Nous te saluons, Marie, Mère de Dieu, trésor caché de tout l’univers…

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Du Concile d’Éphèse au Concile de Chalcédoine

Récollections de Foyer 2017-2018 : « la beauté de notre foi » – 2e trimestre 2018 – enseignement 1/3

Marie, Mère de Dieu, Théotokos : conséquences de ce dogme pour la christologie et la maternité.

 

Bien chers amis, en nos deux premières récollections de foyers nous vous avons présenté les Conciles de Nicée (cf. enseignements [1][2][3]) et de Constantinople  (cf. enseignements [1][2][3]). Vous avez ainsi mieux compris le combat que l’Eglise a dû vivre depuis sa Fondation pour garder fidèlement sa Foi dont le fondement est Jésus, Plénitude de la Révélation. L’histoire des trois premiers siècles vous a fait découvrir les défis qu’ont dû affronter les Pères de l’Eglise et les évêques. Les dogmes professés par les deux premiers Conciles œcuméniques ont répondu aux erreurs théologiques qui remettaient en question la vraie Foi dans le mystère trinitaire. Nous professons, chaque dimanche et chaque solennité, la Foi proclamée par les Conciles de Nicée et de Constantinople. L’essentiel du dogme de Nicée-Constantinople est : Dieu le Père, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit sont un seul Dieu. Nous avons rappelé que ce dogme ne nous donnait pas toute la compréhension de ce mystère. Il faudra attendre la vision béatifique pour mieux le comprendre.

         La grande question à laquelle devait répondre le Magistère de l’Eglise était celle-ci : comment Dieu peut-Il être UN en étant Trois ? Les Conciles de Nicée et de Constantinople n’ont pas résolu pleinement la compréhension du mystère, mais ils ont donné l’enseignement sans erreur qui sera ensuite précisé par le développement du dogme : l’UN divin concerne la nature divine : un Seul Dieu. Cette nature divine est participée par Trois Personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Le Père communique éternellement et intégralement la nature divine à Son Fils par filiation et à l’Esprit-Saint par spiration. Le Fils et l’Esprit Saint sont « consubstantiels » au Père. Le Père est Yahvé, le Fils est Yahvé, l’Esprit-Saint est Yahvé. Nous avons dit et redit, à la suite de nos frères orientaux : ne cherchons pas à enfermer le mystère dans notre intelligence limitée, mais adhérons firma fide à la Foi de l’Eglise et adorons le mystère qui n’est en rien contradictoire.

         La nouvelle question à laquelle doit à présent répondre le Magistère de l’Eglise : comment Jésus peut-Il être vrai Dieu et vrai homme ? Notre récollection va essayer de vous aider à mieux comprendre les deux nouveaux dogmes de l’Eglise du Concile d’Ephèse en 431 et du Concile de Chalcédoine en 451.

Les origines du concile d’Éphèse (Wikipédia)

Le concile, réuni par l’empereur à la demande de Nestorius, patriarche de Constantinople, a pour objectif de réconcilier l’Église à la suite de la polémique autour du titre « Theotokos » « mère de Dieu » donné par la ferveur populaire à Marie. Nestorius proposait en effet d’utiliser plutôt « Christotokos » « mère du Christ » qui lui semble davantage en ligne avec les écritures. Pour Nestorius, la Vierge Marie est seulement la mère de l’homme Jésus. Fin 428, Nestorius écrit en grec au Pape Célestin Ier pour appuyer sa thèse.

À Pâques 429, Cyrille, Patriarche d’Alexandrie, attaque les thèses de Nestorius dans ses homélies et dans une Lettre aux moines. Durant l’été 429 il s’adresse directement à Nestorius (Deuxième Lettre de Cyrille à Nestorius). Puis il fait porter à Rome, par le diacre nommé Posidonius, un dossier christologique traduit en latin avec la mission d’accuser Nestorius d’adoptianiste, c’est-à-dire quelqu’un qui conçoit Jésus-Christ comme un homme que Dieu aurait adopté. Le moine Jean Cassien, moine d’origine orientale installé à Marseille et bon connaisseur de l’Orient, rédige un Traité de l’Incarnation. Contre Nestorius  en sept livres. Sur ces bases, un synode régional se tient à Rome début août 430, condamne Nestorius et exige une rétractation dans les dix jours.

