L’Esprit-Saint dans la vie trinitaire…

Le Concile de Constantinople (381) et la Foi en Dieu Trinité

Récollections de Foyer 2017-2018 : « la beauté de notre foi » – 1e trimestre 2018 – enseignement 2/3

Le fondement du dogme trinitaire : le vrai visage de Dieu révélé par Jésus

Notre première causerie vous aura permis de mieux comprendre les précisions apportées par le Concile de Constantinople au Concile de Nicée. Ainsi, nous professerons notre Foi les dimanches et solennités en étant plus conscients des combats qui ont été menés par des Saints Pères pour garder l’Eglise dans la fidélité à sa Foi dont le fondement est Jésus. Gardons bien en mémoire ce que disait Saint Basile au sujet de l’économie et de la théologie. Les Orientaux nous invitent à davantage adorer le mystère trinitaire plutôt qu’à vouloir « comprendre » parfaitement avec notre esprit limité la génération éternelle du Verbe et la spiration éternelle du Saint-Esprit. Sachons nous émerveiller devant l’économie divine du Salut et le don du Saint-Esprit ! Pourquoi ne sommes-nous pas plus enthousiastes de notre Foi chrétienne ? Pourquoi tant de baptisés en France ont-ils peur d’en témoigner ? Les musulmans sont beaucoup plus zélés et déterminés que les baptisés. Et pourtant, ils ne connaissent pas le vrai visage de Dieu. Dieu n’est pas un individu, mais une famille de Trois Personnes divines en un Seul Être divin ! Dieu le Père est le Principe qui fait participer éternellement et intégralement à l’Être divin son Fils par génération et l’Esprit-Saint par spiration. Ne gardons pas égoïstement cette révélation du mystère divin mais témoignons-en afin que beaucoup d’hommes connaissent la joie de croire. La Mission ne peut pas se réduire au dialogue interreligieux, elle doit déboucher sur l’évangélisation explicite. Il n’y a qu’un Seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit ! Jésus a commandé à ses disciples avant l’Ascension d’annoncer l’évangile à toutes les Nations !

 

1. Ce que l’Esprit-Saint n’est pas dans la Vie Trinitaire

            Le Mystère de la Trinité est un Mystère, mais on voudrait toujours le comprendre aussi clairement qu’un problème mathématique… Attention à ne pas tomber dans l’esprit de système ! Certains catholiques, simplifiant la théologie de Saint Thomas, comprennent ainsi le Mystère Trinitaire : Le Père se connaît : cette connaissance de Lui-même « produit » l’engendrement du Verbe. Le Père et le Verbe s’aiment : l’amour entre le Père et le Fils « produit » la spiration de l’Esprit-Saint. Ainsi, le Verbe serait la Pensée de Dieu, et l’Esprit-Saint serait l’Amour de Dieu. Cette manière de comprendre simplifie beaucoup la pensée de Saint Thomas ! Dieu le Père n’a pas «besoin» du Verbe pour connaître, et de l’Esprit pour aimer. Dieu le Père est Principe du Fils et du Saint-Esprit, Il communique la divinité à son Fils et, par son Fils, à l’Esprit. Dieu le Père est Intelligence en acte et Amour en acte. Dieu le Fils est Intelligence en acte et Amour en acte. Dieu le Saint-Esprit est Intelligence en acte et Amour en acte !

2. Ce que l’Esprit-Saint est dans la Vie Trinitaire

Le Conseil Pontifical pour l’unité des chrétiens a donné, en 1995, un texte très important pour nous aider à mieux comprendre le Mystère du Saint-Esprit : « Les traditions grecque et latine concernant la procession du Saint-Esprit » (13 sept 1995. DC 2125). L’incompréhension entre Orient et Occident s’est «focalisée» sur le fameux «filioque», que les Latins ont ajouté au Concile de Constantinople : «Il procède du Père et du Fils». Cette incompréhension n’est pas seulement une querelle de mots, mais une manière différente et complémentaire de comprendre et d’exprimer la théologie du Saint-Esprit ! Dans l’Evangile selon Saint Jean, au chapitre 15, verset 26, Jésus dit que l’Esprit procède du Père. Le verbe grec utilisé par Saint Jean est : «ekporeuetai». Les Grecs s’appuieront sur cette phrase de Saint Jean pour affirmer que l’Esprit tire son origine du Père. Le Père est donc, pour eux, le Principe sans Principe de la Trinité. Que le Père soit le Principe unique du Fils et du Saint-Esprit n’a pas empêché plusieurs Pères grecs d’affirmer que l’Esprit-Saint procède du Père par le Fils.

