« Kaire » : réjouis-toi, Marie ! Jubilez, criez de joie habitants de Sion !

31 mai 2018 : Fête de la Visitation de la Vierge Marie (P. Bernard)

Concluons, dans la joie et l’action de grâce, le mois de Marie avec cette Fête de la Visitation, qui  nous est chère pour deux raisons :

  • Notre Père fondateur est né le jour de la Fête de la Visitation, célébrée en 1914 le 2 juillet.
  • La première Messe de notre Famille Domini à Saint-Pierre-de-Colombier a eu lieu en cette église, le 31 mai 1947, jour où dans le diocèse de Viviers on célébrait Marie, Médiatrice de toutes grâces.

Puisse ce 31 mai 2018 être une journée mariale marquée par une joie profonde et une grande action de grâce. N’oublions jamais, chaque 31 mai, de rendre grâce à Dieu pour le don de la vie du Père, en la fête de la Visitation et pour la fondation du premier Foyer Domini à Saint-Pierre-de-Colombier, le 31 mai 1947.

La première lecture est la célèbre prophétie de Sophonie où la joie est omniprésente. La prophétie dans le texte grec débute par le même verbe utilisé par l’archange Gabriel pour saluer la Vierge Marie : « Kairé = réjouis-toi » ! L’archange Gabriel aurait dû utiliser le mot traditionnel utilisé par les Juifs pour se saluer : Shalom = Paix. S’il ne l’a pas fait, c’est parce que Dieu le lui a demandé, c’est évident. L’archange Gabriel ne venait pas faire une annonce quelconque à la Vierge Marie, il venait lui annoncer le grand mystère de l’Incarnation ! Admirons les expressions de Sophonie, qui trouvent leur accomplissement avec le mystère de l’Incarnation : pousse des cris de joie, fille de Sion ! Éclate en ovations, Israël ! Réjouis-toi, de tout ton cœur bondis de joie, fille de Jérusalem ! Comment ne pas voir réalisées en la Vierge Marie ces paroles prophétiques ? La joie annoncée par St Gabriel n’est pas une joie superficielle ou mondaine, mais la joie messianique. Sophonie avait annoncé cette joie, plusieurs siècles avant : «Le roi d’Israël, le Seigneur, est en toi ». Sainte Elisabeth a dit avec enthousiasme à sa cousine : «D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » Le roi d’Israël, le Seigneur est bien dans le sein virginal de la Vierge Marie, la fille de Sion, la Mère de Dieu ! Le cantique d’Isaïe, utilisé comme psaume responsorial, proclamait : « voici le Dieu qui me sauve. Jubilez, criez de joie, habitants de Sion, car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël ! » Le prophète Sophonie avait ajouté : «Tu n’as plus à craindre le malheur. Ne crains pas, Sion ! Le Seigneur ton Dieu est en toi, c’est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour. J’ai écarté de toi le malheur ». Voilà les raisons pour lesquelles Sophonie et l’archange Gabriel ont annoncé que la joie messianique allait être donnée au Peuple de Dieu et à l’humanité.

Cette joie est particulièrement révélée dans le récit évangélique de la Visitation. Ste Elisabeth en témoigne : au moment où la Vierge Marie l’a saluée, son enfant, fœtus de six mois, a tressailli d’allégresse en son sein. Ce tressaillement a été suivi d’une grâce plus grande encore : Elisabeth a été remplie de l’Esprit-Saint, qui lui a révélé le mystère qui se vivait en sa cousine et que St Joseph, son époux ignorait : elle est enceinte, elle est la Mère du Seigneur ! Combien cette révélation de l’Esprit-Saint à Elisabeth a dû réjouir profondément le Cœur Immaculé de Marie, qui n’avait révélé son secret à personne. Elisabeth proclame bienheureuse sa cousine parce qu’elle a cru à l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur. L’Esprit-Saint a vraiment éclairé la cousine de la Vierge Marie ! La Mère de Jésus peut alors proclamer son magnificat ! Ce cantique, nous le chantons chaque soir à Vêpres mais comment le chantons-nous ? Nous ne sommes pas, hélas, aussi enthousiastes que la Vierge Marie ! Demandons-lui en ce jour la grâce de l’être davantage et d’avoir comme première intention, chaque fois que nous le chantons, l’action de grâces envers tous les bienfaits de Dieu envers l’humanité pécheresse. La Vierge Marie ne se réjouit pas parce qu’elle est devenue la Mère du Messie. Elle n’avait jamais envisagé une telle mission. Elle avait choisi de rester la petite servante du Seigneur. Elle avait fait vœu de virginité et donc elle avait renoncé à être mère du Messie. Mais Dieu a vu l’humilité de sa servante. Dieu renverse les puissants de leur trône et renvoie des riches les mains vides. Dieu élève les humbles. Il a élevé la plus humble de ses créatures au plus haut rang qui puisse être : bien au-dessus des archanges. Elle est Mère de Dieu et partage le Trône du Seigneur des seigneurs et du Roi des rois : Jésus, Son Fils ! Réjouissons-nous profondément avec les anges et les saints et remercions Dieu notre Père, Jésus notre Frère et l’Esprit-Saint d’avoir donné au monde la Vierge Marie, la Mère du Seigneur !

Remercions-la, en ce jour qui nous est cher d’avoir guidé pas à pas nos Fondateurs et d’avoir choisi ce petit village de Saint-Pierre-de-Colombier pour en faire un lieu de grâces en l’honneur de son Cœur Immaculé. Puisse-t-elle avoir bientôt la joie de voir édifiée en ce petit village l’église de son Cœur Immaculé ! Puisse-t-elle bénir en cette église des foules nombreuses ! Magnificat, magnificat, magnificat !

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