Nestorius tente de se défendre et réussit à convaincre l’empereur de convoquer un concile œcuménique le 19 novembre 430. Il sollicite également l’appui de Jean d’Antioche, André de Samosate et Théodoret de Cyr. Simultanément Cyrille réunit de son côté un synode régional à Alexandrie qui condamne à nouveau Nestorius. Il lui adresse une troisième lettre contenant 12 anathèmes.

Le déroulement du concile d’Éphèse :

Le concile a été convoqué pour la Pentecôte, soit le 7 juin 431. Les lettres de convocation sont adressées à tous les évêques métropolitains de l’Empire d’Orient et à quelques évêques occidentaux. Il est présidé par Cyrille. Seuls, Nestorius, accompagné d’une cinquantaine d’évêques et Cyrille, à la tête d’une délégation de onze évêques arrivent à Éphèse dans les délais. La quinzaine d’évêques de Palestine n’arrivera que le 12 juin sous la conduite de Juvénal de Jérusalem. Jean, patriarche d’Antioche et ses 27 évêques partisans de Nestorius, bloqués par le mauvais temps n’arrivent que le 26 juin, les légats romains le 10 juillet seulement. Le concile s’ouvre le 22 juin 431, Nestorius, patriarche de Constantinople, accompagné de seize évêques fait face à Cyrille d’Alexandrie et ses cent quatre-vingt-dix-huit épiscopes. La décision de condamner Nestorius est prise le jour même et Nestorius est déposé.

Le 26 juin, arrivent les 27 évêques orientaux entourant Jean d’Antioche, qui, trouvant le concile déjà commencé et Nestorius déposé, se réunissent, furieux, et organisent un « contre-concile », par lequel ils entendent « excommunier » Cyrille, Memnon, évêque d’Éphèse et leurs partisans, et annuler les décisions conciliaires déjà prises. Le 29 juin, l’empereur Théodose II fait annuler les décisions du 22 juin.

Le 10 juillet, arrivent enfin les légats romains Arcadius et Profectus et le prêtre Philippe, délégués par le pape Célestin Ier qui soutiennent aussitôt Cyrille.

Le 11 juillet, les légats pontificaux valident, au nom du pape, les décisions du 22 juin puis ils déposent Jean d’Antioche, Théodoret de Cyr et une trentaine d’évêques.

Le 22 août, Théodose ordonne la fin et la dissolution du concile.

 

Le dogme Marie Mère de Dieu : Théotokos

         Ne nous laissons pas dérouter par les évènements du Concile tels qu’ils nous sont rapportés. Ne faisons pas de jugement anachronique ! Saint Cyrille d’Alexandrie connaissait très bien la théologie de Nestorius et il en voyait les conséquences désastreuses pour la Foi de l’Eglise. Il a usé d’énergie pour faire triompher la Vérité révélée dans la fidélité à l’Ecriture Sainte et aux Pères de l’Eglise. L’essentiel pour notre récollection, c’est le dogme du Concile d’Ephèse dont la définition a été approuvée au nom du Pape par les légats pontificaux, ce qui lui donne son caractère d’infaillibilité et d’acte du Magistère extraordinaire. Des historiens souligneront la manière violente de la proclamation du dogme et la soi-disant intransigeance de Cyrille d’Alexandrie. Mais, répétons-le, Cyrille avait déjà mis en garde, plusieurs fois, Nestorius contre ses erreurs, qui étaient en grave contradiction avec la Tradition. Nestorius n’avait en rien changé sa théologie hérétique ! Le dogme d’Ephèse est la reconnaissance officielle de la 2e lettre de Cyrille d’Alexandrie à Nestorius en janvier février 430. Cette 2e lettre est donc reconnue comme formule orthodoxe du dogme de l’Eglise sur l’incarnation du Verbe et par conséquent sur la maternité divine de Marie. Voici l’extrait qui en est donné dans la Foi catholique (294) : « Car nous ne disons pas que la nature du Verbe est devenue chair en étant changée, ni qu’elle a été transformée en un homme complet, constitué d’une âme et d’un corps, mais nous affirmons que le Verbe, en s’unissant selon l’hypostase à une chair animée par une âme rationnelle, est devenu homme d’une manière inexprimable et incompréhensible, et qu’il a été appelé Fils de l’homme ; cette union n’est due ni à la volonté ni au bon plaisir seulement ; elle ne s’est pas faite en assumant une personne « prosôpon » seulement. Et bien que les natures, réunies par une véritable unité, soient différentes, d’elles deux résulte un Christ et un Fils ; non que l’union est supprimée la différence des natures, mais parce que la divinité et l’humanité ont constitué pour nous, par cette rencontre inexprimable et mystérieuse en l’unité, un seul Seigneur, Christ et Fils …