            Pour signifier la communication de la divinité à l’Esprit-Saint, les Grecs utilisaient un autre verbe que le verbe «ekporeuetai» : «proïenai». Les Latins, quant à eux, ne faisaient pas de différence entre les deux verbes grecs : ils traduisaient les deux par : procedere = procéder. Ainsi, lorsque les Latins ont ajouté au Credo de Constantinople le fameux «Filioque», les Grecs ont crié à l’hérésie parce qu’ils comprenaient que les Latins voulaient signifier que le Père et le Fils étaient ensemble la cause du Saint-Esprit.

            Le texte romain (du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens) a clarifié la difficile question théologique. Le Père est l’unique cause du Saint-Esprit, mais Il communique la divinité à l’Esprit par le Fils. Pourquoi disons-nous que le texte romain a clarifié la question ? Il semble qu’une manière occidentale actuelle de comprendre la procession du Saint-Esprit était celle-ci : le Père et le Fils s’aiment, et le fruit de leur Amour est l’Esprit-Saint. Cette conception théologique semblait bien être celle du Père Kolbe qui disait que le nom propre du Saint-Esprit était le nom que la Sainte Vierge s’était donnée à Lourdes : «Immaculée Conception». Le Père et le Fils paraissaient être comme le Principe unique du Saint-Esprit. La théologie grecque nous oblige à élargir notre manière de penser. Le Père seul est la cause du Fils et du Saint-Esprit. Il communique la divinité à son Fils, et, dans le même acte éternel, Il la communique au Saint-Esprit par son Fils. Des Pères grecs ont vu, dans la création d’Adam, l’image de la génération du Verbe, et, dans la création d’Eve, à partir du côté d’Adam, l’image de la spiration du Saint-Esprit. Le texte romain dit très clairement ce qu’est l’Esprit-Saint dans la vie trinitaire : « même si dans l’ordre trinitaire le Saint-Esprit est consécutif à la relation entre le Père et le Fils puisqu’Il tire son origine du Père en tant que celui-ci est Père du Fils Unique, c’est dans l’Esprit que cette relation entre le Père et le Fils atteint elle-même sa perfection trinitaire. De même que le Père est caractérisé comme Père par le Fils qu’il engendre, de même l’Esprit, en tirant du Père son origine, le caractérise de manière trinitaire dans sa relation au Fils, et caractérise de manière trinitaire le Fils dans sa relation au Père : dans la plénitude du mystère trinitaire ils sont Père et Fils dans l’Esprit-Saint.

            Le Père n’engendre le Fils qu’en spirant (proballein) par lui l’Esprit Saint, et le Fils n’est engendré par le Père que dans la mesure où la spiration (probolê en grec) passe par lui. Le Père n’est Père du Fils unique qu’en étant pour lui et par lui l’origine du Saint-Esprit.

            L’Esprit ne précède pas le Fils, puisque le Fils caractérise comme Père le Père dont l’Esprit tire son origine, ce qui constitue l’ordre trinitaire. Mais la spiration de l’Esprit se fait par et à travers l’engendrement du Fils qu’elle caractérise de manière trinitaire« .

            Cette citation ne nous permettra probablement pas d' »appréhender » parfaitement le mystère de la Trinité, qui demeurera toujours, et peut-être davantage encore, un mystère. Elle a l’avantage, cependant, de montrer qu’il n’existe pas de génération du Fils sans spiration de l’Esprit, et qu’il n’existe pas non plus 2 générations parallèles. Dieu n’existe seulement qu’en trois Personnes !

