi à la vie (LG 56 ; cf. 61).

Tout au long de l’Ancienne Alliance, la mission de Marie a été préparée par celle de saintes femmes. Tout au commencement, il y a Eve : malgré sa désobéissance, elle reçoit la promesse d’une descendance qui sera victorieuse du Malin (cf. Gn 3, 15) et celle d’être la mère de tous les vivants (cf. Gn 3, 20). En vertu de cette promesse, Sara conçoit un fils malgré son grand âge (cf. Gn 18, 10-14 ; 21, 1-2). Contre toute attente humaine, Dieu choisit ce qui était tenu pour impuissant et faible (cf. 1 Co 1, 27) pour montrer sa fidélité à sa promesse : Anne, la mère de Samuel (cf. 1 S 1), Débora, Ruth, Judith et Esther, et beaucoup d’autres femmes. Marie  » occupe la première place parmi ces humbles et ces pauvres du Seigneur qui espèrent et reçoivent le salut de lui avec confiance. Avec elle, la fille de Sion par excellence, après la longue attente de la promesse, s’accomplissent les temps et s’instaure l’économie nouvelle  » (LG 55).[2] »

Nous verrons donc successivement ces différentes figures de femmes de l’Ancien Testament : Eve, Sara, Anne, Débora, Ruth, Judith et Esther.

Aujourd’hui, arrêtons-nous sur les titres de Marie, évoqués dans ses litanies, faisant référence à des symboles de l’Ancien Testament.

II – Dans les litanies de la Vierge Marie

Parmi les litanies de la Vierge Marie les plus connues, on trouve « les litanies de Lorette », approuvées en 1587 par le pape Sixte Quint, et qui ont probablement été composées entre 1150 et 1200. Parmi les titres donnés à Marie, on trouve :

  • Trône de la sagesse

Dans le livre de la Sagesse, il est écrit : « Or la Sagesse est avec toi, elle qui sait tes œuvres ; elle était là quand tu fis l’univers ; elle connaît ce qui plaît à tes yeux, ce qui est conforme à tes décrets. Des cieux très saints, daigne l’envoyer, fais-la descendre du trône de ta gloire. Qu’elle travaille à mes côtés et m’apprenne ce qui te plaît. » (Sg 9, 9-10) : Dieu, qui a envoyé son Fils, la Sagesse incarnée, en le faisant descendre du trône de sa Gloire, l’a fait siéger dans un autre trône sur la terre : Marie, sa Mère.

  • Vase spirituel, Vase d’honneur

On utilise les vases pour contenir les choses précieuses : « Ôte les scories de l’argent, il en sortira un vase d’orfèvre » (Pr. 25,4) dit le livre des Proverbes. Cette appellation fait aussi penser au Calice de la Cène qui a recueilli le Sang du Christ : Marie est ainsi le vase très pur dans lequel le Fils de Dieu Lui-même a été recueilli ; elle est aussi le Calice qui était au pied de la Croix pour recueillir le sang du Sacrifice…

  • Rose mystique

La rose est la fleur de l’amour. Dans le Cantique des Cantiques, la Bien-aimée chante : « Je suis la rose du Sarone, le lis des vallées. » (Ct 2,1). Marie est la Rose toute prête pour son Dieu, la plus belle fleur de son jardin, sans aucune tâche ni défaut, elle est l’Immaculée !

  • Tour de David, tour d’ivoire

L’image de la tour évoque le lieu de garde, de défense. Dans le Cantique des Cantiques, le Bien-aimé décrit ainsi sa Bien-aimée : « Ton cou : la tour de David, harmonieusement élevée ; mille boucliers sont suspendus, toutes les armes des braves. » (Ct 4,4) ou encore « Ton cou : une tour d’ivoire. Tes yeux : les vasques de Heshbone à la porte de Bath-Rabbim, et ton nez, comme la Tour du Liban, sentinelle tournée vers Damas. » (Ct 7,5). La Vierge Marie fut la gardienne de Jésus pendant sa vie terrestre et elle est maintenant notre mère et gardienne à jamais, elle qui est aussi « refuge des pécheurs » et « maison d’or » ! C’est à elle que nous pouvons confier sans crainte le trésor de notre foi, la grâce de notre baptême, afin qu’elle défende ce précieux tribut de l’ennemi qui le guette !

  • Arche d’alliance

Dans l’Ancien Testament, l’Arche d’Alliance est le lieu de la présence de Dieu : « Tu placeras le propitiatoire sur le dessus de l’arche et, dans l’arche, tu placeras le Témoignage que je te donnerai. C’est là que je te laisserai me rencontrer ; je parlerai avec toi d’au-dessus du propitiatoire entre les deux kéroubim situés sur l’arche du Témoignage ; là, je te donnerai mes ordres pour les fils d’Israël. » (Ex 25, 21-22). Elle apporte bénédictions et bienfaits au Peuple de Dieu : « L’arche du Seigneur resta pendant trois mois dans la maison d’Obed-Édom, le Guittite, et le Seigneur bénit Obed-Édom ainsi que toute sa maison. » (2S 6,11). Marie fut l’Arche dans laquelle fut déposé non pas les tables de l’Alliance, mais la Parole de Dieu faite chair ; Marie est encore celle qui nous conduit toujours à Jésus : elle est ainsi « lieu de la présence de Dieu », comme elle est aussi « Porte du Ciel » !

Concluons avec Saint Bernard : « voyons avec quels sentiments dé piété et de dévotion celui qui a déposé la plénitude du bien en Marie, veut que nous l’honorions, comme il veut que nous sachions bien que tout, espérance, grâce, salut, tout, dis-je, déborde sur nous de celle qui monte à nos yeux comblée de délices. Elle est un jardin de délices ; […] Otez ce soleil qui éclaire le monde, c’en est fait du jour. Enlevez Marie, cette étoile de la mer, mais de notre grande et vaste mer à nous, que reste-t-il, sinon un voile de ténèbres, une ombre de mort, une extrême obscurité. C’est donc du plus intime de nos cœurs, du fond même de nos entrailles et de tous nos vœux que nous devons honorer la vierge Marie, c’est la volonté de celui qui a voulu que tout nous vint par Marie.[3] »

Que Marie nous accompagne aujourd’hui pour témoigner à notre tour de Jésus Ressuscité et de sa joie !

 

[1] Cf. l’homélie de Fr. Joseph de ce lundi de Pâques : https://youtu.be/xN4tUel7-CA?list=PLUekF8Pxu1D-JEOWbTD9MaCqR5WW6mu5h&t=3734

[2] Catéchisme de l’Eglise Catholique – n°488-489

[3] Saint Bernard de Clairvaux – Homélie pour la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie – l’Aqueduc

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