         Ce n’est pas que d’abord un homme ordinaire soit né de la Sainte Vierge et que sur lui, ensuite, le Verbe soit descendu, mais nous disons que, sorti du sein maternel uni à la chair, il a accepté une naissance charnelle, parce qu’il revendique cette naissance charnelle comme la sienne propre … Ainsi les saints Pères n’hésitèrent pas à appeler la Sainte Vierge : mère de Dieu (Théotokos) ».

Une troisième lettre de Cyrille d’Alexandrie fut lue aux Pères du Concile d’Ephèse. Elle contenait 12 anathèmes contre la doctrine de Nestorius. Ces anathèmes sont aujourd’hui considérés comme exprimant la véritable doctrine catholique. Par ces anathèmes, Cyrille répondait à l’hérésie de Nestorius, qui professait deux personnes distinctes : celle de l’homme Jésus et celle du Verbe. : « Si quelqu’un, affirme Cyrille, ne confesse pas que le Verbe de Dieu le Père est uni à la chair selon l’hypostase (personne), et que le Christ ne fait qu’un avec sa propre chair, c’est-à-dire que le même est Dieu et homme à la fois, qu’il soit anathème ». «Si quelqu’un divise, dans le Christ qui est un, les hypostases après l’union … qu’il soit anathème». Cyrille a donné les bases fondamentales pour trouver les mots précis du mystère de l’Incarnation. Dans l’anathème 6, il professe : « Si quelqu’un ose dire que le Verbe de Dieu le Père est Dieu ou maître du Christ plutôt que de confesser qu’il est à la fois Dieu et homme, puisque « Verbe fait chair » (Jn 1,14), selon les Ecritures, qu’il soit anathème ». Le fondement de la théologie de Cyrille est le prologue de Saint Jean : le Verbe s’est fait chair ! L’Eglise doit beaucoup à la fidélité et au courage de St Cyrille d’Alexandrie, comme elle doit beaucoup à Saint Athanase. Grâce à lui, l’hérésie de Nestorius a été démasquée et condamnée. Il n’existe pas la Personne du Fils unique de Dieu et la personne humaine de Jésus, mais l’unique Personne du Verbe qui s’est fait chair ! Cyrille a aussi vu les graves conséquences de l’hérésie de Nestorius : si la chair de Jésus n’est pas la chair du Verbe incarné, lorsque nous recevons l’Eucharistie, nous ne serions pas en communion avec la Personne du Verbe. C’est pour cela qu’il affirme dans l’anathème 11 : « Si quelqu’un ne confesse pas que la chair du Seigneur est vivifiante et qu’elle est la propre chair du Verbe de Dieu le Père, mais prétend qu’elle est celle d’un autre distinct de lui qui lui est uni en dignité ou en qui Dieu a seulement habité, et s’il ne confesse pas, comme nous le disons, qu’elle est vivifiante, parce qu’elle est devenue la propre chair du Verbe, qui a la puissance de donner la vie à toute chose, qu’il soit anathème ». Merci à Saint Cyrille de Jérusalem ! En recevant le Corps et le Sang de Jésus, je reçois le Corps et le Sang, l’Âme et la Divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.