            Le texte romain se terminait ainsi : « Quel est ce caractère trinitaire que la personne du Saint-Esprit apporte à la relation même entre le Père et le Fils… Le Père est l’amour dans sa source, le Fils est «le Fils de son amour» (Col 1, 14). Aussi une tradition remontant à Saint Augustin a vu dans l’Esprit-Saint, qui a répandu dans nos cœurs l’amour de Dieu (Rm 5, 5), l’amour comme Don éternel du Père à son Fils bien-aimé. L’amour divin qui a son origine dans le Père repose dans le Fils de son amour pour exister consubstantiellement par celui-ci dans la personne du Saint-Esprit, le Don d’amour« . Ne comprenons pas de manière simpliste cette affirmation. Saint Augustin n’était pas simpliste : il distinguait le Père qui est «Amans» = Celui qui aime activement, c’est-à-dire : l’Amour dans sa source ; le Fils : «Amatus» = Le Bien-Aimé du Père ; l’Esprit qui est «Amor»= le Don d’Amour. Saint Thomas a bien assimilé la théologie de Saint Augustin ; il distinguait le sujet de l’acte d’Amour : le Père ; Celui qui est aimé : le Fils ; la motion vitale et l’impulsion de l’Amour : l’Esprit. Il nous est difficile de comprendre ce que signifie la «motion vitale et l’impulsion de l’Amour» qu’est l’Esprit dans la vie trinitaire. Nous devons avoir la sagesse des Grecs et arrêter nos raisonnements pour adorer le Mystère ineffable !

Conclusion : nous pouvons retenir de cet important et difficile approfondissement théologique que l’Esprit-Saint, troisième Personne de la Sainte Trinité, révèle que l’Amour divin n’est pas un Amour binaire mais un Amour trinitaire : Dieu est éternellement Vie d’Amour infinie entre 3 Personnes ! L’Esprit-Saint manifeste également que Dieu est Vie : Il est le Vivant !

3. Le nom propre et les symboles de l’Esprit Saint.

            Le Catéchisme de l’Eglise Catholique (n°691 à 701) donne un enseignement très riche sur le Nom et les symboles de l’Esprit-Saint.

  • Le Nom

« »Saint-Esprit », tel est le nom propre de Celui que nous adorons et glorifions avec le Père et le Fils. Le terme « Esprit » traduit le terme hébreu « Ruah » qui, dans son sens premier, signifie souffle, air, vent. Jésus utilise justement l’image sensible du vent pour suggérer à Nicodème la nouveauté transcendante de Celui qui est personnellement le Souffle de Dieu, l’Esprit divin (Jn 3,5-8). Jésus, lorsqu’il annonce et promet la venue de l’Esprit Saint, le nomme le « Paraclet » = avocat, celui qui est appelé auprès (Jn 14,16). « Paraclet » est traduit habituellement par « Consolateur », Jésus étant le premier consolateur (1Jn2,1). Le Seigneur lui-même appelle l’Esprit Saint « l’Esprit de Vérité » (Jn 16,13)». L’Esprit-Saint est la Troisième Personne de la Sainte Trinité. Il est Dieu !

  • Les symboles de l’Esprit Saint

L’eau : l’Esprit est aussi personnellement l’Eau vive qui jaillit du Christ crucifié (Jn 19,34 ; 1Jn 5,8) comme de sa source et qui en nous jaillit en Vie éternelle (Jn 7,38).