Dans la plus célèbre homélie antique en l’honneur de la Vierge Marie, prononcée par St Cyrille pendant le Concile d’Ephèse, ce Saint Père et docteur de l’Eglise disait avec enthousiasme : « Je vois cette joyeuse assemblée de saints évêques qui, à l’invitation de la Sainte Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, se sont rassemblés ici dans l’enthousiasme … Nous te saluons, Marie, Mère de Dieu, trésor caché de tout l’univers, astre sans déclin, couronne de la virginité, sceptre de la foi orthodoxe, temple indestructible, demeure de l’incommensurable, Mère et Vierge, à cause de qui est appelé béni, dans les saints évangiles, celui qui vient au nom du Seigneur. Nous te saluons, toi qui as contenu dans ton sein virginal celui que les cieux ne peuvent contenir … C’est par toi que la lumière du Fils unique de Dieu a brillé … Qui a jamais entendu dire que le constructeur serait empêché d’habiter le temple qu’il a lui-même édifié ? Osera-t-on critiquer celui qui donne à sa servante le titre de mère ? Voici donc que le monde entier est dans la joie. Qu’il nous soit donné de vénérer et d’adorer l’unité, de vénérer et d’honorer l’indivisible Trinité en chantant les louanges de Marie toujours Vierge … » (cf. Office des lectures du 5 août, ND des neiges).

Le dogme du Concile d’Ephèse n’est pas seulement un dogme marial qui proclame que la Vierge Marie est Mère de Dieu, « Théotokos », il est un dogme profondément christologique : Jésus est la Personne divine du Verbe fait chair dont la Vierge Marie est pour toujours la Mère.

Joseph Ratzinger, dans son livre « la fille de Sion », écrit : «Le dogme marial fondamental et le plus ancien de l’Église dit : Marie est vierge et mère, elle doit être appelée «Mère de Dieu». Les deux sont étroitement liés. L’appellation Mère de Dieu exprime d’abord l’unité de l’être divin et de l’être-homme en Christ. Cette unité est si intime que, pour les événements corporels comme la naissance, on ne peut pas construire un Christ seulement humain dissocié du tout de son être personnel. Ce fut l’argument des Nestoriens qui, à la place du nom « Mère de Dieu», ne voulurent admettre que la désignation Mère du Christ (Christotokos)…. le divin s’est uni de façon si vraie et si réelle à l’homme qu’il ne s’arrête à aucun seuil de l’être-homme mais pénètre cet être-homme dans sa totalité, y compris son être corporella maternité de Marie est très profondément liée au mystère de l’Incarnation et atteint le centre du mystère lui-même.

… Le nestorianisme élabore la construction d’une christologie privée de naissance et de mère, d’une christologie sans conséquences mariologiques. Que Dieu soit précisément détaché de l’humanité, que naissance et maternité — à savoir toute la corporéité — soient exclues, furent pour la conscience chrétienne un signe clair qu’il n’était plus vraiment question de l’incarnation (devenir-chair) au point que le centre du mystère du Christ fut lui-même menacé et même déjà anéanti. Ainsi la christologie fut défendue dans la mariologie. Aucune concurrence mettant à l’étroit la christologie ne se manifeste ici, mais plutôt la victoire englobante d’une profession de foi chrétienne parvenue à son extrême sérieux ». Le grand théologien Joseph Ratzinger soulignait ainsi l’importance de la mariologie pour la christologie. Celui qui refuse, en adhérant à l’hérésie de Nestorius, le dogme d’Ephèse : Marie, Mère de Dieu, ne peut pas professer en vérité le mystère de l’Incarnation : le Verbe s’est fait chair !

Réflexion sur la maternité virginale de Marie

Lorsque l’on professe – dans la Foi de l’Eglise – que Marie est Mère de Dieu, on ne doit pas oublier que cette profession de Foi a son fondement dans l’Ecriture. Au jour de la Visitation, Sainte Elisabeth a appelé sa cousine « la Mère du Seigneur ». Dans l’AT, le Seigneur (Kurios) est le mot qui est utilisé à la place du mot « Yahvé » que personne ne devait prononcer, sauf le grand-prêtre, une fois par an ! Les évangélistes Matthieu et Luc, rappelons-le, ont témoigné de la conception virginale de Jésus. Personne ne peut contester leur témoignage explicite. Jésus n’a pas été conçu comme les autres hommes. La Foi de l’Eglise affirme que Marie a été toujours Vierge, vierge avant l’enfantement, pendant l’enfantement et après l’enfantement. Adorons ce mystère et ne le laissons pas salir. Voici comment Jean-Paul II a parlé de la conception virginale de Jésus, lors de l’audience du mercredi 31 juillet 1996 : « La conception virginale, excluant une paternité humaine, affirme que le seul Père de Jésus est le Père céleste et que, dans l’engendrement temporel du Fils, se reflète l’engendrement éternel : le Père, qui avait engendré son Fils dans l’éternité, l’engendre aussi dans le temps en tant qu’homme. Celui qui naît de Marie est déjà, en vertu de l’engendrement éternel, Fils de Dieu : son engendrement virginal, réalisé par l’intervention du Très-Haut, manifeste que, dans son humanité aussi, il est le Fils de DieuLorsqu’ils racontent comment Jésus fut engendré, Luc et Matthieu affirment également le rôle de l’Esprit Saint. Il n’est pas le père de l’Enfant : Jésus est uniquement Fils du Père éternelL’Esprit Saint est la Personne qui communique les richesses divines aux hommes et les rend participants de la vie de Dieu. Lui qui, dans le mystère trinitaire, est l’unité du Père et du Fils, en accomplissant l’engendrement virginal de Jésus, unit l’humanité à Dieu. Le mystère de l’Incarnation met aussi en lumière l’incomparable grandeur de la maternité virginale de Marie : la conception de Jésus est le fruit de sa généreuse coopération à l’action de l’Esprit d’Amour, source de toute fécondité. Dans le mystère de cette nouvelle création resplendit le rôle de la maternité virginale de Marie. En appelant le Christ « Premier-né de la Vierge » (Adv. Haer, 3, 16,4), saint Irénée rappelle que après Jésus, beaucoup d’autres naissent de la Vierge, en ce sens qu’ils reçoivent la vie nouvelle du Christ : « Jésus est le Fils unique de Marie, mais la maternité spirituelle de Marie s’étend à tous les hommes qu’il est venu sauver. Elle engendra son Fils, dont Dieu a fait « l’aîné d’une multitude de frères » (Rm 8,29), c’est-à-dire de croyants, à la naissance et à l’éducation desquels elle apporte la coopération de son amour maternel » (CEC 501). L’engendrement virginal permet l’extension de la paternité divine : les hommes sont rendus fils adoptifs de Dieu en Celui qui est Fils de la Vierge et du Père. La contemplation du mystère de l’engendrement virginal nous fait donc comprendre que Dieu a choisi pour son Fils une mère vierge, afin d’offrir plus largement son amour de Père à toute l’humanité ». Admirons cette méditation lumineuse et profonde de Saint Jean-Paul II !

 

Réflexion sur la maternité et le mystère de la femme :

Jean-Paul II disait, le 12 mars 1980 : « Avec la simplicité qui lui est propre, la Bible honore et loue tout au long des siècles « les entrailles qui t’ont porté et le sein qui t’a allaité » (Lc 11, 27). Ces paroles constituent un éloge de la maternité, de la féminité du corps de la femme dans sa typique expression de l’amour créateur. Ce sont des paroles qui dans l’Évangile s’adressent à la Mère du Christ à Marie, la seconde Ève…Le corps de la femme devient le lieu de la conception du nouvel homme. Dans ses entrailles, l’être conçu assume son aspect humain propre avant d’être mis au monde. L’homogénéité somatique de l’homme et de la femme a trouvé sa première expression dans les paroles d’Adam : « Elle est chair de ma chair et os de mes os » (Gn 2, 23) ; et à son tour elle est confirmée par les paroles de la première femme-mère, Eve : « J’ai acquis un homme. » La première femme qui enfante a pleinement conscience du mystère de la création humaine. Elle a aussi pleinement conscience de la participation créatrice que Dieu a dans la génération humaine, son œuvre et celle de son mari, car elle dit : « J’ai acquis un homme du Seigneur. » Puisse cette récollection vous aider à mieux comprendre le mystère de la maternité et le mystère de la dignité de la femme. La maternité est une réelle participation au mystère de la création dont le sommet est la création d’un être à l’image et à la ressemblance de Dieu. Saint Jean-Paul II ne craignait pas de dire aux responsables des Nations que le bien le plus grand d’une Nation n’était pas l’argent mais l’enfant.