            L’onction : le symbolisme de l’onction d’huile est aussi significatif de l’Esprit Saint, jusqu’à en devenir le synonyme (Jn 2,20 ; 2Co 1,21). Dans l’initiation chrétienne, elle est le signe sacramentel de la Confirmation, appelée en Orient « Chrismation ». Christ (« Messie » en hébreu) signifie « Oint » de l’Esprit de Dieu. Jésus est l’Oint de Dieu d’une manière unique : l’humanité que le Fils assume est totalement « ointe de l’Esprit Saint ». Jésus est constitué « Christ » par l’Esprit Saint (Lc 4,18-19). La Vierge Marie conçoit le Christ de l’Esprit Saint qui par l’ange l’annonce comme Christ lors de sa naissance (Lc 2,11)… Constitué pleinement « Christ » dans son Humanité victorieuse de la mort (Ac 2,36), Jésus répand à profusion l’Esprit Saint jusqu’à ce que « les saints » constituent, dans leur union à l’Humanité du Fils de Dieu, « cet Homme parfait … qui réalise la plénitude du Christ » (Ep 4,13): « le Christ total », selon l’expression de Saint Augustin.

            Le feu : le feu symbolise l’énergie transformante des actes de l’Esprit-Saint. Jean-Baptiste annonce le Christ comme celui qui « baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Lc3,16), cet Esprit dont Jésus dira: « Je suis venu jeter un feu sur la terre et combien je voudrais qu’il fût déjà allumé » (Lc12,49). C’est sous la forme de langues « qu’on eût dites de feu » que l’Esprit-Saint se pose sur les disciples au matin de la Pentecôte et les remplit de lui (Ac2,3). Le symbolisme du feu est l’un des plus expressifs. « N’éteignez pas l’Esprit » (1Th 5,19).

            La nuée et la lumière : Ces deux symboles sont inséparables dans les théophanies de l’Ancien Testament : la Nuée, tantôt obscure, tantôt lumineuse, révèle le Dieu vivant et sauveur, en voilant la transcendance de sa Gloire … L’Esprit-Saint vient sur la Vierge Marie et la prend « sous son ombre » pour qu’elle conçoive et enfante Jésus (Lc1,35). Le jour de la Transfiguration, c’est lui qui « survient dans la nuée qui prend sous son ombre » Jésus, Moïse et Elie, Pierre, Jacques et Jean, et « de la nuée sort une voix qui dit: ‘Celui-ci est mon Fils, mon Elu, écoutez-le’ » (Lc9,34-35). La même Nuée dérobe Jésus aux yeux des disciples le jour de l’Ascension (Ac1,9). La nuée le révélera dans sa Gloire à son Avènement (Lc 21,27).

            Le sceau : symbole proche de l’Onction. Le Christ est celui que « Dieu a marqué de son sceau » (Jn 6,27). C’est en lui que le Père nous marque aussi de son sceau (2Co 1,22). L’image du sceau (sphragis) exprime le « caractère » ineffaçable imprimé par les trois sacrements du baptême, de la confirmation et de l’Ordre, qui ne sont pas réitérés.

            La main : C’est en imposant les mains que Jésus guérit les malades (Mc 6,5) et bénit les petits enfants (Mc 10,16). En son Nom, les Apôtres feront de même (Ac 5,12). C’est par l’imposition des mains des Apôtres que l’Esprit Saint est donné (Ac 8,17-19 13,3 19,6). Ce signe de l’effusion toute-puissante de l’Esprit Saint, l’Eglise l’a gardé dans ses épiclèses sacramentelles.

Le doigt : « C’est par le doigt de Dieu que (Jésus) expulse les démons » (Lc 11,20). La Loi de Dieu a été écrite sur des tables de pierre « par le doigt de Dieu » (Ex 31,18). L’hymne « Veni, Creator Spiritus » invoque l’Esprit Saint comme « digitus paternæ dexteræ« .

            La colombe : A la fin du déluge, la colombe revient, un rameau tout frais d’olivier dans le bec (Gn 8,8-12). Quand le Christ remonte de l’eau de son baptême, l’Esprit-Saint, sous forme d’une colombe, descend sur lui et y demeure (Mt 3,16). Le symbole de la colombe pour suggérer l’Esprit Saint est traditionnel dans l’iconographie. »

            Ces symboles de l’Esprit-Saint, cités par le Catéchisme de l’Eglise Catholique, ont leur importance. Ils trouvent leur fondement dans la Révélation et permettent de mieux découvrir la richesse de ce que Saint Basile appelle « l’économie divine ».