Le dogme de Marie, Mère de Dieu, devrait nous aider à développer un autre aspect de la maternité : celui de la relation de la mère à ses enfants. La maternité, en effet, ne concerne pas seulement le moment de la création d’un être humain nouveau, le temps de la grossesse et de l’enfantement. La maman est mère pour toujours de ses enfants. La maternité, comme la paternité, est une relation qui ne pourra jamais être abolie ! La Vierge Marie, qui n’est pas mère de la divinité, c’est évident, est Mère de Jésus, le Verbe Incarné. Elle est donc pour toujours Mère du Fils de Dieu incarné, Mère de Dieu. Elle exerce une autorité maternelle sur Jésus, le Fils de Dieu incarné. Du fait de cette autorité, Saint Bernard et d’autres saints dont St François de Sales et St Louis-Marie Grignion de Montfort avaient une grande confiance en l’intercession de la Mère de Dieu. Comment Jésus pourrait-Il refuser d’exaucer la prière de Sa Mère ?

Autre réflexion importante : la maman ne dit pas : je suis la mère du corps de mon fils ou de ma fille, mais je suis sa mère. La relation maternelle est une relation interpersonnelle de personne à personne.

Autre réflexion sur la maternité spirituelle :

Voici comment nos Fondateurs ont compris, inspirés par le Cœur de Jésus, leur mission paternelle et maternelle : « Notre famille spirituelle « Domini », « du Seigneur », devait être, doit toujours être sanctuaire d’éducation à l’Amour. Jésus a choisi Mère Marie-Augusta pour être une mère, modèle d’amour pour tous ses enfants. Mais, pour cela, il fallait d’abord qu’elle grandisse elle-même, avec la lutte contre toutes les faiblesses humaines, pour qu’elle aime d’une façon immense, renversant en elle tous les obstacles à l’Amour. Jésus est la grande, parfaite, immense, intarissable source de l’amour divin. Et Il désire d’un grand désir garnir le Ciel d’enfants de Dieu semblables à Lui, le Fils éternel du Père. Il veut remplir d’amour les âmes qui sont conquises par son amour, pour qu’elles aiment, qu’elles L’aiment toujours et toujours plus, car Il est Lui-même insatiable de leur amour. Le fruit de cet amour, c’est une union, une unité de plus en plus parfaite et totale avec Lui. Mais aussi c’est la capacité d’aimer les autres de plus en plus, comme Lui-même aime, en adaptation avec la vocation particulière de chaque âme selon les désirs de Dieu, dans l’Église, l’Épouse du Verbe et le Corps du Christ. Les charismes que l’Esprit de Dieu répand dans l’Église sont divers, selon les besoins de l’Église. Chacun doit être fidèle, par l’«ecce ad omnia», à la mission que le Père lui donne, avec l’usage des grâces qu’il reçoit du Saint-Esprit. Nous sommes donc la Famille « du Seigneur » (« Domini »). Jésus a donné à Mère Marie-Augusta la grâce d’être de plus en plus, pour sa mission éducatrice, unie à moi, en premier lieu, en tant que père éducateur de son âme. Elle est en cela elle-même ma fille et le demeure. Mais ensuite je dois être le père de famille, dans une grande unité avec elle, pour l’éducation et la direction de nos enfants

La complémentarité de l’homme et de la femme a été voulue par Dieu pour l’épanouissement des familles. L’homme n’est pas le maître absolu de sa femme, qui lui serait inférieure, un peu comme une enfant. Le célèbre passage de saint Paul, dans l’épître aux Éphésiens, au chapitre 5, sur les devoirs des époux, commence, au verset 21, par cet ordre : « Subjecti invicem in timore Christi. »  La traduction française du missel est : « Par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres. »  Et le texte français lie ce devoir à l’obligation des femmes par rapport à leur mari. Il n’y a pas de raison de ne pas appliquer aussi l’obligation aux maris à l’égard de leur épouse : « Par respect du Christ (je dirais plutôt : « dans la crainte respectueuse »), maris, soyez soumis à vos épouses. » Car l’amour du Christ pour son Église l’a rendu obéissant jusqu’à la mort pour son Épouse. Saint Paul applique à Jésus et l’Église les paroles de l’Écriture parlant d’abord d’Adam et Ève : « L’homme s’attachera à son épouse et ils seront deux en une seule chair. » Le missel traduit, avec une certaine raison : « et tous deux ne feront plus qu’un » … Habituellement, l’esprit d’amour et d’unité aboutira à un accord et une pensée commune. Dans un esprit de grande unité – « l’unité, principe de force et de vie » – le démon sera habituellement impuissant et vaincu. Aussi, avec Mère Marie-Augusta, nous nous sommes efforcés d’être très confiants l’un dans l’autre, très ouverts l’un à l’autre, très simples mais aussi très vigilants l’un pour l’autre, très doux et aimants mais aussi énergiques et fermes lorsqu’il le fallait, observant les choses très sérieusement, sans irréflexion – je dirais sans enfantillage – mais aussi en pratiquant l’esprit d’enfance que Jésus a voulu pour ses apôtres et donc sans orgueil, sans suffisance, capables d’avoir l’un pour l’autre des sentiments paternels ou maternels et une confiance d’enfant. Nous avons voulu nous exprimer en toute simplicité, sans habileté, sans peur d’être incompris, sans crainte de n’être pas du même avis, le cœur et l’esprit ouverts pour être le plus possible capables de pénétrer la pensée et le sentiment de l’autre. C’est ainsi que je devais veiller sur Mère Marie-Augusta comme une mère sur son enfant en danger de mort et qu’elle-même a bien souvent veillé sur moi et sur ma santé comme une mère très aimante.

            Je devais particulièrement être éveillé aux tentations, très violentes parfois, qu’elle subissait contre sa vocation de mère du Foyer, accompagnées de pressions de partir. Sans doute cela n’aurait pas été la mort de l’Équipe, mais il est évident que cela n’aurait plus été ce que Dieu voulait. Il était clair que Jésus voulait que nous soyons imitateurs de la Sainte Famille de Nazareth, modèles de vie de famille, dans un esprit de famille qui éduque et épanouit les cœurs et rayonne autour d’elle, au-dessus de toute banale et fragile sentimentalité, l’authentique esprit d’amour de Dieu Lui-même, qui sera vécu, d’une façon élargie et parfaite, dans le Royaume éternel ». Nous avons gardé ce témoignage de notre Fondateur qui va au-delà du sujet que nous traitons car il nous semble qu’il pourrait vous aider à bien exercer votre mission paternelle et maternelle. La maternité est bien une relation qui demande un amour et une vigilance incessante envers chacun des enfants dont l’on a la responsabilité devant Dieu. La mission maternelle a besoin de la complémentarité de la mission paternelle. Le charisme de notre Famille Domini ne nous appartient pas. Il est pour l’Eglise et il doit aider beaucoup d’époux à vivre dans la confiance leur mission de parents éducateurs.

Conclusion :

le dogme de Marie, Mère de Dieu, nous révèle deux mystères importants : l’unité de l’être du Christ, vrai Dieu et vrai homme. Jésus est vrai homme et vrai Dieu dans l’unité de son unique Personne divine de Fils de Dieu. Le deuxième mystère est celui de la maternité. Marthe Robin aimait dire : la Vierge Marie est la maternité ! L’Esprit-Saint lui avait fait comprendre le mystère ineffable de la Mère de Dieu. Ce dogme, qui révolte les démons orgueilleux, se fonde sur la Révélation et sur ce fait : une mère n’est pas mère du corps de son fils mais mère de tout son fils. La Vierge Marie est donc Mère du Verbe Incarné dont la Personne est divine. La relation maternelle de la Vierge Marie à son Fils, Jésus, elle l’exercera pour toujours. Jésus, le Verbe incarné, le Fils du Père, sera pour toujours Son Fils ! Elle est Mère de Dieu à jamais ! La mission maternelle de la Vierge Marie doit aussi vous aider dans vos relations paternelle et maternelle avec vos enfants. La maternité ne se limite pas à la grossesse et à l’enfantement, mais elle se poursuit dans l’éducation du cœur des enfants. Exercez votre maternité et votre paternité en priant avec confiance la Vierge Marie, Mère de Dieu. Elle vous aidera à exercer cette mission irremplaçable. La vie de nos Fondateurs peut aussi beaucoup vous aider pour exercer cette mission dans l’amour et sans vous décourager. La mission de l’éducation est une mission divine !

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