4. L’Esprit-Saint dans la vie de l’Eglise

            La motion vitale et l’impulsion de l’Amour qu’est l’Esprit-Saint, nous les découvrons davantage encore dans l’économie du Salut : Il est Celui qui a orienté par l’amour toute la vie de Jésus vers le Père dans l’accomplissement de sa volonté. Il est Celui qui nous introduit dans la relation filiale du Christ à son Père. Jésus a donné à son Esprit le nom du «vent», donc de la motion vitale (Jn 3). Au Temple de Jérusalem, pour la fête des Tentes, Jésus a laissé entendre que les fleuves d’eau vive qui couleraient de son sein étaient les symboles de l’Esprit-Saint (Jn 7, 37-39). Dans le discours après la Cène, Jésus L’a appelé «le Paraclet», c’est-à-dire le défenseur, l’avocat dont la mission est de défendre les chrétiens, «l’Esprit de Vérité» (Jn 14, 16-17) dont la mission est de faire entrer dans une compréhension plus profonde de la Vérité révélée par Jésus. Dans la première apparition au Cénacle, Jésus a soufflé sur ses Apôtres pour leur communiquer l’Esprit-Saint en vue du pardon des péchés. Dans le discours avant l’Ascension, rapporté par Saint Luc, Jésus dit que l’Esprit-Saint communiquera une force aux Apôtres afin qu’ils soient les témoins de Jésus (Ac 1, 8).

            Jésus n’appelle pas son Esprit, «l’Esprit d’Amour» ! Les fruits de la Pentecôte montrent bien, cependant, que l’Esprit a communiqué l’Amour divin aux disciples de Jésus : «la multitude des croyants n’avait qu’un cœur et qu’une âme».

Saint Paul a «hiérarchisé» les charismes et les dons du Saint-Esprit, et il a mis à la première place le don des dons : la charité (1 Co 13) ! L’Esprit-Saint est donc donné à l’Eglise pour qu’elle puisse croître dans la Vérité révélée, témoigner de cette Vérité, être courageuse dans les persécutions, et surtout pour qu’elle vive dans l’unité et la charité. Le don de l’Esprit-Saint aux baptisés caractérise vraiment la vie du chrétien : celui-ci ne peut plus vivre pour lui, mais pour le Christ. Le disciple du Christ, en outre, ne peut pas vivre une vie individualiste : l’Esprit-Saint le «meut» vers ses frères et vers le Père ! Tout chrétien devrait faire sienne la célèbre phrase de Sainte Thérèse, docteur de la science de l’Amour : «Aimer c’est tout donner et se donner soi-même». Aucun chrétien ne peut dire qu’il s’agit là d’une mission impossible, puisque l »Esprit-Saint, Don d’Amour, a été donné à tous les baptisés-confirmés ! Dans la vie trinitaire l’Esprit-Saint caractérise le Père de manière trinitaire dans sa relation à son Fils, et le Fils de manière trinitaire dans sa relation au Père. L’Esprit-Saint, dans l’Eglise, caractérise le chrétien en le faisant devenir, comme l’a dit Saint Augustin, «le Christ», pour dire au Père, avec Jésus et avec ses frères UN en Jésus : «Abba» = Papa ! L’Esprit-Saint caractérise donc le baptisé par l’Amour qu’Il lui communique et qui lui permet d’être, dans le Christ, tout à Dieu et tout à tous.

            L’Esprit-Saint ne cesse d’agir dans la vie de l’Eglise : Il donne vie à la Parole divine qui permet d’ouvrir les cœurs à Dieu, et d’engendrer de nouveaux enfants à Dieu. Il agit dans la Liturgie par la double épiclèse sur les oblats pour que le pain et le vin deviennent Corps et Sang du Christ, et pour que les disciples du Christ deviennent toujours plus identifiés à Jésus. Il agit dans la vie des baptisés pour qu’ils vivent dans la sainteté leur devoir d’état. Il agit dans les familles pour qu’elles soient de plus en plus des intimes communautés de vie et d’amour. L’Esprit-Saint est vraiment l’âme, c’est-à-dire la Vie de l’Eglise. Il garde son Eglise toujours jeune ! Il communique un enthousiasme conquérant aux Saints pour entraîner à l’Amour divin ! Pensons aux JMJ de Paris en 1997 qui avaient été appelées « révolution de l’amour » ! Pensons aussi au témoignage exceptionnel de Marthe Robin et de Mère Térésa et de tant d’autres ! L’Esprit-Saint est bien la motion vitale et l’impulsion de l’Amour dans l’Eglise de Jésus ! N’oublions pas, enfin, de contempler l’action de l’Esprit-Saint dans les innombrables martyrs du XXe siècle, martyrs du sang et martyrs du cœur !

5. Excursus : la Bienheureuse Elena Guerra 

(extrait de http://www.burningbushinitiative.com/francais/histoire.htm)

À la fin du XIX siècle, la Bienheureuse Élena Guerra, fondatrice en Italie des Sœurs Oblates du Saint-Esprit, pressa le Pape Léon XIII de ramener l’Église au Cénacle. De 1895 à 1903, sœur Élena fut poussée par l’Esprit-Saint à écrire douze lettres confidentielles au Pape pour lui demander un renouveau de la prédication sur l’Esprit-Saint. Dans ses différents écrits au Souverain Pontife, elle l’exhortait à inviter les fidèles à redécouvrir ce qu’est une vie vécue sous la conduite de l’Esprit Saint. Dans sa prière, elle demandait un renouvellement de l’Église, l’unité des Chrétiens, un renouvellement de la société, et par là même “ un renouvellement de la face de la terre.” Son cœur était hanté par l’idée d’une Pentecôte perpétuelle, elle disait : “ La Pentecôte n’est pas finie ; en fait, c’est toujours la Pentecôte, en tous temps et en tous lieux, parce que l’Esprit-Saint désire ardemment se donner à tous les hommes, et ceux qui le veulent peuvent toujours Le recevoir ; nous n’avons donc rien à envier aux Apôtres et aux premiers croyants ; nous n’avons qu’à nous disposer comme eux à bien Le recevoir et Il viendra en nous comme Il l’a fait pour eux. ” Pour appeler ce renouveau, sœur Élena eut aussi l’idée d’un mouvement mondial de prière sur le modèle du Cénacle de Jérusalem où Jésus célébra la dernière Cène. Exactement là où, le jour de la Pentecôte, Jésus remplit sa promesse d’envoyer l’Esprit-Saint, alors que cent vingt personnes, dont les Apôtres et Marie, Mère de Jésus, étaient réunis dans une prière incessante. Sœur Élena déclarait : “ Oh si seulement, de tous les points de la chrétienté, une prière aussi unanime et fervente que celle du Cénacle, la Chambre Haute de Jérusalem, pouvait s’élever jusqu’au Ciel, pour raviver le feu de l’Esprit Divin !

A l’incitation de sœur Élena, Léon XIII publia plusieurs documents importants sur le Saint-Esprit. Tout d’abord, en 1895, il écrivit une lettre Apostolique, Provida Matris Caritate, qu’il termina en demandant aux fidèles de célébrer pour l’unité des chrétiens une neuvaine (neuf jours de prière) solennelle à l’Esprit-Saint, entre les fêtes de l’Ascension et de la Pentecôte. Il y eut un second document en 1897, une Encyclique sur l’Esprit Saint, Divinum Illud Munus, qu’il termina, là encore, en invitant les fidèles à se souvenir de la neuvaine solennelle qu’il avait demandée en 1895. Il déclarait que la neuvaine n’était pas limitée à une seule année, mais devait être une neuvaine perpétuelle, célébrée chaque année entre les fêtes de l’Ascension et de la Pentecôte, avec toujours la même intention, celle de l’unité des Chrétiens. De nouveau, à la demande de sœur Élena, un autre événement important eut lieu : le 1er janvier 1901, au nom de l’Église toute entière, Léon XIII invoqua l’Esprit-Saint en chantant le Veni Creator Spiritus.

Quand nous regardons les débuts du Renouveau Charismatique Catholique en 1967, deux ans après la fin du Concile Vatican II et soixante-dix ans après l’Encyclique de Léon XIII sur le Saint-Esprit, nous rappelons souvent les paroles de Jean XXIII qui, pour préparer le IIème Concile du Vatican, avait demandé à tous les fidèles de prier pour “ une nouvelle Pentecôte ”. De plus, il est assez significatif que la première personne béatifiée par Jean XXIII fût sœur Élena Guerra qu’il appelait “ une Apôtre du Saint-Esprit ” pour aujourd’hui.

La Pentecôte 1998 fut pour l’Église Catholique un autre moment très important dans le déploiement de l’action de l’Esprit-Saint au cours de ce dernier siècle. Le Pape Jean Paul II appela les différents mouvements ecclésiaux et les nouvelles communautés, fruits du travail de l’Esprit Saint durant ce siècle, à se joindre à lui sur la place Saint-Pierre, la veille de la Pentecôte. Ce fut le premier rassemblement de ce genre qui ait jamais eu lieu, avec des représentants de plus de cinquante mouvements ecclésiaux et communautés nouvelles. Lors de cette vigile historique de la Pentecôte, Jean-Paul II s’exprima ainsi : “ C’est comme si ce qui s’est passé à Jérusalem il y a 2000 ans se renouvelait sur cette place ce soir…Comme alors les Apôtres, nous nous trouvons, nous aussi, rassemblés en un grand Cénacle de Pentecôte aspirant à l’effusion de l’Esprit… …L’événement d’aujourd’hui est vraiment sans précédent. Pour la première fois, les mouvements ecclésiaux et les communautés se retrouvent tous ensemble avec le Pape : c’est le grand ‘témoignage commun’ que j’ai souhaité pour l’année qui, sur la route de l’Église vers le Grand Jubilé, est consacrée à l’Esprit Saint… L’aspect institutionnel et l’aspect charismatique sont comme co-essentiels à la constitution de l’Église et concourent, même si c’est de manière diverse, à sa vie, à son renouveau et à la sanctification du Peuple de Dieu. C’est à partir de cette redécouverte providentielle de la dimension charismatique de l’Église que, avant et après le Concile, s’est affirmée une ligne singulière de développement des mouvements ecclésiaux et des communautés nouvelles. ” Jean-Paul II a également mis le peuple de Dieu au défi en donnant ce message, dans sa Lettre Apostolique Novo Millenio Ineunte de 2001 : “Nos communautés chrétiennes doivent devenir d’authentiques “écoles” de prière, où la rencontre avec le Christ ne s’exprime pas seulement en demande d’aide, mais aussi en action de grâce, louange, adoration, contemplation, écoute, affection ardente, jusqu’à une vraie “ folie ” du cœur. (…) il revint à Pierre de dire les mots de la foi : “ Sur ton ordre, je vais jeter les filets ”. Permettez au Successeur de Pierre, au début de ce millénaire, d’inviter toute l’Église à cet acte de foi, qui s’exprime dans un engagement renouvelé de prière. ‘Duc in Altum ” (Lc 5,4)”

Puisse cette récollection nous permettre de goûter la joie de croire et la joie de redécouvrir le mystère de l’Esprit-Saint. Mais redécouvrir ne suffit pas. Nous sommes appelés à vivre dans la vie selon l’Esprit. Pensons à ce que Jésus a dit à Conchita, la Fondatrice des Missionnaires du Saint-Esprit et ce que la Binheureuse Elena a reçu comme lumière du Saint-Esprit pour éclairer les Papes. Aimons davantage l’Esprit-Saint, laissons-nous guider par Lui ! La Vierge Marie a demandé à Don Gobbi et aux prêtres du Mouvement Sacerdotal Marial de redire souvent cette prière : « Viens Esprit-Saint, viens par la puissante intercession du Cœur Immaculé de Marie… »

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